La nostalgie des blattes, Pierre Notte, Théâtre du Rond-Point, Catherine Hiegel, Tania Torrens, Pianopanier

Revue de presse 20 septembre : La nostalgie des Blattes, Liberté ! et Les deux frères et les lions

La nostalgie des blattes, Pierre Notte, Théâtre du Rond-Point, Catherine Hiegel, Tania Torrens, Pianopanier

1. Pour la rentrée au Théâtre du Rond-Point, Pierre Notte artiste associé met en scène Catherine Hiegel et Tania Torrens dans La Nostalgie des blattes, drôle et méchant  :

– « Tania Torrens et Catherine Hiegel excellent dans ce duo sanglant, scotchées pendant une heure sur leur chaise comme les deux vieux du Muppet Show. Une bonne dose de cynisme et de méchanceté pour débuter la saison, ça ne peut pas faire de mal. » SceneWeb

– « Catherine et Tania – le prénom des actrices est celui de leur personnage – sont échouées sur leur chaise, l’une en jeans, les jambes légèrement écartées, la posture nonchalante et solide de celle qui se fiche de ce qu’on pense d’elle, l’autre, en retenue et pantalon noir, cheveux raides et impeccables. Que font-elles ? Elles attendent, face au public, et ne quitteront pas leur chaise… » – Libération

« Il y a du Beckett dans ce texte futuriste caustique et absurde. Pierre Notte pourrait certes aller plus loin dans l’ascèse et l’âpreté, rendre plus cinglant son propos humaniste. Mais la virtuosité, l’humour féroce et l’énergie diabolique des deux comédiennes gomment les quelques tunnels et effets faciles de la pièce. En à peine plus d’une heure chrono, Catherine Hiegel et Tania Torrens, métamorphosées en boxeuses de l’apocalypse, mettent K.-O. le temps et ses outrages. » – Les Echos

« Ee sujet est original et les comédiennes de grand talent ; pourtant on reste à la surface d’un texte sans véritable dramaturgie, finalement assez superficiel. Notte n’a pas su véritablement élaboré la densité et le tragique de cette proposition singulière imaginée par Catherine Hiégel et Tania Torrens. » – WebTheatre

« L’écriture singulière de Pierre Notte, aux tournures incisives et lapidaires mais aussi surréalistes, instaure un dialogue aussi mordant que loufoque. A l’abri d’un l’humour caustique et décalé, le récit millimétré laisse entrevoir un futur dystopique. Catherine Hiegel et Tania Torrens forment un duo détonant. Elles incarnent avec force et humanité, ce refus à la tyrannie du jeunisme et au conformisme ambiant. » – Publik’Art

« Je ne suis plus au Français depuis des années mais Catherine Hiegel et moi sommes de très vieilles amies. On s’appelle à peu près tous les dimanches. Sous forme de blagues, on s’est mise à parler des vieux, nous avons imaginé un musée de la Vieille.. » – Interview de Tania Torrens pour Theatral Magazine

 

Liberté!, Gauthier Fourcade, Manufacture des Abbesses, William Mesguich, revue de presse, Pianopanier

2. Seul en scène humoristique conçu et interprété par Gauthier Fourcade dans une mise en scène de William Mesguich, Liberté ! s’installe à la Manufacture des Abbesses jusqu’au 5 novembre :

« Liberté ! (avec un point d’exclamation) n’est pas simplement un « seul en scène » qui rabouterait des sketchs pour en tirer in fine un spectacle plein de finesse, c’est avant tout une belle histoire qui finira bien et arrachera quelques larmes aux plus sensibles, c’est-à-dire aux nombreux spectateurs qui seront happés par la balade bulle de savon proposée par l’ami Gauthier. » – Froggy’s Delight

– « Gauthier est un personnage qui adore sa pensée et les mots qui l’illustrent, un personnage entre Woody Allen, Larry David et Raymond Devos. Notre plaisir est là dans cette proximité avec ce personnage attachant, passablement obssessif et généreusement drôle. Notre plaisir est aussi, bien sur, dans son texte toujours divertissant et souvent hilarant. » Toute la culture

« Jouant avec les mots comme un jongleur aguerri, glissant d’une histoire à l’autre au détour d’une expression lancée comme par hasard, cet étrange bonhomme a le charme délicat d’un Petit Prince tombé de son astéroïde. Il parle de sa vie un peu absurde comme s’il découvrait tout juste le monde. Son univers, c’est celui des voitures qui ne tournent pas à gauche, des relations tissées en faisant la moue, d’un triangle amoureux ABC et de tous les chemins vers Rome… » TheatreActu

« Liberté ! est un cri de révolte à la fois philosophique et sociétal. Il s’oppose à une vision réductrice et déterministe de l’homme et le rétablit dans sa dignité d’être doué de libre arbitre et même de magie ! Il dénonce la confiscation de la démocratie par des grands groupes industriels et donc de la liberté des peuples à disposer d’eux mêmes. » – SceneWeb

« C’est jubilatoire. Et pas seulement. Parce que s’il évoque « le peuple qui veut du pain et qu’il faut mener à la baguette » selon certains politiques, il s’en prend à sa manière « aux multinationales » écrasantes, tout comme aux « noooormes européennes » engourdies et usantes, dites aussi « l’énorme Européenne qui somnole » et laisse les multinationales agir à leur guise. Il y a, chez Fourcade, du Devos. De ces grains de folie comme des poussières d’étoiles qui brillent devant les yeux, même dans le noir. » –  L’Humanité

« Je me considère comme un simple bricoleur de la langue. Il faut qu’à chaque page il y ait vingt trouvailles. Un vrai littéraire peut – à l’inverse – sur une seule idée écrire vingt pages, dont pas une de trop. Mais je suis un scientifique qui a tant admiré les littéraires que je pense être parvenu à le devenir un peu. » – Interview de Gauthier Fourcade pour La Voix du Nord

 

Les deux frères et les lions, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, Théâtre de Poche-Montparnasse, Pianopanier

3. Au Théâtre de Poche-Montparnasse, Les deux frères et les lions, dresse le portrait exceptionnel de deux jumeaux autodidactes :

« Cette chronique peut paraître, a priori, terrible, d’un cynisme insupportable. C’est compter sans l’énergie et la générosité des acteurs qui se démènent sur le plateau : Hédi Tillette de Clermont Tonnerre, qui signe aussi texte et mise en scène, et sa compagne, Lisa Pajon. Lui, interprète l’« aîné » ; elle ; travestie en homme, le « cadet ». Tous deux extraordinairement complices, le jeu vif et précis, ils captivent, ils fascinent, bousculant les rythmes, jouant avec le public, en perpétuels mouvements, sur un mode quasi-épique qui court tout au long de ce spectacle de même pas une heure. » La Croix

« Interprétés avec une conviction de fer, à l’image de celle de leurs modèles, par Hédi Tillette de Clermont et Lisa Pajon, les deux jumeaux milliardaires sont des personnages extravagants et extraordinaires. Qu’on soit admirateur ou contempteur de l’ultra-libéralisme, on sera pareillement saisi par ce récit incroyable qui vaut bien un conte des Mille et une nuits.. » Froggy’sDeligh

« TTT – Le spectacle, interprété par deux comédiens, revient sur les moments forts de ces vies gémellaires. On se croit parfois pris dans un film policier tant le rythme est haletant et la tension, constante. Jubilatoire. » –Telerama

« Une petite heure durant, Hédi Tillette de Clermont Tonnerre, qui a écrit ce texte insolite et cocasse, et Lisa Pajon, très bien en garçon, racontent une histoire extraordinaire. Ils sont fins, déliés, précis. Ce qui est formidable, avec lui (Hédi Tillette de Clermont Tonnerre – NDLR) c’est son intelligence, sa liberté raisonnée, son art de la narration, son sens profond de la scène. Musique, son, lumières, projections de documents, tout ici enchante. » – Le Figaro

« Le spectacle repose en partie sur son rythme. Devant les images circonstanciées défilant sur un écran vidéo, les deux acteurs – en réalité, un comédien, l’auteur lui-même, et une actrice, Lisa Pajon, tous deux unifiés et désexualisés par leur combinaison bleue, tous deux égaux dans l’art de la percussion des mots – lancent, projettent, propulsent leur texte. C’est le récit d’une réussite financière orchestrée en coups de poing. C’est de plus en plus énorme et scandaleux. Donc de plus en plus drôle. » – WebTheatre

« Je me considère comme un simple bricoleur de la langue. Il faut qu’à chaque page il y ait vingt trouvailles. Un vrai littéraire peut – à l’inverse – sur une seule idée écrire vingt pages, dont pas une de trop. Mais je suis un scientifique qui a tant admiré les littéraires que je pense être parvenu à le devenir un peu. » – Interview d’Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre pour La Terrasse

Monsieur de Pourceaugnac, Cie Théâtre de L'Eventail, à L'Epée de Bois

Revue de presse 27 juin : Democracy in America, L’Ecume des jours, Monsieur de Pourceaugnac

Democracy in America, de Romeo Castellucci, photo Guido Mencari @ Guido Mencari

1. Au Printemps des Comédiens à Montpellier, le très remarqué Democracy in America de Castellucci, à retrouver à la MC93 de Bobigny à l’occasion du Festival d’Automne :

« Le nouveau spectacle du créateur italien questionne les mots et impressionne encore par ses images. » Le Monde

« La force de la pensée, celle des images, l’humour qui n’interdit jamais lucidité, émotion, étrangeté, questions qui taraudent, tout ici subjugue. Un spectacle saisissant. On comprend beaucoup et beaucoup échappe. Un moment à part. À méditer. » Armelle Héliot, Le Grand Théâtre du monde

« Une succession de tableaux à la fois saisissants, poétiques et angoissants. Jouant avec de grandes toiles transparentes, créant des jeux de lumières d’une grande beauté, Castellucci fait appel à « l’écran mental » du spectateur et crée des images indélébiles, qui échappent à tout contrôle. Mais au-delà des tableaux marquants, sont notamment évoqués la tyrannie de la majorité et l’affaiblissement de la liberté intellectuelle face au populisme… » Ouest France

« Castellucci multiplie les images magnifiques, obscures ou saisissantes, jouant des grands rideaux de tulle et des jeux de lumière pour créer des tableaux à la Turner ou Rothko… » La Libre Belgique

« Tocqueville est juste un prétexte, un moyen de prendre à contrepied l’idéologie libérale et de peindre un tableau des Etats-Unis confrontés à des figurations d’autres civilisations et à des songeries fantasmées… Tantôt l’image est crue, tantôt elle passe par une série de filtres visuels qui la rendent trouble et énigmatique. On s’agace et l’on est subjugué. » Webtheatre

« Cette pièce « librement inspirée » de l’essai d’Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique », dépasse de loin la question de la démocratie pour aller aux origines des Etats-Unis vers les questions qui obsèdent Castellucci : le mal, la représentation, les mots… » Toute la culture

« Au-delà de son titre et de son contexte politiques, la pièce est l’assurance d’une réflexion plus complexe qu’il n’y paraît. Disons-le d’emblée, beaucoup de choses marchent dans cet ambitieux théâtre. En premier lieu, la virtuosité de Romeo Castellucci à mettre en scène l’onirisme… [Cependant] « Democracy in America » est parfois trop sibyllin. Si la conclusion est aussi attendue, elle appelle néanmoins à un questionnement intéressant : les mots sont-ils la source de tous les maux ? » BSCNews

