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Cécile Brune_Dorine

Cécile Brune, près d’un quart de siècle au Français

Elle est capable d’incarner à merveille la monstrueuse Bernarda Alba, autant que de nous faire rire aux larmes dans la Dorine de Tartuffe

Cécile Brune, on a l’impression de la connaître depuis bien longtemps. Sa voix remarquable, reconnaissable entre mille vous accueille chaleureusement. Une bise plus tard, me voici dans sa loge. Sans doute la plus belle de la Comédie-Française. Double exposition sur les jardins du Palais-Royal. Une vue à tomber à la renverse. Un havre de paix. Un endroit chargé de souvenirs. Des souvenirs liés à son « quasi-quart de siècle » passé au sein de la maison de Molière.

Engagée en avril 1993 par Jacques Lassalle, elle a connu cinq administrateurs à ce jour. La saison qui s’achève lui aura offert des rôles aussi différents que la Bernarda Alba de Garcia Lorca, la Dorine de Molière, la baronne de Champigny de Labiche, la philosophe Ella de Dea Loher… Une saison à l’image de sa carrière, qui lui a permis d’enchaîner des rôles tels que le Fantasio de Musset, l’Araminte de Marivaux, l’Elmire de Molière, l’Andromaque de Racine, la Marceline de Beaumarchais, la Fausta de Claudel, l’Hélène de Rilke, la Rodogune de Corneille, la Princesse Negroni de Hugo, la Louise Miller de Schiller, l’Amandine Landerneau de Feydeau… Et tant d’autres encore. Découvrant au gré de l’alternance les rôles tragiques que les metteurs et scène ont plus souvent tendance à lui proposer. Se découvrant un énorme potentiel comique – elle en est la première surprise – lorsqu’un Feydeau ou un Molière lui « tombe dessus ».

Cécile Brune se décrit comme une nostalgique, une angoissée (« parfois même un peu trop », ajoute-t-elle). Nous, spectateurs, ne la percevons pas comme telle. Car elle parvient à transcender cette angoisse. Pour dévoiler la passionnée qu’elle est. Passionnée de musique (de piano particulièrement) de cinéma (sa culture cinématographique est impressionnante!) de paysages (des Îles Chausey à la côte amalfitaine). Passionnée de vie tout simplement. Car Cécile Brune est avant tout une formidable curieuse et croqueuse de vie.

 

INTERVIEW

La tragédie de Hamlet, mise en scène par Dan Jemmett

Merci pour cette reprise de la tragédie de Hamlet à la Comédie-Française

Spectacle vu à la Comédie-Française – Salle Richelieu, le 14 juin 2015
A l’affiche jusqu’au 26 juillet 2015
Mise en scène Dan Jemmett

 © Cosimo Mirco Magliocca

Y a t-il quelque chose de pourri au royaume de la critique ?…

Un autre spectacle que j’avais découvert lors de sa création l’année dernière et que je suis retournée voir en famille. Eh oui! Pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas encore saisi… je suis FAN de la Comédie-Française. Descendue par la critique, la mise en scène du britannique Dan Jemmett m’avait emballée. L’idée de départ d’avoir transposé l’intrigue dans un « club-house » seventies ne m’avait pas choquée, au contraire.
Je me souviens des nombreux papiers qui s’insurgeaient contre rouflaquettes et pattes d’éph’. Et alors? Qu’importe! En quoi ces décors et costumes décalés vont-ils à l’encontre du chef-d’oeuvre intemporel de Shakespeare?

Ce qu’apporte à mon sens le facétieux Dan Jemmett pourrait se résumer à trois mots : limpidité, humour et performance collective.
Limpidité de la traduction d’Yves Bonnefoy, qui rend tellement accessible le texte de ce cher William. Limpidité de la mise en scène, qui parvient à replacer le récit dans la quotidienneté et la modernité.
Humour : car il est vrai que l’on rit souvent au cours des trois heures que dure le spectacle. L’on y rit énormément, s’agissant de l’une des plus sombres tragédies du répertoire.
L’esprit de Shakespeare est sans doute dans ce rire-là, n’en déplaise aux « mauvais coucheurs », ces « ronchons de la critique »! Citons pour seul exemple le subterfuge qui permet à Elliot Jenicot d’incarner les deux personnages de Rozencrantz et Guildenstern en même temps. Bravo pour ce numéro de ventriloque!
Performance collective enfin, et pas uniquement parce que nous sommes face aux « meilleurs des meilleurs ». Aussi parce que Dan Jemmett parvient à insuffler sa folie pince sans rire à l’ensemble de ces comédiens d’exception. Hervé Pierre, en ignoble et trivial Claudius, tellement convaincant, est sans doute le plus hilarant de tous.

