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La maison de Bernarda Alba, Semianyki Express, Liliom et Extinction

Revue de presse du 3 juin 2015

 

 

1. La maison de Bernarda Alba à la Comédie-Française dans une mise en scène signée Lilo Baur :

– « Un huis clos féminin captivant qui dénonce le verrouillage de la société espagnole sous Franco. » – L’Express

– « La distribution est impeccable, de Martirio, la soeur dévorée de jalousie (Jennifer Decker) à l’impitoyable Bernarda (Cécile Brune). » – Le Point

– « Lilo Baur ne cache pas qu’en mettant en scène pareille pièce, elle a songé à toutes ces femmes humiliées de par le monde en raison de lois iniques ou de préceptes moraux infâme. » – Marianne

– « Tout est beau et profond dans ce spectacle où même la splendeur de la scénographie d’Andrew D Edwards, subtilement éclairée par Fabrice Kebour, n’a rien d’ornemental puisqu’elle ne fait que prolonger le geste de Garcia Lorca : conférer à l’enfer une beauté salvatrice » – Le Monde

 

2. Le nouveau spectacle de la troupe de clowns russe « Les Semianyki » débarque au Rond-Point :

– « Dans ce train en marche, rien ne fonctionne comme prévu : la cantatrice s’envole dans une pluie de confettis, deux vieilles stars du muet rivalisent de minauderie, les serveuses font trembler les bouteilles... » – Paris Normandie

– « A la manière de « La croisière (ferroviaire) s’amuse (sous la neige) », les Semianyki se livrent à une jubilatoire farandole. » – Froggy’s Delight

– « Moins puissante que le phénoménal Semianyki (« famille » en russe), cette nouvelle création est pleine de rêve et de poésie, avec ses clins d’œil au cinéma des années 20, et démontre que la troupe sait se réinventer à un très haut niveau d’exigence. » – Telerama

– « On retrouve bien la bande des six dans ­différents personnages, du chef de train, barman ou serveuse, mais la machine comique semble s’être enrayée. » – Les Echos

 

3. Reprise de Liliom à Odéon-Berthier, dans une mise en scène de Jean Bellorini :

– « Un orchestre et une troupe unie, une délicatesse dans la direction d’acteurs, une joliesse dans les décors et les lumières (signés du metteur en scène lui-même), on retrouve dans ce spectacle la manière Bellorini, et cette manière est particulièrement en harmonie avec la pièce de Ferenc Molnar. » – Le Figaro

– « Bellorini crée un univers hypnotique entre mélodrame forain, cirque ambulant (irrésistibles gendarmes-détectives du ciel) et comédie musicale mélancolique. » – Les Echos

– « Jean Bellorini applique ses fondamentaux que sont le rejet de l’illusion théâtrale à laquelle il substitue le théâtre d’histoires à la manière de l’histoire du soir racontée aux enfants. » – Froggy’s Delight

 

4. Et reprise d’Extinction, au Théâtre de l’Oeuvre avec le formidable Serge Merlin :

– « Les aventures exceptionnelles, au théâtre, ne sont pas forcément celles qui font le plus de bruit. Ainsi en va-t-il du chemin que parcourt le comédien Serge Merlin, depuis vingt ans, en compagnie du grand écrivain autrichien Thomas Bernhard. » – Le Monde

– « Immense texte et immense acteur, épaulé avec talent par Blandine Masson et Alain Françon, qui captive plus d’une heure durant, le corps et le visage toujours en mouvement, d’une rage sourde et profonde. » – Froggy’s Delight

– « Rares sont les acteurs qui savent, comme Serge Merlin, restituer sur scène la prose de l’écrivain autrichien. » – Libération

 

Toujours la Tempête

Des origines de Peter Handke…

Vu le 2 avril 2015 aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe
Actuellement en tournée, jusqu’au 26 septembre 2015
Mise en scène : Alain Françon

© Michel Cobra

Dans ce spectacle hypnotique, il est question de langue, de pays de naissance, de mémoire collective et finalement de la place de chacun sur Terre…

Qui est Peter Handke ? D’où vient-il ? Quelle est son histoire ? Son spectacle « Toujours la Tempête » écrit en 2012 répond en partie à ces questions. A travers l’histoire de son héros, qui n’est autre que Peter Handke lui-même. Le personnage incarné par un Laurent Stocker éblouissant ne s’appelle-t-il pas « Moi »?… Moi est né Slovène. Il est né à l’aube de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de ce pays. Celle de la seconde guerre mondiale, qui vit des milliers de Slovènes de Carinthie encerclés par l’Allemagne ennemie. C’est en grande partie de cela qu’il est question dans ce spectacle : de l’appartenance à une patrie. On y parle beaucoup de langue commune, de place, de territoire, de références, de mémoire collective… Comment ne pas entendre la résonance de ce texte avec l’actualité qui nous entoure ?

