Le petit-maitre corrigé, Clément Hervieu-Léger, Comédie-Française, Claire de la Rüe du Can, Loïc Corbery

Revue de presse du 21 décembre : Le Petit-Maître corrigé, Audience et Vernissage, Le Sourire d’Audrey Hepburn

Le Petit-Maitre corrigé, Marivaux, Clément Hervieu-Léger, Comédie-Française, Salle Richelieu, revue de presse Pianopanier

1. Clément Hervieu-Léger signe une mise en scène du Petit-Maître corrigé, une pièce qui revient à la Comédie-Française pour la troisième fois en deux siècles :

« Comme souvent, chez Marivaux, les serviteurs sont plus avisés que leurs maîtres. Christophe Montenez joue finement l’évolution de Frontin et Adeline d’Hermy l’impertinence de Marton. Dans les superbes costumes de Caroline de Vivaise, Claire de La Rüe du Can, délicate Hortense, Florence Viala, impétueuse Dorimène, Dominique Blanc, fière marquise, Didier Sandre, sage comte et Pierre Hancisse, pertinent Dorante, font entendre la pièce, vieille de deux siècles, comme si elle était d’aujourd’hui. » Le Journal du dimanche

« En guise de scénographie, Eric Ruf a transformé la scène en un morceau de lande envahi par les herbes, accentuant le côté champêtre. Hortense, Rosimond et les autres y dansent une folle sarabande qui rend leurs paroles difficilement audibles, surtout dans la première partie. Fort heureusement, cela ne dure pas. On peut alors  apprécier à leur juste mesure les aléas amoureux de ces hommes et de ces femmes qui découvrent l’amour physique en même temps qu’ils doivent en assumer les codes sociaux d’une époque où l’on ne rigolait pas avec les principes. » – Marianne

« Avec le sens de l’espace d’un Planchon et une direction d’acteur hors pair, Clément Hervieu-Léger orchestre une troupe en apesanteur. Loïc Corbery est irrésistible en petit-maître maniéré, avec cette pointe de gravité qui devient vallée de larmes quand il tombe enfin aux genoux de sa dulcinée. Adeline d’Hermy fait des étincelles en servante dessalée et gouailleuse. Le reste de la distribution est à l’avenant. » Les Echos

De hautes herbes envahissent donc le plateau, dans lesquelles les dames de la ville se tordent les pieds, tandis que Rosimond se promène avec une ombrelle ridicule. Eric Ruf, le patron de la Comédie-Française, a conçu ce décor campagnard avec ses toiles peintes à l’ancienne. Mais en fond de scène, il a gardé toute la machinerie du théâtre apparente, montrant bien là qu’il s’agit d’un regard du XXIe siècle sur une pièce du XVIIIe et non d’un théâtre à l’ancienne. Même distance dans le jeu des comédiens, qui appuient là où ça fait mal, sur les rapports de classe très présents dans la pièce. La pièce, dans son décor champêtre et ses costumes à la Watteau pourrait n’être qu’un badinage, un « marivaudage » comme l’expression s’est imposée au fil du temps. Grâce au jeu formidable des comédiens, on est saisi par les enjeux profonds de la pièce. » Le Parisien

« Eric Ruf a installé une butte couverte d’herbes folles en avant-scène, de grandes toiles peintes à l’ancienne montent et descendent dissimulant plus ou moins le plateau nu en fond de scène. Une manière de conjuguer l’ancien et le moderne. Clément Hervieu-Léger traite l’opposition ville/campagne avec un humour appuyé… Le rythme de la mise en scène qui va au galop, associé à l’agitation de certains personnages quelque peu tonitruants, nous fait perdre un peu des délices de la langue de Marivaux. Mais ces réserves ne ternissent pas l’excellence des comédiens… On est heureux de découvrir cette pièce qui ne dépare pas dans une œuvre définitivement universel d’une finesse de style et d’analyse incomparable. » Webthéâtre

– « Reste tout de même la Comédie-française : un jeu au cordeau mais sans surprises, à l’exception d’Adeline d’Hermy, des costumes magnifiques, quelques rires et un décor plein de poésie. Seulement, deux heures pour une pièce qui n’a rien à dire, c’est un peu long. » – Rue du Théâtre