Et puis, il y a Denis Podalydès, toujours aussi magistral. Il campe un Hamlet tellement juvénile, pâle, fragile, angoissé. Ainsi qu’un Hamlet désespéré, enragé, imposant, révolté. Le comédien boulimique de théâtre embrasse enfin « le rôle des rôles ». Et « le succès des succès » est bien au rendez-vous.

Ce Hamlet ne sera pas repris la saison prochaine, alors courez-y d’ici fin juillet :

1 – La mise en scène de Dan Jemmett qui continue de déchaîner la critique est saluée unanimement par le public, notamment les jeunes et très jeunes!
2 – Le rendez-vous tant attendu Denis Podalydès / Hamlet vaut sérieusement le détour : un rôle unique pour une immense palette de talents.
3 – Les autres comédiens sont comme toujours impeccables, cette petite touche de folie « jemmettienne » en plus.

Saison 2015-2016 d’Eric Ruf, les nuits de Fourvière, Trahisons des tg STAN et Journal de ma nouvelle oreille

Revue de presse du 17 juin 2015

 

 

1. La première saison d’Eric Ruf au Français fait plutôt l’unanimité :

– « L’administrateur général, qui a succédé à Muriel Mayette-Holtz en août 2014, entend donner un nouvel essor à la Maison de Molière, qu’il connaît par cœur » – Le Monde

– « Le ciné et le rock s’invitent à la Comédie Française. » – L’Express

– « Le coup d’audace du début de saison, en septembre, est l’invitation faite au cinéaste Arnaud Desplechin de mettre en scène « Le Père » d’August Strindberg, salle Richelieu. » – Les Echos

– « Cette nouvelle saison marque aussi l’arrivée de jeunes metteurs en scène » – Telerama

– « La création se fait autant de volontarisme que d’imprévu, a confié Eric Ruf au micro de France Inter ce matin. » – Le Figaro

2. Zoom sur les Nuits de Fourvière 2015 :

– « Les Nuits de Fourvière 2015 requalifiées en célébration inopinée de l’animalité ? » – Libération

– « Du 2 juin au 31 juillet, les Nuits de Fourvière fêtent leur soixante-dixième édition. » – Le Monde

– « Le festival lyonnais fête ses 70 ans, en forme, fier de ses coproductions et de son grand âge. » – Le JDD

 3. Trahisons de Pinter pour le retour des Tg STAN au Théâtre de la Bastille :

– « Les trois personnages sont interprétés à la perfection par Jolente De Keersmaeker, Frank Vercruyssen et Robby Cleiren avec une fine dose de distanciation qui fait tout le sel de ce spectacle aussi intelligent que spirituel. » – Libération

– « Une pièce qui semble avoir été écrite pour les tg STAN(…) fidèles à leur goût pour mettre à la casserole et faire rissoler des pièces du répertoire en leur donner un coup de fouet, une nouvelle jeunesse. » – Mediapart

– « On ne peut qu’apprécier une utilisation exceptionnelle des silences, qui, comme chacun sait peuvent en dire long, et dont les acteurs jouent toutes les variations. » – La Dépêche

4. Journal de ma nouvelle oreille au Théâtre du Rond-Point :

– « Isabelle Fruchart est l’auteur de ce monologue que Zabou Breitman a tout de suite voulu adapter. » – France Info

– « Dans la petite salle Roland-Topor du Rond-Point, dans une proximité touchante avec l’interprète, on découvre ces aventures et mésaventures. » – Le Figaro

