Vangelo, un spectacle de PIppo Delbono, au Théâtre du Rond-Point, revue de presse Pianopanier

Revue de presse du 18 janvier : Vangelo, Hôtel Feydeau et Grande

 

Vangelo, un spectacle de Ippo Delbono, au Théâtre du Rond-Point, revue de presse Pianopanier, affiche du spectacle

1. Hyper sensible et militant, l’artiste italien Pippo Delbono présente Vangelo sur la scène du Rond-Point  :

« Pour apprécier Vangelo, il faut se laisser porter par des mots, des images, des sentiments. Et des gens, surtout. Car Pippo est sur le plateau avec son monde, des comédiens pas comme les autres, qui sont avant tout des personnes, venues de tous horizons, souvent bizarres, grandes, grosses, maigres, trisomiques comme Gianluca ou microcéphales, sourdes et muettes, comme Bobo. » Le Monde

« Voir un Pippo Delbono c’est assister à une cérémonie dont le rythme se casse parfois laissant place à la divagation. Ce grand plasticien est surtout un peintre qui sait fabriquer des images, la plus forte étant peut être l’une des dernières, une explosion hippie  où trône en maître bouddha, dans un lit bébé, Gianluca Ballare qui est atteint de Trisomie 21. » – Toute laCulture

« Tantôt sur scène, tantôt dans la salle, Pippo Delbono est le maître de cérémonie d’un cabaret rempli de personnages contrastés, emblématiques de l’humanité telle qu’elle est. Les tableaux s’enchaînent comme autant de visions : petits diables déchaînés, bonnes sœurs dansant le disco, femmes emprisonnées dans du cellophane ou encore réfugiés naufragés... » – Les5pièces

« L’art de Pippo Delbono est de créer des atmosphères envoutantes. De la scène d’ouverture, où sa troupe siège devant le public tel un parterre d’aristocrate décadents, à l’ascension du Golgotha par l’acteur lui même tirant un gigantesque mur en béton, chaque scène frappe par sa beauté. Il partage avec la metteuse en scène Pina Bausch cet art rare de savoir créer une émotion à partir d’un geste ou d’un objet. Comme chez Bausch, les plateaux dépouillés contrastent avec la force des images qu’ils dégagent. La comparaison s’arrête toutefois là, tant l’absence de décors foisonnant chez Pippo Delbono est largement compensé par un discours envahissant qui épaissit trop souvent la finesse de l’image. » Un fauteuil pour l’orchestre

– « La voix caressante et rocailleuse, le corps massif et le souffle lourd, l’homme-orchestre, à fleur de peau, hurle et danse pour mieux se faire le chantre de l’amour et de la liberté. Il livre une charge anti-cathos radicaux et contre tous les fanatismes proférés au nom de Dieu. Quelque chose d’à la fois funèbre et d’éclatant paraît dans l’alliage du rouge capiteux et du noir caverneux qui éclairent le plateau d’une lumière toute particulière, proprement infernale. » – SceneWeb

– « Accroché de manière indéfectible à la vérité, le théâtre de Pippo Delbono se hisse une nouvelle fois à la hauteur du réel. C’est sans doute ce qui lui confère une telle puissance. Vive, libre, musicale, à la fois brute et recherchée, cette nouvelle création nous entraîne dans la matière incandescente du monde. » – La Terrasse

« Pippo parle, projette ses mots, cite des auteurs (saint Augustin), chante, saisit un violon, une guitare, prend ses acteurs par la main. C’est un rockeur mais de fête foraine, faisant tourner les mots et les gens avec la fièvre du samedi soir. Il trimballe partout où il va la place italienne, celle des petits villages où l’on peut parler et chanter tard dans la nuit, où les migrants sont parfois arrivés. Précisément, ils sont là, les réfugiés. Pippo les a filmés, à Asti où il est établi. Et la fraternité s’amplifie. » – WebTheatre