« Librement inspiré de Tocqueville, « Democracy in America » n’a pas la force viscérale des grands Castellucci. Le metteur en scène italien entre au plus profond de la nature humaine, interroge l’individu et la communauté, extériorise violemment la douleur contenue, mais il semble trop axé sur la narration et les dialogues, lui qui sait si bien en faire l’économie habituellement. Ses actrices sont en état de grâce. Mais cette fois ci, Castellucci n’atteint pas la terre promise. » Sceneweb
 

L'Ecume des jours, Théâtre de La Huchette, m.e.s. Molaro/Kapps, photo Lot @ Lot

2. Au Théâtre de la Huchette, une adaptation réussie de L’Ecume des jours de Vian, portée par une distribution pleine de charme :

« On passe là un moment exceptionnel, on y vit un bonheur comparable à celui que donne à l’écolier la récréation. Tout y est : la libération, le jeu et le rêve. La qualité de ce spectacle tient à l’harmonie exceptionnelle qui règne entre l’œuvre et son interprétation. L’adaptation du roman au théâtre est remarquable. Quant aux comédiens, ils sont d’une fraîcheur, d’une grâce, d’une sincérité merveilleuses. Pas un effet superflu, pas une once de vulgarité, pas la moindre trace d’amateurisme. Un travail impeccable. Léger, aérien, spirituel. Boris Vian sort non seulement intact de cette fête, mais grandi. » Figaro Magazine

« Un moment de théâtre plein de finesse et de grâce. Les trois jeunes comédiens font beaucoup pour la réussite du spectacle. Il y a les deux garçons, Maxime Boutéraon et Antoine Paulin, tous deux très justes. Mais c’est surtout Roxane Bret qui en fait le charme. Avec sa voix si particulière, sa gestuelle sensuelle, elle aurait enchanté Boris Vian. Une réussite de plus pour le petit théâtre de La Huchette… » Figaroscope

« L’adaptation est très réussie. On y retrouve poésie, fantaisie, jeux verbaux. Le spectacle rend bien cette atmosphère loufoque et fantastique… C’est vif, plaisant et les trois comédiens sont très bons. Un spectacle où toute la famille trouvera son compte. Il sera visible tout l’été. » Télérama Sortir

« Il y a des pirouettes, de la fantaisie, des évasions dans le fantastique. De temps en temps, Chick saisit sa guitare et plaque un accord. Il faut que ça swingue. Les acteurs se mettent à chanter. « Il y a seulement deux choses, écrivait Vian dans son prologue : l’amour, avec des jolies filles, et la musique de La Nouvelle-Orléans et de Duke Ellington. » Les choses n’ont pas tellement changé. Le texte suit la musique. Les dialogues sont allégés pour que rien ne pèse. » Figaro

« De ce roman-culte qui n’a cessé de charmer les générations, la mise en scène sans repos et surtout l’irrésistible jeunesse joyeuse et ironique des trois comédiens expriment la poésie tendre et nostalgique, tout en lui imprimant les rythmes contrastés de la passion amoureuse et de la malédiction. Sourires et émotion au bord des larmes, comme une pirouette en pied-de-nez à la mort. C’est frais, rieur et délicieux. » Spectacles sélection

« Dans un décor de papier peint découpé avec malice, Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps ont conçu un spectacle qui est plus un récital littéraire et musical qu’une représentation obéissant aux lois du genre dramatique. La soirée […] repose avant tout sur ses acteurs-chanteurs. Roxane Bret, Maxime Boutearon et Antoine Paulin ont la jeunesse des héros du livre de Vian, une tendresse, une mobilité, une joliesse, une plasticité que l’on peut compresser en une seule formule : ils ont un charme fou… » Webtheatre
 

Monsieur de Pourceaugnac, Cie Théâtre de L'Eventail, à L'Epée de Bois @ D.R.

3. Une comédie-ballet au Théâtre de l’Epée de Bois : un Monsieur de Pourceaugnac qui préfère la farce et le rire :

« Un spectacle alerte qui tire résolument la pièce de Molière du côté de la farce. Ce spectacle rythmé rend justice à la vivacité de cette comédie-ballet. L’ensemble baroque La Rêveuse s’insère parfaitement dans le dispositif scénique. De fait, le metteur en scène traite cette comédie-ballet créée en 1669 comme ce qu’elle fut à ses origines : un pur divertissement. Le parti pris dramaturgique se focalise essentiellement sur le rire sans insister sur sa face noire : la cruauté. On pourra le regretter à l’égard d’une des pièces les plus sombres de Molière… Mais après tout, Brecht lui-même ne disait-il pas : « Depuis toujours, l’affaire du théâtre, comme d’ailleurs de tous les autres arts, est de divertir les gens. » ? » La Terrasse

« L’intrigue ne brille évidemment pas par sa vraisemblance, mais plutôt par le déchaînement de ruses délirantes. Le rire est au programme de chaque épisode, les costumes et masques carnavalesques accentuent encore davantage le choix de l’excès clownesque. Le travail de mise en scène est remarquable, sur un plateau qu’arpentent en tous sens les acteurs en constante diversité et souplesse. Le recours aux masques est très judicieux, ainsi que les trappes par lesquelles apparaissent joyeusement les visions cauchemardesques qui hantent le pauvre persécuté. L’ensemble est irrigué d’une joie collective et communicative à laquelle on ne saurait résister. A voir absolument. » Spectacles Sélection

« La cohérence et l’harmonie entre cette troupe du Théâtre de l’Éventail, très active, basée à Orléans, et l’ensemble musical baroque La Rêveuse, séduisent. Comédiens et chanteurs sont au même niveau de talent et de justesse. C’est simple, sans esbroufe mais mine de rien, rempli de références théâtrales empruntées à la commedia dell’arte, aux masques, au carnaval, au théâtre de tréteaux, aux marionnettes napolitaines… » Culture Tops

Art, Yasmina Reza, TGStan, Dood Paard, Théâtre de la Bastille, Pianopanier, revue de presse

Revue de presse 21 juin : Art, Cendrillon et Réparer les vivants

Art, Yasmina Reza, TGStan, Dood Paard, Théâtre de la Bastille, Pianopanier, revue de presse

1. Sur le plateau du Théâtre de la Bastille, le collectif flamand tgStan s’empare du texte de Yasmina Reza, ART, une pièce culte dont on réalise qu’elle est devenue un classique :

– « Pour cette création détonante deux collectifs unissent leur force. Frank Vercruyssen, l’un des piliers du tg STAN, ainsi que Kuno Bakker et Gillis Biesheuvel de la compagnie néerlandaise Dood Paard. Si Frank Vercruyssen est francophone et totalement à l’aise avec la langue française, ce n’est pas le cas de ses deux autres camarades, ce qui rend leur performance d’autant plus remarquable. » SceneWeb

– « Génie de Kuno Bakker, notamment, dans son effort de faire entendre la moindre virgule du dilemme d’Ivan, dérisoire et vertigineux face à la rédaction du carton d’invitation à son mariage. Le visage se tord, les mots sont forgés, acteurs et personnages se confondent absolument dans cette lutte pour accoucher d’un propos cohérent. Ici, la charge réactionnaire contre l’art contemporain – dont la pièce fut soupçonnée en France – est abolie au profit d’une interrogation sur l’amitié en péril entre les trois hommes. » – Libération

« Il est plus qu’intéressant de retrouver « Art », aujourd’hui, au Théâtre de la Bastille, à Paris, entre les mains des dynamiteurs belges et néerlandais du tgSTAN et de Dood Paard, deux compagnies d’acteurs qui se sont fait une spécialité de jouer avec les textes, le public et l’illusion théâtrale. Dans leur spectacle, le texte de la pièce est là et bien là, à quelques petits aménagements près. Mais il est envisagé de manière bien différente de la mise en scène de Patrice Kerbrat, et du coup, la perception de la pièce n’est plus la même. » – Le Monde

« Interpellant régulièrement le public, offrant même du champagne à l’un des spectateurs, le remarquable trio de comédiens ne cesse de jouer avec les frontières de la fiction… Paradoxalement, la puissance du propos s’en trouve renforcée. Au travers du thème de l’amitié, ce spectacle jubilatoire touchera assurément le plus grand nombre. » Le Parisien

« Le jeu antinaturaliste des acteurs allège la pièce, la décale, la débarrasse de ses oripeaux bourgeois et de toute trace de psychologie. Comme une esquisse, chacun saisit son personnage par un détail : des gants blancs que Serge agite à bout de bras comme des petites ailes, des jambières de moto qui entravent la démarche de Marc, une chemisette rouge et une coupe fatiguée de vieux rocker qui font d’Yvan un perdant magnifique, comme on en trouve dans les films d’Aki Kaurismaki. C’est furieusement drôle, malgré certaines faiblesses du texte. La preuve, s’il en fallait encore une, que le TG Stan est capable de tout transformer en or. Du grand Art. » – L’Humanité

« Drôles, gamins, autoritaires et fragiles, les trois personnages font revivre ce texte encore éblouissant de vérité et d’efficacité avec une liberté savoureuse. » – Artistik’Rezo

« En débarrassant sèchement la pièce de toute référence bourgeoise, en accusant crânement le vaudeville, la pièce et sa mécanique sont mises à nue, il ne reste que le texte et son propos à vif. La langue acide et les enjeux de pouvoir. C’est le propre de ces deux compagnies de décrasser le répertoire auquel il s’attaque, l’expurger de tout contexte, pour n’en garder que le suc dont ils font leur miel. » – Un Fauteuil pour l’orchestre

« Est-ce parce que le texte a été écrit pour les comédiens, ils sont tous excellents, complices, à l’aise dans leur rôle comme dans un costume familier. Chez Rambert le texte est souvent un peu bavard, mais il impose un style, une écriture moderne et en même temps très littéraire, parfois alambiquée, une singularité de point de vue qu’on retrouve dans la mise en scène. » – Publik’Art

 

Cendrillon adaptation et mise en scène Joel Pommerat au Théâtre de la Porte Saint-Martin, revue de presse Pianopanier

2. Reprise au Théâtre de la Porte Saint-Martin du véritable enchantement qu’est la pièce CENDRILLON de Joël Pommerat :

« En axant son récit sur la mort de la mère, Pommerat accentue la dimension cruelle du conte, sans édulcorer la complexité humaine. Manque, culpabilité, désir… Déconseillée aux moins de 10 ans, sa version n’est heureusement pas dénuée d’humour, grâce à la dimension grotesque de certains personnages. Remarquablement interprétés, ils évoluent sur un plateau ceint de grands murs habillés de projections. Nuages, arbres, motifs mouvants… Pommerat sculpte l’obscurité avec un esthétisme saisissant. On en sort bouleversé et subjugué. » – Le Parisien

« Avec Cendrillon, Joël Pommerat est passé à une dimension plus ample, et l’on peut dire que ce spectacle est un chef-d’œuvre. Il ne s’adresse pas aux tout-petits. Il exige une certaine maturité, car l’adaptateur s’intéresse à la cruauté du conte. Il dirige des comédiens qui ne sont pas issus de sa troupe. » Le Figaro