– « Au-delà des anecdotes, nombreuses, écrites sur le vif, Isabelle Fruchart nous livre une expérience profonde et nous réapprend à profiter de la musique du monde. » – Télérama

– « La pièce de Zabou est à la fois fine et réaliste, elle évite les poncifs et le voyeurisme sur le handicap. » – France TV Info

 

La maison de Bernarda Alba, Semianyki Express, Liliom et Extinction

Revue de presse du 3 juin 2015

 

 

1. La maison de Bernarda Alba à la Comédie-Française dans une mise en scène signée Lilo Baur :

– « Un huis clos féminin captivant qui dénonce le verrouillage de la société espagnole sous Franco. » – L’Express

– « La distribution est impeccable, de Martirio, la soeur dévorée de jalousie (Jennifer Decker) à l’impitoyable Bernarda (Cécile Brune). » – Le Point

– « Lilo Baur ne cache pas qu’en mettant en scène pareille pièce, elle a songé à toutes ces femmes humiliées de par le monde en raison de lois iniques ou de préceptes moraux infâme. » – Marianne

– « Tout est beau et profond dans ce spectacle où même la splendeur de la scénographie d’Andrew D Edwards, subtilement éclairée par Fabrice Kebour, n’a rien d’ornemental puisqu’elle ne fait que prolonger le geste de Garcia Lorca : conférer à l’enfer une beauté salvatrice » – Le Monde

 

2. Le nouveau spectacle de la troupe de clowns russe « Les Semianyki » débarque au Rond-Point :

– « Dans ce train en marche, rien ne fonctionne comme prévu : la cantatrice s’envole dans une pluie de confettis, deux vieilles stars du muet rivalisent de minauderie, les serveuses font trembler les bouteilles... » – Paris Normandie

– « A la manière de « La croisière (ferroviaire) s’amuse (sous la neige) », les Semianyki se livrent à une jubilatoire farandole. » – Froggy’s Delight

– « Moins puissante que le phénoménal Semianyki (« famille » en russe), cette nouvelle création est pleine de rêve et de poésie, avec ses clins d’œil au cinéma des années 20, et démontre que la troupe sait se réinventer à un très haut niveau d’exigence. » – Telerama

– « On retrouve bien la bande des six dans ­différents personnages, du chef de train, barman ou serveuse, mais la machine comique semble s’être enrayée. » – Les Echos

 

3. Reprise de Liliom à Odéon-Berthier, dans une mise en scène de Jean Bellorini :

– « Un orchestre et une troupe unie, une délicatesse dans la direction d’acteurs, une joliesse dans les décors et les lumières (signés du metteur en scène lui-même), on retrouve dans ce spectacle la manière Bellorini, et cette manière est particulièrement en harmonie avec la pièce de Ferenc Molnar. » – Le Figaro

– « Bellorini crée un univers hypnotique entre mélodrame forain, cirque ambulant (irrésistibles gendarmes-détectives du ciel) et comédie musicale mélancolique. » – Les Echos

– « Jean Bellorini applique ses fondamentaux que sont le rejet de l’illusion théâtrale à laquelle il substitue le théâtre d’histoires à la manière de l’histoire du soir racontée aux enfants. » – Froggy’s Delight

 

4. Et reprise d’Extinction, au Théâtre de l’Oeuvre avec le formidable Serge Merlin :

– « Les aventures exceptionnelles, au théâtre, ne sont pas forcément celles qui font le plus de bruit. Ainsi en va-t-il du chemin que parcourt le comédien Serge Merlin, depuis vingt ans, en compagnie du grand écrivain autrichien Thomas Bernhard. » – Le Monde

– « Immense texte et immense acteur, épaulé avec talent par Blandine Masson et Alain Françon, qui captive plus d’une heure durant, le corps et le visage toujours en mouvement, d’une rage sourde et profonde. » – Froggy’s Delight

– « Rares sont les acteurs qui savent, comme Serge Merlin, restituer sur scène la prose de l’écrivain autrichien. » – Libération

 

Hervé Pierre_Portrait Comédie-Française

Hervé Pierre, 522éme Sociétaire de la Comédie-Française

Entré à la Comédie-Française en 2007 et devenu Sociétaire en 2011, Hervé Pierre nous raconte comment il a choisi le théâtre pour religion, avant même son 10ème anniversaire…

Qui n’a pas eu la chance d’assister à “l’épopée Peer Gynt” au Grand-Palais en 2012 a loupé un grand moment de théâtre.
La mise en scène était signée Eric Ruf et le héros était incarné par un Hervé Pierre inoubliable.
Pendant près de 5 heures, cet immense comédien faisait défiler toute une vie, de l’adolescence à la mort de Peer Gynt.

