Art, Yasmina Reza, TGStan, Dood Paard, Théâtre de la Bastille, Pianopanier, revue de presse

Revue de presse 21 juin : Art, Cendrillon et Réparer les vivants

Art, Yasmina Reza, TGStan, Dood Paard, Théâtre de la Bastille, Pianopanier, revue de presse

1. Sur le plateau du Théâtre de la Bastille, le collectif flamand tgStan s’empare du texte de Yasmina Reza, ART, une pièce culte dont on réalise qu’elle est devenue un classique :

– « Pour cette création détonante deux collectifs unissent leur force. Frank Vercruyssen, l’un des piliers du tg STAN, ainsi que Kuno Bakker et Gillis Biesheuvel de la compagnie néerlandaise Dood Paard. Si Frank Vercruyssen est francophone et totalement à l’aise avec la langue française, ce n’est pas le cas de ses deux autres camarades, ce qui rend leur performance d’autant plus remarquable. » SceneWeb

– « Génie de Kuno Bakker, notamment, dans son effort de faire entendre la moindre virgule du dilemme d’Ivan, dérisoire et vertigineux face à la rédaction du carton d’invitation à son mariage. Le visage se tord, les mots sont forgés, acteurs et personnages se confondent absolument dans cette lutte pour accoucher d’un propos cohérent. Ici, la charge réactionnaire contre l’art contemporain – dont la pièce fut soupçonnée en France – est abolie au profit d’une interrogation sur l’amitié en péril entre les trois hommes. » – Libération

« Il est plus qu’intéressant de retrouver « Art », aujourd’hui, au Théâtre de la Bastille, à Paris, entre les mains des dynamiteurs belges et néerlandais du tgSTAN et de Dood Paard, deux compagnies d’acteurs qui se sont fait une spécialité de jouer avec les textes, le public et l’illusion théâtrale. Dans leur spectacle, le texte de la pièce est là et bien là, à quelques petits aménagements près. Mais il est envisagé de manière bien différente de la mise en scène de Patrice Kerbrat, et du coup, la perception de la pièce n’est plus la même. » – Le Monde

« Interpellant régulièrement le public, offrant même du champagne à l’un des spectateurs, le remarquable trio de comédiens ne cesse de jouer avec les frontières de la fiction… Paradoxalement, la puissance du propos s’en trouve renforcée. Au travers du thème de l’amitié, ce spectacle jubilatoire touchera assurément le plus grand nombre. » Le Parisien

« Le jeu antinaturaliste des acteurs allège la pièce, la décale, la débarrasse de ses oripeaux bourgeois et de toute trace de psychologie. Comme une esquisse, chacun saisit son personnage par un détail : des gants blancs que Serge agite à bout de bras comme des petites ailes, des jambières de moto qui entravent la démarche de Marc, une chemisette rouge et une coupe fatiguée de vieux rocker qui font d’Yvan un perdant magnifique, comme on en trouve dans les films d’Aki Kaurismaki. C’est furieusement drôle, malgré certaines faiblesses du texte. La preuve, s’il en fallait encore une, que le TG Stan est capable de tout transformer en or. Du grand Art. » – L’Humanité

« Drôles, gamins, autoritaires et fragiles, les trois personnages font revivre ce texte encore éblouissant de vérité et d’efficacité avec une liberté savoureuse. » – Artistik’Rezo

« En débarrassant sèchement la pièce de toute référence bourgeoise, en accusant crânement le vaudeville, la pièce et sa mécanique sont mises à nue, il ne reste que le texte et son propos à vif. La langue acide et les enjeux de pouvoir. C’est le propre de ces deux compagnies de décrasser le répertoire auquel il s’attaque, l’expurger de tout contexte, pour n’en garder que le suc dont ils font leur miel. » – Un Fauteuil pour l’orchestre

« Est-ce parce que le texte a été écrit pour les comédiens, ils sont tous excellents, complices, à l’aise dans leur rôle comme dans un costume familier. Chez Rambert le texte est souvent un peu bavard, mais il impose un style, une écriture moderne et en même temps très littéraire, parfois alambiquée, une singularité de point de vue qu’on retrouve dans la mise en scène. » – Publik’Art

 

Cendrillon adaptation et mise en scène Joel Pommerat au Théâtre de la Porte Saint-Martin, revue de presse Pianopanier

2. Reprise au Théâtre de la Porte Saint-Martin du véritable enchantement qu’est la pièce CENDRILLON de Joël Pommerat :

« En axant son récit sur la mort de la mère, Pommerat accentue la dimension cruelle du conte, sans édulcorer la complexité humaine. Manque, culpabilité, désir… Déconseillée aux moins de 10 ans, sa version n’est heureusement pas dénuée d’humour, grâce à la dimension grotesque de certains personnages. Remarquablement interprétés, ils évoluent sur un plateau ceint de grands murs habillés de projections. Nuages, arbres, motifs mouvants… Pommerat sculpte l’obscurité avec un esthétisme saisissant. On en sort bouleversé et subjugué. » – Le Parisien

« Avec Cendrillon, Joël Pommerat est passé à une dimension plus ample, et l’on peut dire que ce spectacle est un chef-d’œuvre. Il ne s’adresse pas aux tout-petits. Il exige une certaine maturité, car l’adaptateur s’intéresse à la cruauté du conte. Il dirige des comédiens qui ne sont pas issus de sa troupe. » Le Figaro

« Chez Pommerat, Cendrillon porte un corset en plâtre, le père fume comme Gainsbourg et la fée jure comme un charretier. C’est drôle, noir, cynique, et déconseillé aux moins de 10 ans. Le tout mâtiné de quelques intermèdes musicaux à vous faire trembloter la lèvre inférieure. Vous l’aurez compris, on vous interdit formellement de laisser passer ça. Vous avez jusqu’au 6 août. » Les5pièces