« Chez Pommerat, Cendrillon porte un corset en plâtre, le père fume comme Gainsbourg et la fée jure comme un charretier. C’est drôle, noir, cynique, et déconseillé aux moins de 10 ans. Le tout mâtiné de quelques intermèdes musicaux à vous faire trembloter la lèvre inférieure. Vous l’aurez compris, on vous interdit formellement de laisser passer ça. Vous avez jusqu’au 6 août. » Les5pièces

« Cette version de Joël Pommerat est une réécriture totale et magnifique, qui joue sur le dit et le non-dit, l’utilité des mots et le danger du malentendu, sans oublier l’humour. C’est une leçon d’écriture, de direction d’acteurs toujours justes, de scénographie (jeux de lumière et d’images vidéo qui habillent la scène vide)… Ce spectacle recèle une beauté qui émeut. » – Telerama

« Mariant la satire sociale et la puissance d’évocation des symboles, il joue des stéréotypes et décale les personnages du dessin encollé dans la mémoire collective : Cendrillon (admirable Deborah Rouach) est ici une gamine aussi décidée qu’énergique, la belle-mère une aboyeuse agitée, frappée de jeunisme et fanatique de la rhétorique de l’action, ses filles, des bécasses prétentieuses, le père, un pleutre aspirant au remariage, la fée, une magicienne amateur déjantée, le roi, un gentil fêtard, et le prince charmant, un adolescent obsédé également par l’absence de sa mère. » La Terrasse

« Avec une délicatesse qui n’exclut pas un certain humour, Pommerat aborde ici une troisième fois, après Le Petit Chaperon Rouge et Pinocchio, les questions graves et vitales de toute enfance. » – Artistik Rezo

« Un décor majestueux qui souligne une narration à la rythmique maîtrisée. Des parures organiques d’Isabelle Deffin à la vidéo fantasmagorique de Renaud Rubiano, tout dans ce spectacle concourt à mêler rêve et réalité, vie et mort. Et on ne vous parle pas de la reprise sensible du « Father and Son » de Cat Stevens par Caroline Donnelly, dont on ne s’est toujours pas remis. Alors si vous l’aviez manqué autrefois, il est grand temps de vous rattraper. Le spectacle est éblouissant. » –  TimeOut

« Selon moi, Cendrillon est le conte des contes, traversé par les thèmes de la méchanceté, du désir et du deuil. C’est la question de la mort qui m’a donné envie de le monter. Peut-être aussi parce que j’aurais aimé, enfant, que l’on me parle ainsi de la mort… » – Interview de Joël Pommerat pour Le JDD

 

Réparer les vivants, d'après le roman de Maylis de Kerangal, Mise en scène Sylvain Maurice, théâtre des Abbesses, revue de presse Pianopanier

3. Au Théâtre des Abbesses, Sylvain Maurice signe une adaptation théâtrale sensible et bouleversante de Réparer les vivants, le roman de Maylis de Kerangal :

« D’entrée, on est happé. Fi du réalisme façon « comme si vous y étiez », avec salle d’opération, chambre d’hôpital et tutti quanti. L’espace est neutre et sombre, tout juste troué, par à-coups, des lumières crues de projecteurs. Le centre est occupé une construction à un étage. En bas, un tapis roulant sur lequel marche, court, halète, un comédien à la fois conteur et interprète de tous les personnages : Vincent Dissiez, évident, fabuleux, en état de grâce. » La Croix

« Eric Soyer, le scénographe et Sylvain Maurice, le metteur en scène ont imaginé un décor en mouvement. Joachim Latarjet, le musicien est juché sur une structure qui encadre un tapis roulant qui fait face au public. Ses sonorités musicales très diverses qui vont du jazz à la pop rythme la quête de Vincent Dissez. Il marche, il court, il bondit, il est haletant, à la fois fragile et énergique. » SceneWeb

« TT – Chez Sylvain Maurice aussi, un seul acteur, Vincent Dissez, est à la manoeuvre pour jouer tous les rôles, toutes les voix intérieures si précisément décrites par la romancière. Celle de Marianne, la mère, lors de son trajet en roue libre vers l’hôpital comme dans son cheminement vers l’acceptation du drame. Celle de Thomas, jeune infirmier passionné de chant baroque qui ne quittera pas d’un pouce le corps de Simon jusqu’à la fin de son voyage. Dissez, dont on apprécie le charme envoûtant, se tient sur scène comme un athlète dans la bataille : en chemise, jean et baskets, il est debout sur un tapis roulant. » –Telerama

« Sobre et épurée, dans une lumière blanche et blafarde, la mise en scène fait entendre tous ces indispensables protagonistes, et s’inscrit dans l’équilibre entre les dimensions médicale, technique, et intime de l’aventure. En hauteur et en arrière-plan, le musicien Joachim Latarjet fait sonner sa guitare comme un flux de jeunesse et un jaillissement d’énergie libre. Entremêlant tragédie intime et questions médicales, l’œuvre est forte et marquante. » – La Terrasse

« Sans aucun accessoire, sans changer même de chemise, dans un enchainement impeccable, Vincent Dissez est le narrateur, mais aussi les soignants, mais aussi les autres protagonistes. Sans jamais glisser du coté des voyeurs ou du mélo bon marché. Dès les premières minutes, la  tension s’installe sur le plateau, et puis s’accélère, jusqu’au dénouement même si l’on ne peut parler de suspense. Du très beau travail. Au soir de la seconde présentation parisienne, c’est debout que le public a applaudi. Pour évacuer son émotion, sans doute ; pour saluer l’humanité du propos, surement. » – L’Humanité

« Sylvain Maurice et Eric Soyer ont conçu un lieu où se dresse un grand portique, une sorte d’arc de triomphe mobile sur rails. Sur sa plate-forme, un musicien, Joachim Latarget, impulse le rythme du jazz. Au sol, l’acteur, Vincent Dissez, dit le texte, le plus souvent en courant, tel l’athlète antique de Marathon. L’action est une course contre la montre, le spectacle un chant d’espoir qui lui aussi lutte contre le temps. » – WebTheatre

Une Vie, Pascal Rambert, Vieux-Colombier, Comédie-Française, revue de presse, Pianopanier, Denis Podalydès, Hervé Pierre, Cécile Brune, Pierre Louis-Calixte, Alexandre Pavlof, Jennifer Decker

Revue de presse 7 juin : Une Vie, Des hommes en devenir et Boxe Boxe

Une Vie, Pascal Rambert, Vieux-Colombier, Comédie-Française, revue de presse, Pianopanier, Denis Podalydès, Hervé Pierre, Cécile Brune, Pierre Louis-Calixte, Alexandre Pavlof, Jennifer Decker

1. Pascal Rambert met en scène Une Vie au Vieux-Colombier, pièce qu’il a spécialement écrite pour six comédiens de la troupe :

– « Il y a de la beauté et du plomb dans l’écriture de Rambert, honoré par pléthore de traductions et de prix, dont, en 2016, celui du Théâtre de l’Académie française. Beauté (un brin épuisante) de la litanie, et de la solitude des personnages, avocats avant tout d’eux-mêmes. Beauté des acteurs aussi, beauté enfin de la pluie plombée de l’égocentrisme et des propos à l’emporte-pièce. » Libération

– « Rambert écrit pour les acteurs, il les jette corps et âme dans la bataille. Avec eux, le passé et le présent, la vie et la mort s’interpénètrent et alimentent l’œuvre et son créateur, objets principaux d’un discours à la fois analytique et sensible sur l’homme et l’existence, avec ses merveilles et ses gratuités dans le propos. » SceneWeb

« L’artiste n’a pas de nom, mais un corps : comme toujours quand il joue, Denis Podalydès est à la fois tout à fait reconnaissable, et ­complètement autre. L’art de la transformation propre à l’acteur prend chez lui une dimension magique : elle s’impose, sans que l’on arrive à percer quelle alchimie l’a produite. » – Le Monde

« Rambert mêle modernité (le théâtre de plateau-radio) et classicisme (l’intervention des fantômes), tragique et burlesque, dialogues incisifs et monologues lyriques. Ballotté, le spectateur rit, s’émeut, s’énerve parfois… Bluffé par la virtuosité de la langue, il peut s’agacer de sa préciosité. S’il se régale, quand l’interviewer titille l’artiste ou se lance dans une folle énumération botanique, il risque de trouver le temps long, lorsque le frère Amer n’en finit pas de déverser sa bile… Mais malgré ces trop-pleins et ces imperfections, il se laisse emporter par le tourbillon d’Une vie. » Les Echos

« L’ensemble est bien mené, non sans quelques longueurs inhérentes à l’écriture de Pascal Rambert, toujours menacé par l’emphase. Sans doute stimulés par une problématique qui les concerne au premier chef, les acteurs se coulent dans leurs personnages avec avidité, à commencer par Denis Podalydès, impressionnant de présence. Une vie d’artiste vue par un artiste, c’est un travail d’artiste. » – Marianne

« En neuf tableaux, cette tentative de recomposer une vie est aussi une sublimation de la langue, que Pascal Rambert défend en privilégiant toujours une relation intime avec ceux qui l’incarnent : « je n’écris pas sur la vie privée des acteurs, j’écris pour leur voix, leur corps, leur énergie, précise-t-il, ce sont des êtres humains, pas des personnages de papier ». En prise directe avec le concret, ce théâtre nous assure de sa force en développant une plasticité du temps, une porosité entre l’art et la vie. » – Artistik’Rezo

« Est-ce parce que le texte a été écrit pour les comédiens, ils sont tous excellents, complices, à l’aise dans leur rôle comme dans un costume familier. Chez Rambert le texte est souvent un peu bavard, mais il impose un style, une écriture moderne et en même temps très littéraire, parfois alambiquée, une singularité de point de vue qu’on retrouve dans la mise en scène. » – WebTheatre

 

Des hommes en devenir, Bruce Machart, Emmanuel Meirieu, revue de presse Pianopanier

2. Emmanuel Meirieu adapte pour la scène Des hommes en devenir de Bruce Marchart, un formidable travail à découvrir au Théâtre Paris-Villette :

« Emmanuel Meirieu plonge ses acteurs dans un grand bain d’émotions. Sur la scène embrumée de nuées et traversée de flashs de lumière, chacun dit son texte face à un micro sur pied – chuchotant, frissonnant, sans jamais sombrer dans le pathos. Des images quasi subliminales (phares de voitures, corps, visages) projetés sur un voile devant la scène créent une atmosphère onirique. » – Les Echos

« Il faudra donc avoir l’estomac bien accroché, ne pas se laisser contaminer par leurs idées noires, leurs destins sans avenir, pour supporter les récits des paumés mis en scène par Emmanuel Meirieu. Surtout qu’ils sont tous grimés, parfois sanguinolents ou porteurs de prothèses. D’aucuns les diraient affreux, sales et méchants. Ils sont d’autant plus saisissants qu’ils sont interprétés par Stéphane Balmino, Jérôme Derre, Xavier Gallais, Jérôme Kircher et Loïc Varraut et, qu’alors même qu’ils évoluent dans une absence de décor, leurs visages géants sont projetés à l’avant de la scène. » Froggy’sDelight