Lorsqu’on rencontre Hervé Pierre, on a l’impression de retrouver cet adolescent qui nous avait à ce point touchés.
Originaire du Doubs, il est “tombé dans la marmite” vers 8 ou 9 ans, grâce à la troupe de théâtre amateurs de ses parents.
Il se souvient avec une émotion communicative de ce jour précis où il est monté sur une scène et a choisi le théâtre comme religion.

Voilà près de 50 ans que cette religion guide ses pas. Une religion qui l’a mené des bancs de l’Ecole du TNS au statut de Sociétaire de la Comédie-Française.
Cette année, on a pu le (re)-découvrir sur la scène du Français dans Les Estivants de Maxime Gorki. Il vient de terminer les représentations de Dancefloor Memories au Studio Théâtre et s’apprête à reprendre le rôle de Claudius dans la formidable mise en scène du Hamlet de Dan Jemmet.
Puis il enchaînera sur les répétitions de George Dandin pour la reprise et la tournée de la saison prochaine. Dans le rôle du metteur en scène cette fois-ci.
Le rythme fou de l’alternance ne lui a pas fait renier sa religion, bien au contraire! Monter sur scène tous les soirs de la semaine, enchaîner parfois deux et même trois représentations dans la même journée, repousser certaines limites : il semble être né pour cela!
Et si notre religion à nous, spectateurs passionnés de spectacle vivant, c’était d’aller à la rencontre de comédiens comme Hervé Pierre? Des comédiens à ce point touchés par la grâce…

 

INTERVIEW

 

Innocence de Dea Loher au Français

Une mise en scène pas si innocente que cela…

Spectacle vu à la Comédie-Française le 23 avril 2015
A l’affiche de la Salle Richelieu jusqu’au 1er juillet 2015 
Une pièce de Dea Loher
Mise en scène par Denis Marleau

© Christophe Raynaud de Lage

Le metteur en scène Denis Marleau n’a pas facilité la tâche des comédiens du Français…ni celle des spectateurs !…

 

Fidèle de la Comédie-Française depuis des années et des années, je suis toujours curieuse des nouvelles entrées au répertoire. Car s’il est vrai que la vocation de ce lieu est de revisiter nos auteurs classiques, il nous fait parfois découvrir des auteurs contemporains.
Ce texte, Innocence de Dea Loher accueilli avec un énorme enthousiasme par le Bureau des Lecteurs l’avait consacrée première auteure de langue allemande à entrer de son vivant au répertoire de la Comédie-Française.

Jeudi dernier, je m’installe donc dans une salle Richelieu seulement aux trois-quarts pleine – fait assez rare pour être souligné. La pièce qui se joue depuis fin mars est loin de faire l’unanimité, on peut même parler de semi-échec, malgré quelques critiques bienveillantes. Armelle Héliot évoque notamment une pièce « qui exige beaucoup du spectateur ». Elle n’a pas tort. Il faut « s’accrocher pour accrocher ». Pour ne pas décrocher, et se retrouver totalement perdu…

Plutôt en forme ce soir-là, je me suis donc accrochée et j’ai trouvé le texte intéressant. Le but de l’auteur est de nous faire réfléchir à la responsabilité individuelle et collective. Au travers d’une douzaine de personnages qui composent une vingtaine de tableaux successifs. On y croise deux immigrés clandestins, une femme errante, des parents bouleversés par l’assassinat de leur fille, une jeune femme aveugle, une ancienne communiste diabétique, sa fille et son gendre, un jeune médecin, un candidat au suicide, une philosophe…