« La parole est le domaine réservé de Pippo Delbono qui, naviguant entre salle et scène, délivre son verbe profératoire riche en imprécations homilétiques et harangues furieuses, honnit le Dieu paradoxal, préfère le Diable vu comme un diablotin chantre de la liberté sexuelle et prône la vertu théologale de la charité. Et il danse aussi, sa danse-signature de vie et de mort. La tiédeur n’est pas de mise pour ses spectacles, dont celui-ci qu’il veut une fête et une provocation à la fois. On aime ou on déteste. » Froggy’s Delight

– « Des vidéos de réfugiés dans un centre d’accueil italien soulignent le propos de manière appuyée mais touchante. Bien sûr, nous sommes d’accord avec ce cri d’amour pour l’humanité en danger, exilée et blessée, avec cette difficulté de se sentir abandonnés, trahis par les divinités censées nous guider. La troupe de Pippo Delbono, personnages sublimes et déchirants, qui danse sur une bande-son aux multiples couleurs, nous aura tendrement charmés à la lumière d’un plateau, colorée par les costumes et contrastée comme la vie. Un patchwork à la gloire de l’existence, en somme. » – Artistik Rezo

– « Á travers ce spectacle, j’ai eu besoin de revenir à des choses qui appartiennent à mon histoire personnelle, à ma vie d’homme élevé dans le catholicisme, à la relation que j’entretiens avec Dieu et la religion. » –  Pippo Delbono pour La Terrasse

 

Hôtels Feydeau, Odeon Théâtre de l'Europe, Georges Feydeau Georges Lavaudant, revue de presse Pianopanier, Feu la mer de Madame, On purge bébé, Léonie est en avance, Mais ne te promène donc pas toute nue

2. En ce début d’année, l’Odéon Théâtre de l’Europe nous propose de prolonger l’esprit festif avec Hôtel Feydeau, spectacle conçu par Georges Lavaudant :

– « Dans cet écrin immaculé, éclairé pleins feux, tout paraît trop simple, trop évident. Les monstres de Feydeau, vus par Georges ­Lavaudant, sont si fondamentalement aimables et élégants qu’ils peinent à nous provoquer, à nous secouer vraiment. On salue la performance, l’exercice de style brillant. Mais on sort avec un léger sentiment de frustration. La folie de cet « Hôtel Feydeau » nous a paru trop douce. » – Les Echos

« T – Feydeau est d’une lucidité irrésistible et infernale. Georges Lavaudant l’aborde, lui, avec bonhomie et bienveillance. Il en ferait pour un peu une comédie musicale, au risque de l’assagir en l’attendrissant trop. Reste qu’André Marcon, Gilles Arbona et Manuel Le Lièvre sont exceptionnels de drôlerie. » Télérama Sortir

« Le rythme, fait d’accélérations, de décélérations, et de climax savamment orchestrés dans les pièces originales fait ici entendre un tout autre son. Hôtel Feydeau, poussif en ses débuts, prend enfin de l’ampleur, mais doit se relancer sans cesse, comme le moteur d’une auto du temps jadis, que la manivelle doit sans cesse ranimer. » – Un Fauteuil pour l’orchestre

« Les allers et venues vont permettre aux acteurs de croiser leurs paroles comme on croise le fer. Certes, l’auteur a ses obsessions habituelles (scatologie, cocufiage, nudité féminine). Mais au-delà de ces passages obligés, il propose un détricotage explosif des relations hommes-femmes et des rapports de pouvoir, le tout avec un humour propre à dérider un synode. Les acteurs doivent n’en faire ni trop ni trop peu. C’est rien de dire que leur prestation est réussie. L’Hôtel Feydeau mérite ses cinq étoiles. » Marianne

« On le sait pourtant que le génie de Feydeau, c’est son rythme. Viendrait‑il à l’idée de chanter un standard de Louis Armstrong à l’envers ou en intervertissant les phrases musicales ? Quand une œuvre est parfaitement équilibrée, il faut un orgueil confinant à l’aveuglement pour penser qu’on va l’améliorer en la réorganisant au petit bonheur. » Les Trois Coups

« On chante et on danse entre chaque séquence un peu comme dans le feu Palace de Jean-Michel Ribes sur des airs de jazz, de mambo ou de cha-cha-cha. Jean-Pierre Vergier a imaginé un décor neutre et blanc, rehaussé par du mobilier et des accessoires aux couleurs acidulées. Avec cet hôtel Feydeau on peut ainsi prolonger un peu plus les fêtes en ce début d’année frigorifique. » SceneWeb