« Ces portraits impeccablement écrits et adaptés nous happent et deviennent une bulle entre fiction et absolue normalité qui questionne la notion de perte, de lien social, de communication. Il n’est pas question de défendre la légèreté à tout prix, mais d’encourager à surprendre, et pourquoi pas à multiplier les tons et les formes pour éviter la lourdeur de s’installer. Lorsqu’on est surpris, lorsque certains fragments nous prennent de court, c’est encore plus beau. C’est dire si Des Hommes en devenir est déjà d’une grande beauté. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« Qu’il s’agisse de la mort du chien, du bébé, du jeune homme… pour tous, c’est gagné. Et l’on en sort lessivé. Les yeux brillants. L’angoisse au ventre. Le plexus en aiguille. Ces Hommes en devenirtémoignent et tentent, on l’a compris de se reconstruire. A la recherche d’une main tendue, d’une écoute charitable, d’un regard de secours. D’une épreuve partagée. A la recherche d’un semblant de nouveau bonheur. Inaccessible sans doute. C’est glaçant mais brillant. » – L’Humanité

« Les cinq comédiens sont les instruments parfaitement accordés et exceptionnellement justes d’un blues métaphysique aux accents déchirants. La rage et la tendresse mêlées de ces êtres terriblement humains les haussent alors à la hauteur de héros tragiques, qui transcendent leur condition en ayant le courage d’en faire le récit. Si notre besoin de consolation est insatiable, ce spectacle en est l’impeccable et hypnotique rappel. » La Terrasse

« Michel Vuillermoz est exceptionnel de virtuosité dans le rôle de Pinglet qui le confronte à la déroute de son stratagème.  Anne Kessler et Florence Viala sont des conjointes étonnantes de candeur et de folie tandis que Laurent Lafitte incarne un Bastien aussi ambigu que maléfique. Quant à Christian Hecq, il est abracadabrantesque de drôlerie dans le rôle de Mathieu, l’ami bègue et crédule flanqué de ses quatre filles. » – Artistik Rezo

« Pour le spectateur, il ne s’agit pas d’une navigation paisible face à ces trajectoires tragiques, mais d’une mise en position de témoin et parfois d’empathie douloureuse avec les personnages, en fonction de son vécu et de son degré de sensibilité. La représentation se déroule dans un espace abstrait, plus ou moins coloré et nuageux sous les lumières, et ponctué de projections vidéo discrètement indicatrices en premier plan, instaurant un climat adapté. » WebTheatre

« Dans les rôles de Ray et Dean, Xavier Gallais s’illustre encore ici comme l’un des plus grands acteurs de sa génération. Les mots ne semblent pas descendre de sa mémoire mais monter en jets saccadés depuis les tripes. Jérôme Kircher et Jérôme Derre partagent cette justesse et la maîtrise suffisante de leur texte pour ne jamais tomber dans l’excès. » –  SceneWeb

 

 

Boxe Boxe Théâtre du Rond-Point Cie Käfig, revue de presse Pianopanier

3. Après plus de 200 représentations autour du monde, la Compagnie Käfig poursuit sa tournée de Boxe Boxe au Théâtre du Rond-Point, un surprenant spectacle de danse :

« Chaque performance s’accompagne d’une magnifique composition musicale orchestrée par le quatuor Debussy, également présent sur scène. Un répertoire globalement classique qui laisse toutefois la place à quelques morceaux de Philip Glass (un kiff intersidéral pour les fans). » Les5pieces

« Les couleurs sont sobres, le ton aussi. Sur ce ring poétique, on propose des images. Même si la musique classique déstabilise parfois, nous empêchant d’apercevoir en son sein le rythme tapé, caractéristique à la danse hip-hop, on est bercé par une bande originale variée et magnifique. Quand enfin le beat traditionnel du genre fait son entrée, on est d’autant captivé. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« TT – Avec un titre qui boxe deux fois, on imagine l’uppercut. Le spectacle de Mourad Merzouki, directeur du Centre chorégraphique de Créteil, se place à la fois sur le terrain du combat et sur celui de la force plastique de la boxe. Sans céder à la violence sanguinolente de ce sport, le chorégraphe hip-hop en offre une vision onirique soutenue par les partitions musicales exécutées live par le Quatuor à cordes Debussy.  » –Telerama

« L’accompagnement musical du Quatuor Debussy se présente de son côté à la fois comme le contrepoint et le compagnon du spectacle, tantôt onirique, tantôt mystérieux, parfois comique, qui se déroule sur le plateau. Ce sont de brèves séquences empruntées à Ravel, Verdi, Mendelssohn, Philip Glass, Henryk Gorecki ou au Schubert du quatuor La jeune fille et la mort. On ne s’ennuie pas un seul instant à cette fête d’interactions entre danse, musique et boxe. » – WebTheatre

« La performance est physique mais également esthétique. Les ruptures de rythmes produisent des effets hypnotiques : les actions ralenties des danseurs mêlées aux lumières de Yoann Tivoli semblent sortir d’un mirage. Les danseurs fantomatiques  avancent sur nous. Le résultat est stupéfiant. » – Etat Critique

« Sur le ring de boxe ou le tapis de danse, l’artiste sue, se bat, s’expose au regard du public, des critiques, de l’arbitre. Il combat ses limites et son adversaire. Solos, duos, mouvements collectifs, Boxe Boxe invite Mohamed Ali et ses sauts dansés. La pièce convoque les fantômes de Laurel et Hardy dans la fantaisie burlesque d’une boxe des débuts, drôle de lutte. » – Artistik’Rezo

Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky, Théâtre de Poche-Montparnasse, revue de presse Pianopanier

Revue de presse 31 mai : Histoire du Soldat, L’Hôtel du libre échange et L’Ombre de Stella

Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky, Théâtre de Poche-Montparnasse, revue de presse Pianopanier

1. Sur la scène du Poche-Montparnasse, 8 musiciens, 3 comédiens et une danseuse donnent vie à l’Histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky :

– « Histoire du soldat est une fable faustienne dans laquelle le jeune soldat qui rentre chez lui tombe sur le diable, qui lui soutire son petit violon en échange d’un livre magique qui apporte au jeune homme candide la fortune, mais pas le bonheur, et s’il rencontre la princesse, tout ne finit pas comme dans un conte. On est rarement aussi heureux au sortir d’un spectacle. Histoire du soldat, ainsi monté est interprété est «élitaire pour tous». Les plus jeunes comme les plus savants, y trouvent leur bonheur. Formidable ! » Le Figaro

– « On passe un moment charmant. Les musiciens ajoutent à leur élégant talent musical une retenue salutaire dans une salle si réduite. La mise en scène de Stéphane Druet est assez simple, un peu didactique, mais elle respecte l’esprit et la lettre de l’œuvre jouée. Une œuvre suffisamment peu montrée pour retenir notre curiosité. » SceneWeb

« T – Le parti pris des costumes rouge garance de 1914, dont tous sont affublés, la solide tenue musicale (Jean-Luc Tingaud et son orchestre-atelier Ostinato, formé de jeunes musiciens), le face-à-face du jeune acteur (Fabian Wolfrom, candide à souhait) et du récitant démiurge (Claude Aufaure, au verbe toujours aussi sonnant sous ses beaux cheveux blancs) sont des plus convaincants. » – Telerama

« Fort judicieusement, Stéphan Druet, qui en assure la mise en scène, n’a pas cédé à la tentation de la recontextualisation afin de conserver la poétique du fantastique attaché à l’ancestral conte russe dont l’oeuvre s’inspire et à sa conception originale de « petit théâtre ambulant » destiné à sillonner les villages. » Froggy’sDelight

« La musique accompagne des aventures qui voient le diable mener le héros par le bout du nez pour le faire toucher du doigt la félicité avant de faire s’effondrer le bel édifice. La pièce est autant divertissante que philosophique et la musique de Stravinsky accompagne idéalement la pièce en lui insufflant un souffle lyrique qui ne laisse pas de répit au spectateur. Emporté dans la douce folie de la pièce, il suit l’Histoire du Soldat avec des yeux d’enfant qui le font s’émerveiller et applaudir à tout rompre à la clôture du spectacle. » – Publik’Art

« L’exceptionnel Claude Aufaure est le narrateur, et ici il fait figure d’auteur en train de construire son histoire en même temps qu’elle se joue. Il dit le texte sur un rythme scandé comme une partition musicale, parfois accompagné du soldat qui le double, accentuant ainsi la musicalité du texte. Fabian Wolfrom incarne joliment l’innocence de la jeunesse et sa crédulité. En opposition, Licinio da Silva est le plus roublard des diables, inquiétant, comique et cabotin. » – WebTheatre

 

2. L’ultime nouvelle production de la saison 16-17 à la Comédie-Française est la mise en scène par Isabelle Nanty de L’Hôtel du libre échange de Feydeau :

« Forte de la virtuosité des comédiens-français, Isabelle Nanty parvient sans peine à tenir le tempo frénétique de la pièce. Avec Anne Kessler (Angélique Pinglet), transformée en hilarante poupée désarticulée, avec Christian Hecq (le cousin Mathieu), qui monte encore d’un cran dans le génie clownesque, elle cherche à tirer le spectacle vers un onirisme burlesque décalé. » – Les Echos

« Derrière ce verni de rire et de tendresse se cache une évidente gravité portée par des êtres qui savent leur monde en chute. Isabelle Nanty n’hésite pas à comparer Feydeau à Tchekhov et, bien que cela puisse être surprenant, sous sa baguette, on comprend pourquoi. » SceneWeb

« Isabelle Nanty signe là un petit bijou de mise en scène. Une mécanique de haute précision. Sans rien désamorcer de la charge au vitriol de Feydeau sur le couple mais en fouillant les personnages, leur donnant une sacré épaisseur, évitant de n’en faire que des pantins vides pris dans une mécanique qui les dépasse, devenue incontrôlable. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« Le décor signé pour la première fois par Christian Lacroix, qui a déjà créé pour la Comédie-Française de nombreux costumes, fait allusion à ce monde extérieur en pleine innovation, avec un vélocipède, mais garde aussi la pièce « dans son jus » avec ses costumes d’époque. » – Le Parisien

« TT -Pourquoi bouder son plaisir ? Dans les ravissants décors et costumes d’époque du styliste Christian Lacroix, les comédiens du Français s’en donnent à cœur joie pour incarner ce vaudeville survolté et sans amour, composé en 1894, où ne règnent que l’obsession de l’argent, le mensonge, la trahison, le goût de la vengeance et l’envie d’adultère… » Telerama

« Michel Vuillermoz est exceptionnel de virtuosité dans le rôle de Pinglet qui le confronte à la déroute de son stratagème.  Anne Kessler et Florence Viala sont des conjointes étonnantes de candeur et de folie tandis que Laurent Lafitte incarne un Bastien aussi ambigu que maléfique. Quant à Christian Hecq, il est abracadabrantesque de drôlerie dans le rôle de Mathieu, l’ami bègue et crédule flanqué de ses quatre filles. » – Artistik Rezo

« La scénographie est belle, harmonieuse et dynamique, joyeuse, rythmée, d’une claire lisibilité, parfaitement accordée à la mise en scène. Les comédiens sont excellents, jamais dans la caricature, au plus près de l’humanité de leurs personnages, pathétiques et risibles dans leurs efforts désespérés pour survivre. Une belle entrée au répertoire pour cette pièce qui connut un succès immédiat en 1894. » WebTheatre

« Toute la société passe dans l’Hôtel du Libre-Échange. Ici, les gens échappent à un statut social dans lequel ils ont été enfermés très jeune. Alors, pour certain, c’est un dernier appel pour ne pas passer à côté de leur vie. » – Isabelle Nanty pour SceneWeb