Laurent Stocker est prodigieux, magistral de retenue, définitivement un immense comédien. Alain Françon lui a offert une famille exceptionnelle : Pierre-Félix Gravière et Stanislas Stanic sont ses frères, Nada Strancar et Wladimir Yordanoff ses grands-parents, Dominique Valadié sa tante « Snezena » et Gilles Privat son oncle « Jonathan ». Et puis, surtout, il y a Dominique Reymond qui interprète sa mère. Cette comédienne est tellement douée que j’ai ressenti une légère frustration de ne pas la voir réapparaître dans la seconde partie du spectacle!

Ce sentiment de frustration, je l’ai éprouvé aussi au moment des saluts. Tous les spectateurs l’ont éprouvé, lorsque la lumière s’est rallumée, donnant le signal de vider les lieux. Eh oui, nous étions frustrés! Frustrés dans notre élan d’applaudissements, frustrés de n’avoir pas assez remercié les comédiens et le metteur en scène de cette incroyable mise en abyme.

Trois raisons de guetter le passage près de chez vous de la tournée de Toujours la Tempête 

1 – Pour le texte de Peter Handke, foisonnant, riche, dense, philosophique, et tellement contemporain.
2 – Pour la mise en scène tout en délicatesse d’Alain Françon, l’un des « maestro » français.
3 – Pour Laurent Stocker – l’un de mes chouchous du Français!… – qui tient la scène de la première à la dernière note.

 

ELECTRONIC KIT PRESS

Ivanov

Un Ivanov sublime de noirceur

Vu le 29 janvier 2015
Reprise à l’Odeon Théâtre de l’Europe du 2 octobre au 1er novembre 2015
Mise en scène : Luc Bondy

 

Copyright : Thierry Depagne

« Sur la scène de l’Odéon, Micha Lescot en Ivanov nous procure un bonheur à la hauteur du désespoir qui le hante. »

Moi qui suis une inconditionnelle de Tchekhov et qui n’hésite pas à le placer sur le podium entre Molière et Shakespeare, je n’avais encore jamais vu Ivanov!
Peut-être attendais-je inconsciemment la mise en scène qui me révèlerait cette « oeuvre de jeunesse » – rappelons que Tchekhov en écrit la première version à 27 ans. Autant vous dire que je n’ai pas été déçue de cette découverte  à l’Odéon.

Invanov, c’est l’histoire assez banale d’un être assez banal, un « monsieur tout le monde » qui sombre dans la dépression. Tchekhov disait : « Il y en a des milliers, des Ivanov… l’homme le plus normal du monde, pas du tout un héros ». 

Pour incarner cet « anti-héros », Luc Bondy a fait appel au formidable Micha Lescot (qui était son Tartuffe la saison dernière). 1,92m de pur génie sur scène : Micha Lescot parvient à nous faire sentir la déshérence de son personnage, il se désincarne quasiment sous nos yeux, s’évanouit à mesure que la pièce avance. Il est là sans être là.  Comme si Luc Bondy lui avait demandé de jouer « le rien », d’incarner « la vacuité ». Impossible pari, pourtant réussi!

Autour d’Ivanov, participant de son état et l’entraînant dans sa mélancolie, une distribution sans faute : Marina Hands « maladémouvante », Marcel Bozonnet alcoolique et sous l’emprise de son épouse Christiane Cohendy, aussi richissime que radine, Chantal Neuwirth méchante et cancanière, Ariel Garcia Valdès misogyne et antisémite, Fred Ulysse joueur de cartes invétéré, Laurent Gréville affairiste rêveur… Dans cette galerie de personnages, il n’y en a aucun de « récupérable » : ils sont tous plus mesquins les uns que les autres. Sauf peut-être le médecin (il y en a toujours un chez Tchekhov). Et celle qui tente vainement de sauver Ivanov de lui-même : Sacha (Sashenka) remarquablement interprétée par Victoire du Bois.

3 raisons de prendre vos places pour cet Ivanov de Luc Bondy

1 – Que vous soyez comme moi fan de Tchekov ou non, vous ne pouvez passer à côté de sa première grande pièce – sa plus cruelle, plus désespérée, et peut-être sa plus belle.
2 – Micha Lescot livre une véritable performance : il parvient à incarner l’ennui, la mélancolie, le désespoir ; aussi impressionnant dans ce rôle qu’il l’était dans Tartuffe.
3 – Pour entourer son Ivanov, Luc Bondy a su trouver la distribution idéale, il a réussi le prodige de réunir 18 comédiens virtuoses sur la scène de l’Odéon.

 

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