– « La langue, tranchante, mène le bal dans une danse infernale propice aux saillies à double sens, jeux de mots, et joutes verbales qui mettent à mal le couple réduit en l’absence de tout désir, à une provocation dominatrice et un constat d’impuissance. Et dans cette fuite en avant aussi drôle que féroce, André Marcon, Gilles Arbona et Manuel Le Lièvre sont formidables de cocasserie. » – Publik’Art

– « Georges Lavaudant a découpé les cinq pièces qu’il monte en passages les plus percutants, qui s’articulent entre eux de manière alternée. Les maris répondent ainsi à leur femme selon des problématiques voisines, ce qui crée un parachutage onirique et drôle. Entre les pièces, un intermède musical fait danser les comédiens à la manière d’une comédie musical. » – Artistik Rezo

« Georges Lavaudant connaît bien son Feydeau et il aura soigneusement démoli les deux spécificités emblématiques du maître du vaudeville ; et son Monsieur Chouilloux ne rencontrera jamais l’amant de sa femme. Et ceci ne semblant pas suffire à ce massacre, les intermèdes copiés sur PALACE de Jean-Michel Ribes viennent détruire le troisième attribut, l’âme même de Feydeau, le scepticisme et la défiance de ce misanthrope blessé qui aura toute sa vie interrogé ce qui se cache de désespoir derrière la loi patriarcale, derrière les pères et les époux, lui à la généalogie complexe et au père déficient. » – Toute la Culture

– « Au sein de ces pièces, tout est dans l’art de la réplique. C’est le langage qui fait avancer la psychologie, et non l’inverse. » –  Georges Lavaudant pour La Terrasse

 

Grande, Vimala Pons, Tsirihaka Harrivel, 104, cirque, théâtre, revue de presse Pianopanier

3 – Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel proposent au 104 un spectacle inclassable – Grande – qui sera repris au Monfort au printemps :

« Quatre ans après le succès de De nos jours (Notes on the Circus), conçu en collectif avec Erwan Ha-Kyoon Larcher et Maroussia Diaz Verbèke, le duo relance la pelote. Une championne de portés sur la tête capable de tenir une hache en équilibre, mais aussi une machine à laver, donne la main à un roi du mât chinois pour former la paire d’artistes la plus iconoclaste du moment. » – Le Monde

– « TTT – Après l’ovni que fut De nos jours [Notes on the circus], deux des circassiens du collectif Ivan Mosjoukine créent une revue… du quotidien. Avec imagination et brio, ils dissèquent des moments, des émotions, des concepts de la vie de tous les jours (…) » – Télérama Sortir

« Comme deux makers, les deux comédiens ont (re)construit leurs sentiments à coups de chalumeaux et des scies, de tôles et de plaques de cuisson étincelantes. Le résultat est une succession de scènes magnifiques, ou défilent des cercueils pliables, des pistes de saut amovibles ou des bouquets de fleurs massifs. Grande est un foisonnement d’idées saugrenues et poétiques, intimes et décalées, destiné aux trapézistes des émotions comme aux ingénieurs de l’âme. » Un fauteuil pour l’orchestre

« Un petit côté populaire donne un charme indéniable à l’ensemble, dans ses images ludiques, l’absence totale de manœuvres de séduction, comme un premier degré enfantin qui s’impose naturellement. » Les Trois Coups

« Diablement inventifs et réglés comme un concert d’horloges, l’enchaînement est parfait, le rythme trépidant, la musique jubilatoire. » Les5pieces

« Grande est une revue symbolique. Chaque action fait figurer un sentiment : qui dit première rupture dit jean, un pantalon auquel Tsirihaka Harrivel s’accrochera jusqu’à se hisser à plusieurs mètres de hauteur. Face à nous, rien n’est aussi simple qu’on ne le croit. » SceneWeb

– « Notre cirque invente des actes, de l’inédit, de la surprise, avec une multitude d’objets et de combinaisons. » –  Vimala Pons pour La Terrasse

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