L'ombre de Stella, Pierre Barillet, Thierry Harcourt, Denis d'Archangelo, Pianopanier, Rond-Point

3. Au Théâtre du Rond-Point, Thierry Harcourt met en scène Denis d’Arcangelo dans L’Ombre de Stella, un monologue de Pierre Barillet :

« Familier des rôles de travesti – créateur notamment du personnage de chanteuse de cabaret Madame Raymonde – Denis D’Arcangelo montre ici l’étendue de son talent. Le comédien se réinvente totalement en Mylène, personnage haut en couleur, certes, mais avant tout femme brisée. Evitant la caricature, il parvient en même temps à faire rire et à émouvoir, transcende les genres, pour incarner un monstre de nostalgie et de désespoir. » Les Echos

« Denis d’Arcangelo, connu pour être « Madame Raymonde » dans les récitals du même nom incarne l’unique rôle de la pièce. Il est une dame d’un certain âge, fidèle « à la vie à la mort » à son amie. Le langage est brut sans être vulgaire, Mylène a la gouaille et ses mots sont fleuris, l’accent titi n’est pas loin et son cœur est immense. » Sceneweb

« Mylène, Denis d’Arcangelo donc. Impérial de gouaille comme toujours. Et ce qui est bien avec Denis d’Arcangelo, formidable et sensible comédien, grande gueule et franc du collier qui masque si peu sa délicatesse sous des atours faubouriens, c’est qu’il n’est jamais travesti. Il reste lui-même, acteur de composition. Acteur avec un grand A. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« T – Le portrait ici dessiné en creux de la capricieuse Stella est un hommage noir, grinçant, plutôt subtil, à toutes ces starlettes oubliées qui ont battu les planches sous l’oeil des nazis et des collabos, d’Alice Cocéa à Corinne Luchaire en passant par Michèle Alfa. Pour laver ce linge plus ou moins propre dont on parle très peu dans la famille théâtrale, D’Arcangelo a tout l’abattage requis. Même s’il n’est ni Jacqueline Maillan ni Sophie Desmarets ! » –Telerama

« Le texte est nerveux, rieur. Il vire parfois trop au récit (Barillet est, avant tout, un dialoguiste) mais la mise en scène de Thierry Harcourt veille au rythme et accélère les émotions et le déroulement de la confidence. Denis d’Arcangelo, qui joue en travesti (c’est sa marque de fabrique depuis Madame Raymonde mais il en a d’autres), évite précisément les pièges du travestissement de music-hall. Il cultive l’ambiguïté du sexe et des sentiments. Il fait rire, il émeut, il est parfait. » – WebTheatre

« Denis D’Archangelo parvient à transcender un texte qui s’avère un modèle du genre en terme de compilation de poncifs et de clichés attachés à certaines actrices, descendantes des danseuses et courtisanes de la Belle Epoque et aieules des starlettes des années 1960, pratiquant le « coucher utile » pour échapper à la mouise à laquelle les vouait leur origine plébéienne. » – Froggy’sDelight

Le Testament de Marie, de Colm Toíbín, m.e.s. Deborah Warner, avec Dominique Blanc - Théâtre de l'Odéon-Europe - photo © Ruth Walz

Presse du 17 mai : Le Testament de Marie et Les Peintres au charbon

Le Testament de Marie, de Colm Toíbín, m.e.s. Deborah Warner, avec Dominique Blanc - Théâtre de l'Odéon-Europe - © Carole Bellaïche

1. Dominique Blanc irradie d’une “humanité bouleversante” dans un Testament de Marie diversement perçu :

« Dominique Blanc incarne Marie avec une sublime vérité et bouleverse le public. Sobriété, humanité, délicatesse : Deborah Warner a réussi le spectacle parfait. Dans un décor stylisé, Dominique Blanc porte toute la douleur de la mère qui a perdu son enfant et se retrouve dépossédée de son amour. Le regard triste, ardent, elle paraît si proche, si humaine, tout en assumant la dignité et la grâce de l’icône. Marie rendue à la terre, aux hommes et à l’effroi du monde : tel est le sens de ce spectacle fulgurant, qui ne cherche pas à choquer les croyants, mais rend simplement son humanité à la femme qui fut au coeur d’un des plus grands mystères de tous les temps. » Les Echos

« Loin de la Vierge iconique et dématérialisée, Dominique Blanc donne à ce corps « fait de souvenirs autant que de sang et d’os » une réalité concrète. Profonde et subtile, faisant passer tous les sentiments, émotions et blessures, dans sa variété de jeu, de la révolte à la douleur, elle interroge l’humanité. » Le Journal du dimanche

« On suit Marie dans son récit très personnel de l’engrenage fatal qui a mené son fils vers la mort. Dans sa bouche, tout est à la fois familier et très différent. Dominique Blanc fait de Marie un personnage infiniment vivant, proche de nous dans son indignation et son chagrin. Bien que profane, le texte de Colm Toibin n’attente nullement au sentiment religieux. Mais elle ouvre au public des strates vertigineuses de réflexion, sur la religion, la fabrication de l’Histoire, le rôle muet dévolu aux femmes, les soubresauts contemporains. Tout, de la mise en scène au jeu virtuose de Dominique Blanc, concourt à en faire une pièce rare. » Le Point

« Marie, c’est Dominique Blanc. Mater dolorosa profane, d’une profondeur, d’une humanité bouleversante. Un jeu d’une grande subtilité, d’une grande profondeur. Deborah Warner signe une mise en scène se jouant de l’iconographie traditionnelle qu’elle détourne avec humour. Elle désacralise sans état d’âme ce qui de loin ou de près participe de la fabrication de l’Histoire officielle, se concentre sur la parole de Marie. C’est cela qui est mis en scène avec un juste dépouillement qui n’est pas austérité. Et ça, cette fable, ce stabat mater, c’est aussi l’histoire contemporaine qui se rappelle à vous sans crier gare. » Un fauteuil pour l’orchestre

« Une mise en scène rythmée, sans effets spectaculaires, en prise directe avec le réel. Avec talent, Dominique Blanc porte ce monologue comme une partition, en délivrant les fractures palpables de cette mère déchirée avec vitalité, densité, et parfois des accents bouleversants. Une évocation de Marie, qui n’a pas pour but de stigmatiser les croyances, mais de faire entendre la profonde humanité d’une femme. » Webthéâtre

« Colm Toíbín a-t-il voulu associer dans ce monologue de 2011 l’image du Christ aux actuels terroristes ? Faire de Marie, leur mère symbolique à tous ? Si assimiler Jésus aux terroristes est absurde, la pièce provoque habilement. Deborah Warner en fait un show surdimensionné. Forcée à d’inutiles virtuosités, Dominique Blanc se défend. » Télérama Sortir

« La nouvelle dont est adaptée la pièce aurait fait scandale il y a cent ans. Aujourd’hui la subversion chatouille tout juste… Si le texte vaut, c’est plutôt pour ses accents terriens, son incarnation dans les détails du quotidien… Ce que la pièce décrit, c’est une rivalité de voix : celles des apôtres, qui souhaitent un récit d’évidences propre à enflammer la croyance, et celle d’une femme en colère, qui n’a vu dans la passion de son fils que «la pire espèce de catastrophe». Seule en scène du début à la fin, Dominique Blanc lui donne très charnellement corps, avec ses grands yeux interloqués et son pas décidé, occupant sans mal tout l’espace. Hélas, la mise en scène, très démonstrative décalque les tableaux connus jusqu’à tourner à vide. Deborah Warner fait très bien appel à l’émotion des spectateurs, mais sollicite un peu moins leur intelligence. » Libération

« Pas de quoi troubler. Encore moins choquer. A priori ce monologue de Colm Toibin a de quoi séduire. Détaché des discours officiels, il invite à un autre regard… Las. Le charme s’épuise vite sous l’effet de trop de lourdeurs et raccourcis faciles. Privé d’un minimum de hauteur et de distance, le texte vire à l’anecdote. Un sentiment renforcé par les effets appuyés de la mise en scène et de la direction d’acteur. Loin d’un jeu en épure qu’elle maîtrise à la perfection, Dominique Blanc s’agite, s’exténuant et exténuant le spectateur dans une vaine course au quotidien. Sans doute, laisse-t-elle, par instants, affleurer une humanité vraie. Trop peu pour convaincre. » La Croix

« Dans une scénographie somptueuse, Dominique Blanc, débit précis et clair, restitue chaque seconde [de cette histoire mythique], avec le calme et la gravité qui lui sont propres. Marie, simple femme qui n’a rien compris à cette révolution mystique, nous interpelle frontalement par le témoignage de sa propre histoire. On peut être très touché par ce texte iconoclaste, qui pulvérise le mythe de Marie et de Jésus par une relecture terriblement actuelle. On peut aussi s’interroger sur l’intérêt de cette narration qui revisite les moments clés de la crucifixion, sans susciter pour autant chez nous plus de surprise ni d’émotion. Sauf à admirer une grande comédienne. » Artistik Rezo

 

Les Peintres au charbon, de Lee Hall, m.e.s Marc Delva, avec le collectif La Cantine - Théâtre 13 - © Suzanne Rault-Balet

1. Au Théâtre 13, Les Peintres au charbon, un conte humaniste mis en scène et interprété avec une belle énergie :

« Un beau conte populaire à la Ken Loach. Dommage que la traduction de Fabrice Melquiot soit si littéraire : on aurait aimé ressentir mieux et plus fort le verbe des mineurs. Reste la mise en scène inventive du jeune Marc Delva — espace bifrontal, tableau-vidéo, toiles transparentes ou blanches… Il place le public au coeur de ce beau conte populaire que les acteurs incarnent avec fièvre. » Télérama

« Une scénographie certes contraignante mais efficace, qui renforce encore l’aspect humaniste du propos. La pièce sait jouer habilement de la corde humoristique sans jamais tomber dans l’outrance ou la caricature. La longue marche vers l’appropriation du geste artistique est nullement décrite comme un chemin bordé de roses. On perçoit au contraire toute la difficulté de la chose, les retours en arrière durables ou non, les frustrations possibles. Mais on voit surtout l’immense ressource créatrice dissimulée au sein de chaque homme pour des raisons tenant plus à la réalité sociale qu’à l’héritage génétique. Le spectacle est bien mené, sans faiblesse ni relâchement. À la fin du spectacle, les mineurs chanteront Working class hero, de John Lennon, hymne de circonstance saluant une épopée humaine qui fait chaud au cœur. » Marianne

« Dans une mise en scène dynamique de Marc Delva, en un temps resserré qui nous embarque sur la dizaine d’années qui vit émerger le mouvement pictural du Ashington Group – groupe de mineurs artistes du milieu du XXe siècle -, les Peintres au charbon réveille le spectateur en lui rappelant que, au-delà de l’accès à l’Art avec un grand A, la colère et l’injustice doivent servir d’outil. Car c’est bien la colère qui pousse ces mineurs à peindre, à s’exprimer, à témoigner. Un moment plus qu’à propos, tenu par une jeune équipe prometteuse. » La Vie

« Le sujet, toujours d’actualité, est intéressant, mais la pièce est longue. Les acteurs surjouent inutilement pour interpréter le prolo d’époque. Le spectacle est plaisant, mais demanderait à être resserré sur les rapports entre les mineurs et l’art. » Télérama Sortir