« Clément Hervieu-Léger propose une lecture de la pièce faussement classique et sacrément audacieuse. Une lecture moderne qui par la performance des comédiens est une réussite. La pièce est classique et le texte est merveilleux. La mise en scène est classique, la scénographie aussi. On retrouve les magnifiques costumes que seul le Français peut produire et l’expérience de jeu à laquelle les comédiens-français nous ont habitués… Sauf que l’audace est là, les choix de mise en scène et de scénographie sont courageux et risqués. Le jeu des comédiens semble n’éviter aucun excès comique, aucune pitrerie périlleuse sans toutefois basculer dans un cabotinage de boulevard ; et Florence Viala et Adelin d’Hermy sont extraordinaires, merveilleuses, inoubliables. On rit constamment. Un Marivaux si moderne cependant que vieux de trois siècles. » Toute laCulture

– « Dans ce texte, il y a les fondements d’une analyse préfreudienne, dans le rapport aux parents par exemple (c’est la seule pièce de Marivaux qui interroge les rapports entre le fils et la mère), ou dans l’épisode de la lettre perdue, parfait acte manqué, concept qui n’apparaît que dans La Psychopathologie de la vie quotidienne. » – Clément Hervieu-Léger pour La Terrasse

Audience et Vernissage, Artistic Théâtre, Vaclav Havel, Anne-Marie Lazzarini, revue de presse Pianopanier

2. À l’Artistic Théâtre, Anne-Marie Lazarini crée un diptyque de la résistance à partir de deux pièces écrites en 1975 par Václav Havel : Audience et Vernissage.

« TT Anne-Marie Lazarini a eu la bonne idée de monter les deux textes dans deux espaces souterrains et intimes qui se jouxtent, et où le public pénètre une pièce après l’autre (…) Les deux satires s’emboîtent au plus près des spectateurs, dans une proximité qui fait miroir avec ce que nous vivons aujourd’hui. » Télérama Sortir

« Ecrites il y a quarante ans par un dramaturge en butte au totalitarisme, les deux pièces de Václav Havel pourraient sembler intempestives dans notre démocratie libérale et pacifiée. Pourtant, le propos paraît singulièrement actuel et d’autant plus grinçant : les intellos précaires et autres surdiplômés, et tous ceux qui subissent les leçons incessantes des thuriféraires du bien-être et de la quête égoïste de soi ne s’y tromperont pas : la résistance est toujours d’époque et Anne-Marie Lazarini le rappelle avec force et esprit. » La Terrasse

« Dans ce monde ou personne ne s’écoute, où chacun se méfie, se piège, les comédiens font leur miel des jeux d’une langue tout en quiproquos, malentendus, sous-entendus, non-dits, jargon des bureaucrates comme des pseudo-esthètes. Cédric Colas est Vanek/Havel, le résistant ; Stéphane Fiévet, le brasseur brut de décoffrage ; Frédérique Lazarini et Marc Schapira, le couple « boboïsé » de parvenus, masquant, par leur insupportable contentement de soi, le mal de notre temps : le vide intérieur.«  La Croix

« C’est Sempé en version tchèque, sauf que Ferdinand apprécie moyennement la prestation du duo en pâmoison, et encore moins les conseils proposés pour réussir sa propre vie de couple. Il claquera la porte comme il avait claqué le bec du brasseur qui le rêvait en petit rapporteur, et comme Vaclav Havel avait envoyé balader ceux qui voulait le faire rentrer dans le rang quelques années avant la « Révolution de velours » qui allait libérer le pays. Dans ses essais politiques, Vaclav Havel parle longuement du « Pouvoir des sans pouvoir ». Ferdinand, c’est la révolte d’un « Sans pouvoir ». » Marianne

« L’excellente mise en scène d’Anne-Marie Lazarini, un œilleton qui s’élargit en cinémascope du pathétique, permet d’accéder, par ces deux courtes pièces à une jubilation réelle. Havel frappe fort. Et nous dérange dans nos nouvelles tyrannies. » – Froggy’s Delight