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ? Pourquoi n’ai-je été à aucun moment émue par ce spectacle ? Pourquoi ai-je le sentiment qu’il ne m’en restera pas grand-chose dans quelques semaines ? La faute à qui ?
Sans doute pas à l’auteure : j’ai plutôt envie de relire le texte à tête reposée. Certainement pas aux comédiens : toujours aussi talentueux, ils sont formidables, on ne le dira jamais assez. Au metteur en scène, évidemment ! Quelle idée d’avoir emprisonné les douze personnages sur le plateau du début à la fin. D’avoir « cassé » le rythme de cet enchaînement de tableaux pour proposer une immense fresque incompréhensible. Pauvres comédiens ! On a mal pour eux, on sent qu’ils ne prennent aucun plaisir à jouer, et ce malaise est communicatif.

Si vous souhaitez découvrir un nouvel auteur, prenez-vos places à la Comédie-Française : peu de chance que la pièce y soit reprise la saison prochaine !

 

Les Enfants du Silence, Germinal, Voyages avec ma tante et Hallo

Revue de presse du 22 avril 2015

 

 

1. Les Enfants du Silence à la Comédie-Française, la pièce qui divise les sourds-muets et la critique :

– « La pièce n’est certes pas un chef-d’œuvre dramatique (…) Elle est trop didactique, n’évite pas le pathos et ses personnages secondaires sont un peu caricaturaux. » – Les Echos

– « Monter la pièce à la Comédie-Française, temple de la langue de Molière, n’est pas anodin : c’est toucher d’emblée une large audience et ouvrir l’institution au handicap, à la différence. » – Le Parisien

– « Les poncifs le disputent aux bonnes intentions dans ce spectacle « bilingue », suspendu entre gestes et moralité.« – Telerama

– « Plaidoyer pour le droit à la différence et histoire d’amour impossible, Les Enfants du silence est une pièce bilingue, en langue parlée et en langue des signes. » – Le Figaro

 

2. Reprise de Germinal au Théâtre du Rond-Point, la pièce au succès mondial :

– « Très particulière, pas loin d’une merveilleuse anomalie dans le contexte actuel par sa modestie et sa cocasserie, cette pièce connaît un succès invraisemblable dans le monde entier depuis sa création en 2012. » – Le Monde

– « En tournée depuis deux ans « Germinal » la création du duo Halory Goerger et Antoine Defoort, tout deux venus du monde des arts plastiques, s’est taillée une jolie réputation. » – Les Echos

– « Sur scène, quatre personnages anonymes font ensemble l’apprentissage de la sociabilité, du sens et de leur propre existence. » – Libération

– « C’est mené tambour battant, avec beaucoup d’humour, un poil de poésie, une dose de surréalisme, une once d’absurde et une pointe de provocation savamment dosée. » – Marianne

 

3. « Voyages avec ma tante », la comédie qui continue de garnir le Théâtre de la Pépinière :

– « Voyages avec ma tante, une comédie de bonnes tenues. » – Libération

– « Si on a souvent l’impression d’être plongé dans un film d’espionnage en noir et blanc, on sent pointer l’univers délirant des sixties – le roman a été publié en 1969, en plein Swinging London.« – Les Echos

– « Humour pince-sans-rire et rebondissements romanesques sont au programme de ce voyage initiatique et libérateur.« – Le Parisien

– « L’adaptation par Nicolas Briançon de la version scénique du roman réalisée par Giles Havergal est une réussite absolue. » – Le JDD

 

4. « Hallo », le seul en scène de Martin Zimmermann au Théâtre des Abbesses  :

– « Martin Zimmermann, l’homme-caoutchouc au visage émacié, fait merveille. » – Froggy’s Delight

– « Hallo est un hommage au cirque qui ne dit pas son nom : burlesque et saut dans le vide s’y entrechoquent avec entrain. » –  Les Echos

– « Il dit « Hallo !» et il fait rire. Il le redit et le résultat est le même. » – Le Monde

Reprise de Lucrèce Borgia à la Comédie-Française : à voir absolument!