« C’est une équipe jeune qui s’attaque à cette formidable pièce de l’auteur de « Face de cuillère » ou « La Cuisine d’Elvis ». La plupart n’ont pas l’âge des rôles mais qu’importe. Ils sont tous absolument crédibles en quelques minutes. On retient donc de ce spectacle le bel engagement et l’esprit « fraternel » qui y règne. Malgré des redondances dans le texte un poil bavard de Lee Hall (et c’est là son unique défaut), on ne lâche pas ces attachants comédiens qui défendent avec fougue et talent sur plus de deux heures le destin extraordinaire de ces mineurs anglais dans ce portrait social et engagé. Une bien belle réussite. » Froggy’s delight

« Avec le spectacle du collectif La Cantine, l’on est au cœur de la mine : le sas d’entrée embaume la fumée ou le charbon. L’important est de donner à chaque personnage son caractère, sa différence. Les acteurs savent trouver la rudesse, le sens de l’affirmation, l’émotion sous la carapace, tandis que, dans le rôle du prof, Paul Emile Pêtre exprime à la fois le décalage culturel et la complicité. Les rôles de femmes sont particulièrement bien tenus. La troupe est jeune, manque parfois un peu de technique, mais elle porte l’oeuvre dans la sincérité et la vérité, avec pas mal d’imagination. L’implication de cette troupe a quelque chose de l’engagement dans lequel les mineurs d’Ahington se sont impliqués. D’où un fort sentiment d’authenticité, et une nervosité qui rend la soirée passionnante comme un feuilleton. » Webthéâtre

La journée d'une rêveuse, Copi, Pierre Maillet, Marilu Marini, Pianopanier, Rond-Point

Revue de presse 10 mai : La journée d’une rêveuse, Après la répétition et « 31 »

 

 

La journée d'une rêveuse, Copi, Pierre Maillet, Marilu Marini, Pianopanier, Rond-Point

1. Pierre Maillet reprend au théâtre du Rond-Point La journée d’une rêveuse de Copi, l’histoire d’une femme totalement monopolisée par ses rêves :

– « L’actrice joue les clowns gais et tristes, vole sur la scène avec grâce comme ses personnages rêvés, transforme la mélancolie de Copi en un grand sourire argenté. Et lorsqu’elle se change derrière un rideau de fortune, l’exilée, « l’étrangère », n’hésite pas à brocarder le FN. Copi, c’est l’antithèse des valeurs d’extrême droite : un combat permanent contre les régimes autoritaires, contre les conventions, pour la liberté sexuelle et pour la liberté tout court. » Les Echos

« Il n’est pas un geste, un souffle, un regard, qui ne témoigne, en Marilù Marini, d’un savoir d’instinct porté par l’amour de l’être absolu de l’autre qu’elle joue. Rien de forcé, toutefois, dans son jeu. Tout semble couler de source dans son corps délié par la danse, si ardemment souple, sur son visage aux traits fins, infiniment mobile. » L’Humanité

« T – La rêveuse dont il est question est évidemment le double du chantre et trublion de la cause homosexuelle des années 1970, aristocratique touche-à-tout, dandy moqueur et carnassier. Le spectacle mêle ses textes – pas toujours bien choisis ou trop dilués ici –, raconte la dictature en Argentine comme l’exil en France. » – Telerama

« Alliant sens du burlesque et profondeur, Marilù Marini touche ici à ce qu’il y a de plus précieux dans l’univers de Copi : un rire franc et audacieux, à l’occasion irrévérencieux, qui transperce le réel pour dessiner le chemin d’un ailleurs poétique. Dans la mise en scène au millimètre de Pierre Maillet, cet ailleurs voit se déployer et grandir les accents d’une mélancolie très touchante. » La Terrasse

« Cette pièce étonnante est couplée avec d’autres dont le Río de la Plata, ce qui nous permet de rappeler ici que Copi était argentin, ce qui rime avec fantaisie débridée, mépris de la vraisemblance et goût pour le mauvais goût. Le montage de Pierre Maillet est étourdissant, joyeux, surréaliste, amusant, déjanté, un vrai feu d’artifice. Du pur Copi. » – Les trois coups

« Ce spectacle-hommage est dispensé par Marilú Marini, « comédienne-monstre », qui investit et incarne avec une férocité cannibale la rêveuse, femme seule dans sa grande maison avec ses arbres à melons et son jardin de cadavres. » – Froggy’sDelight

2. Au Studio des Champs-Elysées, la comédie musicale 31 mise en scène par Virginie Lemoine joue les prolongations :

« Stéphane Corbin, le compositeur des neuf chansons accompagne les comédiens au plateau dans une mise en scène tout en finesse de Virginie Lemoine et dans des décors de Grégoire Lemoine qui permettent en clin d’œil de changer d’époque grâce à quelques accessoires qui nous rappellent aussi comment la société a muté technologiquement en l’espace de vingt ans. On passe du téléphone portable à clapet, au bruit strident d’un modem au démarrage à la drague sur minitel : ce sont aussi nos années qui défilent sur scène. » SceneWeb

« On comprend que le studio des Champs-Élysées ne désemplisse pas, même en début de semaine, tant le moment est sympathique. C’est un spectacle de qualité comme on les aime, servi par quatre comédiens-chanteurs Carole Deffit, Valérie Zaccomer, Alexandre Faitrouni et Fabien Richard qui ont tous les quatre beaucoup de métier et de talent. » Le Figaro

« Un autre atout ce sont les chansons composées par Stéphane Corbin (présent pour accompagner les comédiens-chanteurs sur scène) qui livre quelques perles dont le puissant et déchirant « Sous quel arc-en-ciel » chanté par Valérie Zaccomer, justement sur les ravages des années sida. Les chansons ponctuent toutes avec grâce le passage à rebours des années. » Froggy’sDelight

« TTT -Un spectacle extrêmement rythmé et porté par des comédiens de talent campant des personnages plus attachants les uns que les autres. On rit, on s’émeut, et on rit encore. Bravo. » Telerama

« 31 ! est une histoire qui dure 20 ans. Le fil conducteur en est la date du 31 décembre avant les douze coups de minuit de chaque année entre 1979 et 1999 ». Il y a de l’agitation dans ce chœur de filles et garçons qui semblent évoluer dans une meute de non-dits. » Artistik Rezo

Après la répétition, Ingmar Bergman, Nicolas Liautard, La Tempête, Pianopanier

3. Après Scènes de la vie conjugale, Nicolas Liautard propose au Théâtre de la Tempête une adaptation scénique d’un autre film d’Ingmar Bergman, Après la répétition :

« Avec Liautard, l’enchâssement du lien comédienne-metteur en scène avec le lien amoureux signe une mise en scène efficace où on ne veut pas savoir où commence la scène et où commence la vie. Le temps semble comme bloqué par une intrication et des paroles polysémiques et des voix enregistrées. » Toute la Culture

« Nicolas Liautard poursuit ainsi son étude de l’intime, qui puiserait sa vérité dans l’expérience propre des interprètes : les personnages sous les personnes, et les personnes sous les personnages. Cette « confusion », ou indétermination, est à la fois un principe esthétique et la condition du plaisir pour un spectateur devenu témoin. » Sceneweb

« Nicolas Liautard (…) porte à la scène et interprète Henrik pour faire entendre avec ses deux partenaires, Sandy Boizard (Rakel) et Carole Maurice (Anna), ce texte magnifique. Sans effets spectaculaires, ni vidéos illustratives, mais en tendant un fil ténu entre la réalité de vie quotidienne, de l’amour et des sentiments, et de leurs frontières ou porosités dans la construction et l’accomplissement de la création théâtrale. » WebTheatre

« Ingmar Bergman est plus connu pour sa filmographie que comme dramaturge et metteur en scène. Le théâtre était pourtant sa première passion, et on l’en remercie, car on retrouve ici la réflexion de l’auteur sur la représentation et le va-et-vient entre personne et personnage (mais on nous épargne toute considération théorique, dieu merci ). Résultat : on est suspendu à leurs lèvres, dans un ici et maintenant d’une rare intensité. » – Les5pièces

« Sandy Boizard apporte à Rakel son talent, son humanité et sa présence qui dynamisent le plateau. En toute cohérence, Nicolas Liautard est un metteur en scène sobre et adéquat. Carole Maurice interprète Anna. Ingmar Bergman, qui fut autant sinon davantage metteur en scène de théâtre que cinéaste, confiait être lassé par la difficile quête que représente le théâtre, celle d’une interprétation et d’une illusion qui touchent à l’émotion ou la vérité. » La Terrasse

« Pour théâtraliser ce petit biodrame intervenant dans « la grande famille du théâtre », Nicolas Liautard a opté pour une mise en scène clivante en terme de registre, et quasiment sexuée, au demeurant cohérente au regard de la partition « sexiste » de Bergman affirmant la suprématie de l’homme et du metteur en scène. Distanciation pour lui, réalisme humoral pour elles. » – Froggy’sDelight

L'abattage rituel de Gorge Mastromas, de Dennis Kelly, m.e.s. Maïa Sandoz - © Danica Bijeljac

Revue de presse du 3 mai : Votre Maman, L’Abattage rituel de Gorge Mastromas, Eric von Stroheim

Votre Maman, de J.C. Grumberg, m.e.s. Charles Tordjman, avec Catherine Hiegel, Bruno Putzulu, Philippe Fretun et Paul Rias - Théâtre de l'Atelier - photo © Ch. Vootz @ Ch. Vootz

1. Un voyage poignant dans la mémoire, avec Votre Maman, de Grumberg, emporté par une Catherine Hiegel remarquable :

« La pièce est brève, mais elle dit beaucoup. Mise en scène avec justesse, elle commence sur le mode comique grinçant, puis, dans les dernières scènes, on est plongé dans la tragédie de la mémoire qui s’étiole, de la disparition physique et mentale des derniers témoins de la Shoah. Catherine Hiegel est remarquable dans ce rôle ardu. Sans pathos, avec grâce, presque légèreté, elle incarne la fin de vie brouillée d’une femme qui a beaucoup aimé, beaucoup souffert… morte juste avant d’avoir tout oublié. Le dernier échange entre le fils et sa mère nous laisse la gorge serrée. » Les Echos

« La maman en question n’a plus toute sa tête, mais garde de la répartie. Campée par la formidable Catherine Hiegel, elle ne s’en laisse pas conter… On rit à ses frasques, avant que le sourire ne se fige, au fur et à mesure que la pièce file vers son sujet glaçant : les souvenirs épars de la Shoah qui remontent à la surface dans la mémoire trouée de la mère. Vieille dame indigne, rebelle et fragile, Catherine Hiegel est bouleversante dans le rôle de la mère. Une pièce brève et forte. » Le Parisien

« Jean-Claude Grumberg sait dire sans raconter. Dans Votre maman, comme dans ses autres pièces sur le sujet, le passé est là, présent et indicible. … En un instant, [Catherine Hiegel] impose une présence, un personnage, une vie. L’une de nos plus grandes actrices. » Le Monde