« La mise en scène de Anne -Marie Lazarini, articule avec acuité et cohérence ces deux courtes pièces mises en parallèle, dont les échos universels traversent le temps et l’Histoire, en éclairant leur ironie et leur humour, entre et dérision et absurde, dans un dosage qui restitue la profondeur des propos. Elle s’est entourée de quatre excellents comédiens Cédric Colas (Vanek), Stéphane Fiévet (Sladek), Frédérique Lazzaroni (Véra) et Marc Shapira (Michael) qui portent, chacun dans leur registre, les facettes et accents révélateurs de leur personnage. » Web Theatre

 

Le Sourire d'Audrey Hepburn, Clémence Boulouque, Isabelle Carré, Théâtre de l'Oeuvre, Jérôme Kirchner, revue de presse Pianopanier

3 – Isabelle Carré prête sa voix et son corps à une star hollywoodienne sur la scène du Théâtre de l’Œuvre, dans Le Sourire d’Audrey Hepburn :

« Que se cachait-il derrière le sourire d’Audrey Hepburn ? Derrière la vivacité pétillante et gracieuse de l’actrice de Diamants sur canapé et de Vacances romaines ? Un abîme, sous la forme d’un père à la fois absent et très présent, et qui a marqué en creux toute la vie de sa fille. Cette histoire, peu connue, ­Clémence Boulouque l’a racontée dans un livre paru en janvier, Un instant de grâce. Il est aujourd’hui adapté au théâtre, sous un autre titre, Le Sourire d’Audrey Hepburn, et c’est la toujours si fine Isabelle Carré qui endosse l’histoire de l’actrice. » – Le Monde

– « T Hélas, le texte, écrit par Clémence Boulouque, est du point de vue théâtral mince comme un fil. On passe un joli moment mais sans faille, sans enjeu dramatique. Le spectacle est un peu vain. » – Télérama Sortir

« Mise en scène par Jérôme Kircher, Isabelle Carré, sans rechercher la ressemblance physique, fait surgir la figure d’Audrey Hepburn, dégage une émotion sensible, laisse imaginer le lent chemin vers la résilience, la reconstruction. Tout en délicatesse, fine et digne, elle est du côté de l’élégance du cœur. Le moment de théâtre vaut davantage pour sa présence que pour le texte, trop lisse. » Le Journal du dimanche

« C’est un moment bref, dense, lumineux, qui, par l’art si délicat d’Isabelle Carré nous permet d’approcher ce qu’avait révélé Clémence Boulouque dans son livre. La manière très subtile dont Jérôme Kirchner la dirige -la protège- permet à la comédienne de rendre mille et une nuances sans jamais surligneur. » Le blog du Figaro

« La difficulté du monologue et du seul en scène, ajoutée ici à un décor discret, place la comédienne au centre des attentions, tout repose sur sa prise de parole. Isabelle Carré est indéniablement une comédienne talentueuse et touchante. Elle vit intensément cette pièce et nous la vivons avec elle. » Le Huffington Post

« Le texte pourrait être plus violent mais il fait ainsi triompher la douceur sur la cruauté. Jérôme Kircher a pris le parti difficile (mais c’est le meilleur) d’un spectacle quasi immobile : la comédienne est sur un fauteuil, se déplace peu, tout est dans l’émotion du personnage. Isabelle Carré est, on le sait, une merveille de sensibilité. » Web Théâtre

– « Prisonnière d’une ligne qui laisse peu de place au développement d’un jeu profond, à travers des tergiversations prévisibles donc ennuyeuses, Isabelle Carré tourne en rond dans les escarpins d’Audrey Hepburn. » – SceneWeb

« Face à ce père qui n’est peut-être que fantôme, Isabelle Carré ne joue pas Audrey Hepburn. Elle l’« est ». Debout, assise, sur les genoux, immobile devant une fenêtre, elle ne cherche pas à simuler une quelconque ressemblance physique avec cette dernière. Elle en restitue l’âme, l’essence, tout en demeurant toujours fidèle à elle-même. » La Croix

1 réponse
  1. Jean Muller
    Jean Muller dit :

    Cette pièce exceptionnelle est mise en scène de manière sublime par Clément Hervieu-Léger ! J’ai déjà pris mes places pour sa diffusion dans un cinéma en juillet prochain, j’ai hâte.

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