Lucrèce Borgia

Spectacle vu le 14 avril 2015
Jusqu’au 19 juillet Salle Richelieu de la Comédie-Française
Mise en scène : Denis Podalydès

© Christophe Raynaud de Lage

Si l’on accepte la démesure et l’excès contenus dans le texte de Victor Hugo, on se laisse totalement embarquer dans la tragédie incestueuse qu’il nous conte…

Le décor est magnifique, magique : il nous transporte à Venise en l’espace de dix secondes.
L’ambiance est pesante, dès le début de la pièce. On pressent les crimes qui vont se succéder. On imagine déjà les trahisons, les larmes, les poignards, le poison, le sang, la vengeance. Et puis très vite, elle est là. On a l’impression qu’elle flotte, qu’elle vole au-dessus de la mer. Comme sortie d’un songe. Lucrèce Borgia est Guillaume Gallienne. Guillaume Gallienne est Lucrèce. Tout simplement. Sans autre artifice que sa robe de bal signée Christian Lacroix, il/elle nous entraîne dans les sentiments les plus purs comme les plus monstrueux.

Lucrèce Borgia tremble d’amour pour Gennaro, jeune capitaine interprété par la talentueuse Suliane Brahim – même si le travestissement fonctionne beaucoup moins bien qu’avec Guillaume Gallienne. Le spectateur comprend dès le premier acte qu’il s’agit d’un amour maternel. Car Gennaro est le fils incestueux de Lucrèce et de son frère Jean. Lequel Jean Borgia vient d’être assassiné par son autre frère César parce qu’ils étaient amoureux de la même femme. Cette femme n’étant autre que Lucrèce…

Lucrèce aime donc Gennaro comme une mère aime son enfant. Mais si nous, spectateurs, comprenons l’allusion à cet amour filial, son mari, le Duc Alphonse d’Este, terriblement jaloux, voit en Gennaro un amant de sa femme. Un de plus, un de trop qu’il décide de faire tuer. La scène entre Guillaume Gallienne / Lucrèce et Thierry Hancisse / Don Alphonse est d’anthologie. Lucrèce tente tout ce qui est en son pouvoir pour sauver son fils de la mort, mais  son mari la force à empoisonner elle-même Gennaro. La tragédie classique n’est pas très loin…

Dans sa note d’intention, Denis Podalydès évoque les écrits d’Antoine Vitez à l’attention de ses acteurs qui créèrent la pièce à Avignon en 1985 : « N’ayez jamais peur d’en faire trop ». On assiste effectivement à un théâtre tout en exagération, en excès, en sublime.

Si vous acceptez ce principe de départ que la pièce de Hugo est un drame romantique, avec tout ce que cela peut impliquer d’excessif, voire de « grotesque », vous serez sans doute conquis :

1 – Vous découvrirez une Lucrèce Borgia emprisonnée dans le corps d’homme d’un Guillaume Gallienne une fois de plus époustouflant.
2 – Vous saluerez en Denis Podalydès un metteur en scène qui a le sens du sublime et de la délicatesse.
3 – Vous ressortirez de la salle comme d’un voyage dans le temps, dans l’espace, dans l’ignoble et le sublime.

ELECTRONIC KIT PRESS

 

 

 

 

 

 

Orlando d’Olivier Py, Innocence de Dea Loher et Hinkemann d’Ernst Toller

Revue de presse du 1er avril 2015

 

© C. Raynaud de Lage

1. Le spectacle « Orlando ou l’impatience » d’Olivier Py créé à Avignon – actuellement en tournée – arrive bientôt à Paris :

– « Loin d’être dupe de sa propre folie, Olivier Py offre à son public quelques répliques cinglantes bourrées d’auto-dérision, une qualité sans borne. » – Time Out

– « Baroque, fou, bien trop long, bien trop bavard, avec de grands élans mystiques à la Paul Claudel, et une écriture emportée et emphatique, entre d’hilarantes scènes comiques. » – Telerama

– « Un texte d’une telle force ne pouvait être porté que par des comédiens d’exception, et il en est qui mériteraient des brassées de roses à chaque représentation. » – Les Trois Coups