« Un spectacle attachant dont la loufoquerie fait fonction de masque pudique, servi par la mise en scène de Charles Tordjman, sobre et parfaitement accordée au rythme du texte et par des comédiens de grand talent. Catherine Hiegel est parfaite dans le rôle de la vieille dame. Le fils est interprété par Bruno Putzulu, très touchant ; il exprime avec justesse le désarroi et la solitude de son personnage… Cette nouvelle collaboration entre Grumberg et Tordjman confirme les affinités électives entre ces artistes qui ont l’art de traiter avec légèreté et grâce les sujets les plus graves. » Webtheatre

« On retrouve l’humour noir de l’auteur servi par des comédiens talentueux et attachants. Bruno Putzulu, ancien pensionnaire de la Comédie-Française, retrouve son ancienne doyenne et circule entre eux une tendresse communicative. Le public rit beaucoup jusqu’au final où les gorges se serrent. Grumberg continue ici son travail sur le devoir de mémoire, tellement nécessaire. » Toute la culture

« Une pièce toute en finesse. Catherine Hiegel et Bruno Putzulu forment un duo mère-fils des plus touchants. Jean-Claude Grumberg, par petites touches délicates et pudiques, drôles et virant à l’absurde, crée une atmosphère toute en vulnérabilité… L’auteur une nouvelle fois écrit sur la thématique qui tisse histoire et intimité, hantise et légèreté, brouillant le temps et l’espace. La mise en scène souligne au plus près les contours de cet univers, qui laisse affleurer l’émotion à travers l’humour et la subtilité. La rencontre entre Catherine Hiegel, d’une finesse sans pathos, et Bruno Putzulu, qui rayonne de tendresse, bouleverse le public. » Artistik Rezo
 

L'abattage rituel de Gorge Mastromas, de Dennis Kelly, m.e.s. Maïa Sandoz - © Danica Bijeljac @ Danica Bijeljac

2. Maïa Sandoz monte avec vivacité L’Abattage rituel de Gorge Mastromas, une comédie grinçante et actuelle :

(à noter, actuellement, par Chloé Dabert, une autre mise en scène du même texte se joue au Rond-Point)

« Dennis Kelly est un esprit féroce qui met face aux réalités du moment. Maïa Sandoz met en scène avec malice. Aurélie Vérillon, fine et vive, est éblouissante. Adèle Haenel, qui aime travailler avec Maïa Sandoz, est, elle aussi, excellente, avec ce mélange de gravité et d’humour qu’elle distille avec délicatesse. Leurs camarades, unis et très personnels, servent avec vivacité le propos. Aussi noire soit l’inspiration de Dennis Kelly, le spectacle ne pèse pas. Il est souvent très drôle. On rit franchement. Maïa Sandoz a le sens des mouvements, des accélérations, des transformations rapides des images. Du théâtre libre, joyeux, enjoué qui repose sur une liberté bien tempérée. » Figaroscope

« Dennis Kelly sait l’art d’éveiller aux turpitudes et au cynisme politique, économique de notre société libérale pas si avancée, qui pervertit volontiers l’individu. Maïa Sandoz a monté musicalement le texte à la structure éclatée, où le temps n’existe plus, où la forme labyrinthique reste énigmatique. Elle a opté pour un chœur d’acteurs, où les voix plurielles racontent, comme dans un kafkaïen procès, ce drôle de personnage tragique… Les acteurs jouent collectif et bien. On ne peut s’empêcher d’aimer particulièrement Adèle Haenel, farouche et rebelle. » Télérama Sortir

« Cette pièce permet de voyager à l’intérieur de l’incarnation et de la mise à distance, offrant une grande richesse de déploiement aux interprètes. »
entretien avec Maïa Sandoz La Terrasse

« La personnalité polymorphe de George est distribuée entre six acteurs, comme un chœur antique, qui font tourner la parole de sa biographie… Sur un plateau tournant, tel un ring, se déroulent des affrontements, professionnels, amoureux, familiaux… Abattage ? Oui, le sang coule, balafre les victimes, tache les mains. Indélébile. …le rire peut fuser, complice, amer, coupable de participer de cette mascarade généralisée qu’est notre société. Spectacle efficace, sans temps mort, d’une santé dérangeante propre à déciller les aveuglements contemporains. » Spectacles Sélection

« La forme est très jubilatoire pour les comédiens. Elle est chorale. Les comédiens, galvanisés, sont excellentissimes. Aurélie Vérillon, idéal Tanagra, possède une très forte présence et un sens des nuances, des passages, tout à fait impressionnant. Adèle Haenel que l’on avait vue déjà excellente, entre les mains de Maïa Sandoz, possède le charme et la fantaisie qui conviennent. Les garçons aussi sont tous engagés, audacieux, libres et rigoureux à la fois, tous. On rit beaucoup. La pièce est très allègre, mais répétons-le très cruelle. Un théâtre d’aujourd’hui dans le fond comme dans la forme. Rare, si rare ! » Le Grand Théâtre du Monde, Armelle Héliot
 
Eric von Stroheim, de Christophe Pellet, m.e.s. Stanislas Nordey, avec Emmanuelle Béart, Thomas Gonzalez, Laurent Sauvage - Théâtre du Rond-Point - © J.L. Fernandez @ JL Fernandez

3. Stanislas Nordey met en scène au Rond-Point, Eric von Stroheim, de Christophe Pellet, trio troublant :

« Stanislas Nordey magnifie l’audacieux poème érotique de Christophe Pellet. Cru, porté par un trio de feu, le spectacle bouscule et bouleverse. Le jeu puissamment distancé des comédiens décuple la force des mots. La pièce devient opéra des sens, porté par trois acteurs en apesanteur. Laurent Sauvage émeut dans la peau du « harder » fatigué. Thomas Gonzalez a l’allure d’un dieu grec, venu sur terre pour se frotter à la nature, à la vie. Emmanuelle Béart est sublime en maîtresse-femme blessée, mélange d’autorité, de tristesse et de sensualité. On ne sort pas indemne de ce court spectacle énigmatique et troublant. » Les Echos

« Portés par une mise en scène formidable, les trois comédiens rayonnent. La langue, démonstrative ou elliptique, fait toujours à elle seule spectacle. Comme dans le meilleur du grand répertoire. Pellet cherche. Nordey cherche. Ses acteurs cherchent. Et leur quête partagée rayonne. Tous trois ont choqué, troublé, fasciné, apaisé le public. Avec un lyrisme, une émotion qu’on n’avait encore jamais vus dans les spectacles de Stanislas Nordey, en pleine maîtrise d’un art électrique et fulgurant. Et ce lyrisme-là emporte et embrase. » Télérama

« Comme souvent dans le théâtre de Stanislas Nordey, il y a les mots, la densité de l’écriture. Pourtant, dans « Erich von Stroheim », c’est autre chose qui marque de son empreinte les enjeux de la représentation. C’est un corps. Le corps nu du jeune acteur Thomas Gonzalez. Il impose sa présence physique au sein d’une scénographie alliant dépouillement et monumentalité. On est loin, dans cette mise en scène d’une grande intelligence, des recettes éculées qui dévêtissent certains interprètes pour provoquer les rires ou mettre à mal les pudeurs. La nudité que convoque ici Stanislas Nordey est ample, exigeante, agissante. Stanislas Nordey trouve le point d’équilibre entre stylisation et corporalité. Son « Erich von Stroheim » regorge d’une puissance insolite. » La Terrasse

« La pièce est violente, âpre et audacieuse, elle dérange, taraude et questionne. Le propos est radical, le texte parfois cru. La mise en scène tendue de Stanislas Nordey renforce le poids des mots. Enchâssé, sinon écrasé par le décor spectaculaire qui s’ouvre et se referme comme un objectif, le texte accuse ses (quelques) fragilités mais le huis clos y résonne obstinément. Formidablement présente et engagée, Emmanuelle Béart incarne cette femme dominatrice avec une force magistrale face à ses deux valeureux partenaires. » Le Journal du Dimanche

« Stanislas Nordey cadre le désert sentimental de ce trio sexuel dans la démesure lyrique de deux immenses battants qui s’ouvrent et se ferment en n’embrassant que des espaces vides. Le strip-tease des âmes s’avère une voie sans issue, une fabrique de coquilles creuses, qui dénonce notre monde de la marchandisation… La désillusion est sans appel pour ceux qui osent tomber le masque. Romantiques s’abstenir. » Les Inrocks

« Une écriture incisive, âpre, violente, rythmée. Un poème noir, à l’humour féroce et à la langue fragmentée qui interroge en creux le monde d’aujourd’hui, la relation à l’autre, le désir et le travail. Il questionne aussi l’enfance fracassée et la perte d’innocence. Stanislas Nordey orchestre d’un geste sûr et puissant cette danse de mort dont la fureur des mots magnifiquement rendus, résonne de cette compromission impossible. Des corps qui habitent la langue et une langue qui percute le corps, telle est la partition que servent à merveille les trois comédiens dans un abandon aussi troublant que poignant. Bravo. » Publik’Art

Baal, Bertolt Brecht, Christine Letailleur, Théâtre de la Colline, Pianopanier

Revue de presse 26 avril : Baal, Songes et métamorphoses, Trois précédé de un et deux

Baal, Bertolt Brecht, Christine Letailleur, Théâtre de la Colline, Pianopanier

1. La mise en scène par Christine Letailleur au Théâtre de la Colline de Baal, l’une des oeuvres de jeunesse de Bertolt Brecht, ne convainc pas la critique :

 » Si on met de côté le trio formé par Stanislas Nordey, Vincent Dissez et le jeune Youssouf Abi-Ayad (Johannes) qui, fort des singularités de chacun, trouve le juste ton, les huit autres comédiens flottent dans un entre-deux maniéré. L’abus de cris (ponctués de quelques ricanements démoniaques) n’arrange rien à l’affaire. » Les Echos

« Le spectacle n’est pas assez sulfureux. Il est froid et décousu. Christine Letailleur fait jouer les comédiens sur le ton de la tragédie. C’est souvent assez insupportable. Le plateau dépouillé devrait permettre à la poésie de Brecht de remplir l’espace. Ce n’est pas le cas. » » Sceneweb

« La scénographie a beau être fort léchée, elle ne sauve pas le spectacle d’un déséquilibre lié à l’hypertrophie du rôle de Baal, comme si ce dernier faisait subir à la pièce le même sort que ceux qu’il humilie au fil du temps. » Marianne

« Et c’est un Baal surprenant, notamment pour ceux qui ont vu le film réalisé par Volker Schlöndorff en 1969, et dans lequel Rainer Werner Fassbinder jouait le côté bestial et jouisseur de Baal avec une violence opaque et dérangeante. Stanislas Nordey n’a a priori ni le physique ni l’âge du rôle, avec son allure christique de grand jeune homme de 50 ans. » Le Monde

« La qualité de la mise en scène tient dans les couleurs somptueuses et tragiques des cieux à l’arrière-plan et dans le jeu d’ombres chinoises portées par les personnages sur les décors dépouillés, tout cela accompagné d’un subtil bruitage de vent. » – La Croix

« Surchargée d’élans d’exaltation, d’effets d’opacité et de clairs-obscurs, cette mise en scène de Baal n’offre que très peu d’espace à de possibles ambivalences. Elle nous enferme dans une vision plus sombre que sombre de la pièce. Une vision monocorde qui génère des longueurs et quelques passages à vide. » La Terrasse