« Cette version de Joël Pommerat est une réécriture totale et magnifique, qui joue sur le dit et le non-dit, l’utilité des mots et le danger du malentendu, sans oublier l’humour. C’est une leçon d’écriture, de direction d’acteurs toujours justes, de scénographie (jeux de lumière et d’images vidéo qui habillent la scène vide)… Ce spectacle recèle une beauté qui émeut. » – Telerama

« Mariant la satire sociale et la puissance d’évocation des symboles, il joue des stéréotypes et décale les personnages du dessin encollé dans la mémoire collective : Cendrillon (admirable Deborah Rouach) est ici une gamine aussi décidée qu’énergique, la belle-mère une aboyeuse agitée, frappée de jeunisme et fanatique de la rhétorique de l’action, ses filles, des bécasses prétentieuses, le père, un pleutre aspirant au remariage, la fée, une magicienne amateur déjantée, le roi, un gentil fêtard, et le prince charmant, un adolescent obsédé également par l’absence de sa mère. » La Terrasse

« Avec une délicatesse qui n’exclut pas un certain humour, Pommerat aborde ici une troisième fois, après Le Petit Chaperon Rouge et Pinocchio, les questions graves et vitales de toute enfance. » – Artistik Rezo

« Un décor majestueux qui souligne une narration à la rythmique maîtrisée. Des parures organiques d’Isabelle Deffin à la vidéo fantasmagorique de Renaud Rubiano, tout dans ce spectacle concourt à mêler rêve et réalité, vie et mort. Et on ne vous parle pas de la reprise sensible du « Father and Son » de Cat Stevens par Caroline Donnelly, dont on ne s’est toujours pas remis. Alors si vous l’aviez manqué autrefois, il est grand temps de vous rattraper. Le spectacle est éblouissant. » –  TimeOut

« Selon moi, Cendrillon est le conte des contes, traversé par les thèmes de la méchanceté, du désir et du deuil. C’est la question de la mort qui m’a donné envie de le monter. Peut-être aussi parce que j’aurais aimé, enfant, que l’on me parle ainsi de la mort… » – Interview de Joël Pommerat pour Le JDD

 

Réparer les vivants, d'après le roman de Maylis de Kerangal, Mise en scène Sylvain Maurice, théâtre des Abbesses, revue de presse Pianopanier

3. Au Théâtre des Abbesses, Sylvain Maurice signe une adaptation théâtrale sensible et bouleversante de Réparer les vivants, le roman de Maylis de Kerangal :

« D’entrée, on est happé. Fi du réalisme façon « comme si vous y étiez », avec salle d’opération, chambre d’hôpital et tutti quanti. L’espace est neutre et sombre, tout juste troué, par à-coups, des lumières crues de projecteurs. Le centre est occupé une construction à un étage. En bas, un tapis roulant sur lequel marche, court, halète, un comédien à la fois conteur et interprète de tous les personnages : Vincent Dissiez, évident, fabuleux, en état de grâce. » La Croix

« Eric Soyer, le scénographe et Sylvain Maurice, le metteur en scène ont imaginé un décor en mouvement. Joachim Latarjet, le musicien est juché sur une structure qui encadre un tapis roulant qui fait face au public. Ses sonorités musicales très diverses qui vont du jazz à la pop rythme la quête de Vincent Dissez. Il marche, il court, il bondit, il est haletant, à la fois fragile et énergique. » SceneWeb

« TT – Chez Sylvain Maurice aussi, un seul acteur, Vincent Dissez, est à la manoeuvre pour jouer tous les rôles, toutes les voix intérieures si précisément décrites par la romancière. Celle de Marianne, la mère, lors de son trajet en roue libre vers l’hôpital comme dans son cheminement vers l’acceptation du drame. Celle de Thomas, jeune infirmier passionné de chant baroque qui ne quittera pas d’un pouce le corps de Simon jusqu’à la fin de son voyage. Dissez, dont on apprécie le charme envoûtant, se tient sur scène comme un athlète dans la bataille : en chemise, jean et baskets, il est debout sur un tapis roulant. » –Telerama

« Sobre et épurée, dans une lumière blanche et blafarde, la mise en scène fait entendre tous ces indispensables protagonistes, et s’inscrit dans l’équilibre entre les dimensions médicale, technique, et intime de l’aventure. En hauteur et en arrière-plan, le musicien Joachim Latarjet fait sonner sa guitare comme un flux de jeunesse et un jaillissement d’énergie libre. Entremêlant tragédie intime et questions médicales, l’œuvre est forte et marquante. » – La Terrasse

« Sans aucun accessoire, sans changer même de chemise, dans un enchainement impeccable, Vincent Dissez est le narrateur, mais aussi les soignants, mais aussi les autres protagonistes. Sans jamais glisser du coté des voyeurs ou du mélo bon marché. Dès les premières minutes, la  tension s’installe sur le plateau, et puis s’accélère, jusqu’au dénouement même si l’on ne peut parler de suspense. Du très beau travail. Au soir de la seconde présentation parisienne, c’est debout que le public a applaudi. Pour évacuer son émotion, sans doute ; pour saluer l’humanité du propos, surement. » – L’Humanité

« Sylvain Maurice et Eric Soyer ont conçu un lieu où se dresse un grand portique, une sorte d’arc de triomphe mobile sur rails. Sur sa plate-forme, un musicien, Joachim Latarget, impulse le rythme du jazz. Au sol, l’acteur, Vincent Dissez, dit le texte, le plus souvent en courant, tel l’athlète antique de Marathon. L’action est une course contre la montre, le spectacle un chant d’espoir qui lui aussi lutte contre le temps. » – WebTheatre

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