– « Malgré ses longueurs, cet autoportrait fragmenté, ou confessions d’un enfant du siècle, mérite la patience qu’il exige et la transforme en plaisir rare. » – L’Express

 

2. L’entrée au répertoire de Léa Doher à la Comédie-Française, un succès :

– « Quand les comédiens du Français sont associés à un metteur en scène d’une telle envergure, on est proche de l’enchantement. » – Marianne

– « Il y a une matière romanesque dans la pièce, comme dans toutes celles de Dea Loher. Il y a un matériau politique très actif aussi.” – Le Figaro

 – « C’est une mise en scène ambitieuse et exigeante que signe Denis Marleau, invité pour la deuxième fois par le Français.” – La Presse

 

3. Stanislas Nordey incarne « Hinkemann » au Théâtre de la Colline :

– « Christine Letailleur a eu l’idée gonflée de monter ce texte méconnu – entre fable socialo-nihiliste et brûlot pacifiste, mâtiné d’une bonne dose de freudisme. » – Les Echos

– « La force de la pièce est d’abord dans sa langue, simple et cinglante, imagée mais nullement fleurie, une langue admirablement servie par les acteurs, comme toujours chez Letailleur, âprement et amoureusement dirigés. » – Mediapart

– «  Stanislas Nordey, metteur en scène et directeur de Théâtre National de Strasbourg est de ces comédiens dont la voix résonne. Elle sort du ventre, et hypnotise. » – Sortir à Paris

 

Serge Bagdassarian

Serge Bagdassarian, portrait d’un immense comédien

Sociétaire de la Comédie-Française depuis 2011, Serge Bagdassarian est à mon sens l’une des figures les plus emblématiques de la troupe actuelle. Il est aussi le parrain de ce blog… Portrait d’un grand artiste.

Muriel Mayette a été pas mal décriée l’année dernière, peut-être à juste titre, mais ce que l’on ne pourra jamais lui retirer : avoir renouvelé avec brio la troupe du Français.
L’une de ses « trouvailles », l’un de ses coups de génie : avoir proposé en 2007 à un ancien prof d’anglais devenu comédien de rejoindre la maison de Molière.
Originaire de Dunkerque, autodidacte – il n’a pas fait d’école de théâtre – il est désormais 521ème sociétaire et ne semble toujours pas en revenir. Plein d’humilité, il déclare continuer d’apprendre aux côtés de ses camarades et des metteurs en scène qui se succèdent sur le plateau du Français.

Il a fait hurler de rire mes enfants dans le Loup des Trois petits cochons, il m’a émue dans le Sganarelle de Jean-Pierre Vincent, m’a impressionnée en roi des trolls dans le Peer Gynt d’Eric Ruf, m’a fait frémir dans le personnage d’Alessandrovici  de la Tête des Autres mis en scène pas Lilo Baur. Il a mis en scène un formidable Cabaret Boris Vian au Studio-Théâtre et a « signé » l’année suivante pour le Cabaret Brassens qui était un vrai régal. Cet été, il sera, pour la cinquième saison consécutive, un irrésistible Fontanet dans le Fil à la Patte de Jérôme Deschamps.

C’est d’ailleurs grâce à cette pièce que j’ai eu la chance de le connaître. Il y a trois ans, il a eu la gentillesse de répondre à un petit mot de mon fils le félicitant de son personnage de Fontanet. De là est née une rencontre, une histoire d’amitié, une belle aventure qui se poursuit aujourd’hui : il a accepté sans hésiter d’être le parrain de Pianopanier.

Fan de chocolat, des chansons de Prince et de Juliette Gréco, de ses camarades constituant la troupe du Français, des toiles de maître et notamment de celles de Piero della Francesca dans lesquelles il trouve son inspiration, Serge est avant tout la gentillesse incarnée.

Son physique tout en rondeur ne l’empêche pas de danser, de voler sur scène, d’incarner la grâce : Serge c’est 150 kilos de délicatesse qui font de chacune de ses apparitions un pur bonheur pour le spectateur. Un grand merci Serge et à très vite!

 

INTERVIEW

 

L’interview 12 coups du parrain de PianoPanier