« On peut récuser le nihilisme iconoclaste et irrévérencieux de la pièce. On peut sourire de la figure au romantisme un peu morbide de l’écrivain maudit. On ne peut être insensible au souffle poétique de la langue de Brecht dans ce Baal (1919). On sera séduit par la mise en scène puissante et sobre, à sa façon, de Christine Letailleur, et par la performance de Stanislas Nordey. » – Les trois coups

« Si l’on est hermétique au jeu très physique de Stanislas Nordey, à sa gestuelle prévisible et à sa manière bien particulière de dire un texte, on n’ira sans doute pas jusqu’au bout des 2 h 30 de son quasi « seul en scène ». On pourra, au contraire, être fasciné par son infatigable conviction à porter les mots des grands auteurs. » – Froggy’sDelight

« Stanislas Nordey est un interprète exceptionnel qui ne donne jamais le sentiment de jouer. Il est ce Baal en rupture, aimant et odieux parfois, fuyant toujours on ne sait quelle vérité sur lui-même qu’il ne veut absolument pas voir. Certaines scènes sont plus bouleversantes que d’autres. Celles avec la mère, notamment, et celles de la solitude, de l’abandon à la mort. Il y a dans Baal quelque chose de Woyzeck, quelque chose d’une tragédie du sacrifice. » – Le Figaro

 

Songes et Métamorphoses, Guillaume Vincent, Ateliers Berthier, Odéon Théâtre de l'Europe, revue de presse, Pianopanier

2. Aux Ateliers Berthier de l’Odéon, Guillaume Vincent propose une variation spectaculaire autour du Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare et des Métamorphoses d’Ovide :

« La forme flamboyante n’empêche pas d’aborder les questions de fond : l’âpreté de l’existence, l’art et l’amour qui transcendent les genres, la violence des sentiments… Le metteur en scène insuffle une envie sauvage à ses comédiens, tous excellents : des plus jeunes (Elsa Agnès, Elsa Guedj, Hector Manuel, Makita Samba), aux plus aguerris – tel Gérard Watkins, époustouflant en Puck survolté. » Les Echos

« Paradoxalement, dans les deux parties du spectacle, même si ces scènes restent efficaces (elles le sont dans leur principe même), les moments où l’on voit les acteurs répéter ou donner un spectacle finissent par tomber à gros sabots dans ce qu’elle dénoncent : un chapelet de poncifs ou de gags attendus. Enfin, le montage zapping de l’ensemble bloque le souffle de la mise en scène qui en manque donc. » Le Blog de Mediapart

« On rit, on tremble, les yeux écarquillés. On se laisse ainsi transporter par les décors magnifiques, les transitions ingénieuses et surprenantes, les chants envoûtants, comme des enfants à qui on raconte une vieille histoire. Une histoire un peu terrifiante, un peu datée, mais dont on sent la force qui traverse le temps. C’est beau, c’est grand, c’est spectaculaire, proche de nous et haut aussi, très haut. » Les trois coups

« Guillaume Vincent s’inspire des comédiens de fortune du Songe, en rendant hommage au théâtre amateur : Narcisse est joué par des enfants ; de jeunes comédiens se glissent dans la peau de faux lycéens pour interpréter Myrrha. On assiste à un « work in progress » qui oscille sans cesse entre répétition et représentation, monde réel et monde magique. La scénographie, ingénieuse, joue de cette ambiguïté – un mélange de MJC et de Palais des mirages. » Les Echos

« Ces questions, qui hantent notre théâtre contemporain et auxquelles il ne donne pourtant jamais de réponse, sont trop souvent la seule chose qui nous reste à la sortie des salles. Mais ce qui fait la réussite de ce « Songes et métamorphoses », c’est qu’en plus de son succès à les illustrer à travers la complexité de son écriture et la grande cohérence de sa forme, on y prend à bras-le-corps la joie, l’amour, la tristesse ou la colère. » I/O Gazette

« Suivant la plume du metteur en scène qui montre parfaitement au passage combien peuvent nous parler encore et toujours aujourd’hui les récits classiques d’Ovide, le spectacle saute de représentation théâtrale en work in progress avec une habileté et une fluidité consommées, et compose en même temps une fête, une parenthèse de liberté, un moment où l’on peut regarder le monde dans son désordre dionysiaque, et une véritable ode au théâtre, à un art qui s’adresse autant à l’innocence de l’enfance qu’aux tréfonds les plus sombres de la psyché. » La Terrasse

Trois précédé de un et deux, TGP, Mani Soleymanou, revue de presse Pianopanier

 

3. Trois, précédé de un et deux, la géniale trilogie du québécois d’origine iranienne Mani Soleymanlou se joue au Tarmac jusqu’au 29 avril :

« La pièce brasse les idées, parfois aussi les clichés, n’évite pas quelques raccourcis, mériterait d’être un peu resserrée, mais elle est honnête, habile et ne fait jamais douter des bonnes intentions de ses auteurs. » SceneWeb

« La démarche est passionnante. En ces temps troublés et inquiets où nos repères se dissolvent, cette aventure, belle et enthousiasmante, est traversée d’une vitalité revigorante et nous invite à penser le monde. » WebTheatre

« L’ingéniosité de ce dispositif est malheureusement une des seules vraies qualités (la scénographie en est une autre) de ce qui prend vite les traits d’une inoffensive comédie «feel good». Un registre qui n’a rien de problématique en lui-même si l’auteur n’avait eu d’autres ambitions. Au rang desquelles : créer une odyssée drôle et émouvante sur la diversité culturelle et discourir sur une quête des origines qu’il juge visiblement nécessaire (au point de friser l’injonction).  » Libération

« Un, deux, trois, Go au TGP car il ne faut absolument pas manquer cette pièce. Si vous hésitez encore un tout petit peu , sachez qu’il est assez rare d’assister à une standing ovation, et que ce fut le cas. » – Les5pièces

« Il y a d’abord Un, monologue autofictif. Puis il y a Deux, duo avec le Québécois Emmanuel Schwartz. Il y a enfin Trois, qui réunit trente-cinq interprètes issus d’horizons divers. » La Terrasse

« L’instrumentalisation politique de la question identitaire a transformé cette quête humaine en un terrain miné, mais nous l’arpentons avec dérision et humour. » – Mani Soleymanlou pour La Terrasse

Ubu, Alfred Jarry, Olivier Martin-Salvan, Bouffes du Nord, © Sébastien Normand

Revue de presse du 19 avril : Ubu, Biopigs, Bajazet

Ubu, Alfred Jarry, Olivier Martin-Salvan, Bouffes du Nord, © Sébastien Normand @Sébastien Normand

1. Un Ubu survolté aux Bouffes du Nord :

« La farce potache d’Alfred Jarry peut paraître désuète, difficile à lire pour un théâtreux du XXIe siècle, et pourtant « Ubu » tient le coup… La saga de ce roi crétin, qui tue tout le monde, reste un manifeste « anar » et antitotalitaire efficace. Et surtout, elle constitue un formidable matériau de théâtre. Le jeu burlesque, sans temps mort, orchestré par un Olivier-Ubu survolté décuple l’humour farcesque. Les gags font mouche. Nos cinq musclés jouent la carte de l’absurde, de la gaudriole, du mauvais goût assumé, sans sombrer dans la grossièreté. Gesticulant et transpirant une heure durant, ces marionnettes nous ont bien divertis, en faisant un sort aux champions de la tyrannie. » Les Echos

« Les cabrioles de cette séance d’aérobic en folie, éclairent des répliques que l’on croirait taillées pour Trump et Madame. Quel homme cet Olivier [Martin-Salvan] ! Ce qui est le plus frappant, c’est sa légèreté. Il en joue, s’en joue. » Figaroscope

« Structure scénique légère, comédiens survoltés aux dégaines d’hurluberlus… Le metteur en scène Olivier Martin-Salvan adapte les pièces d’Alfred Jarry avec rage et drôlerie. Ce que la pièce peut avoir de théorique dans sa déstructuration affichée est renouvelé dans une forme joyeuse qui dégraisse et dynamise le texte. On rit face à ces comédiens aux dégaines d’hurluberlus, aux mimiques insensées, aux yeux terrorisés. On retrouve son effronterie enfantine. En s’amusant de la pièce, Oliver Martin-Salvan et sa bande lui ont rendu d’irrésistibles nerfs. » Télérama

« Comme dans un combat de boxe, tout va très vite et les coups fusent. Face à cette farce irréelle ayant le don de s’éterniser à grande vitesse, on se sent évidemment amusé, peut-être lourdement diverti mais, aussi, étrangement captivé, saisi de ne pouvoir s’empêcher de penser aux plus ubuesques des dirigeants actuels, à commencer par Donald Trump… A la fois tenue et défoulée, rigoureuse et déjantée dans sa forme, cette performance restera dans les annales des innombrables variantes offertes au mythique despote. » Le Journal du dimanche

« Avec cette farandole de corps hurlants et dégoulinants, les comédiens repoussent la limite du grivois, titillant la limite du supportable et réaffirmant la cruauté de ce personnage immonde. Emportés par leurs gémissements et les éclats de rire du public, on passe un moment des plus absurdes, et on applaudit la troupe pour son énergie et sa folie de rigueur. » La Vie/span>

« L’enjeu est de pouvoir représenter l’avidité guerrière du pouvoir dans son entêtement, dans cette tension entre grotesque et cruauté, entre farce potache et quête pulsionnelle et tragique. L’univers choisi permet de mettre en scène la méchanceté des jeux d’enfance – et Ubu est à maints égards un grand enfant -, la puissance des pulsions, le goût irrépressible du pouvoir et une forme d’abrutissement radical. Mais une fois passés l’effet de surprise et ses ressorts, ce qui prend le pas sur tout le reste, c’est la gesticulation et sa répétition lassante. La scène finale que l’on n’espère pas prophétique a beau avoir un certain style, l’exercice a ses limites et, au fil du spectacle, la métaphore perd de sa vigueur. » La Terrasse

Biopigs, cie Zerep, Rond-Point

2. Au Théâtre du Rond-Point, Biopigs, spectacle farfelu, dont la folie vivifiante peut tourner à l’exercice de style ultra-référencé :

« L’heure est au kitsch avec ce spectacle farfelu écrit par la folle compagnie du Zerep. La performance, haute en couleur, s’ouvre ainsi dans un déluge de costumes et de perruques face à une sorte d’immense sculpture représentant vaguement la silhouette dégoulinante de Jabba the Hut. Une performance survoltée. » Time Out

« Ils ne sont que trois pour faire défiler une galerie de personnages fantasques. A force de perruques et de pirouettes, ils réinventent — encore mieux que d’habitude — un art jouissif du clown pour dire que notre monde est une farce. » Télérama Sortir

« Spectacle sans queue ni tête comme sait en faire la compagnie du Zerep, Biopigs est tellement déroutant qu’il risque de vous perdre en route. Il y a des moments hilarants mais aussi des chorégraphies répétitives et beaucoup de passages où le sens de l’humour à la fois absurde et référencé de Xavier Perez et Sophie Boussiron perd le spectateur. Tout n’est pas réussi. Et la succession de saynètes instaure un rythme soutenu et une forme de zapping où la vitesse d’enchaînement fatigue quelque peu l’attention. » La Terrasse

« Une caricature un peu vaine. Rompus à la pratique du mauvais esprit, jusqu’au malaise, le duo d’agités formé par Sophie Perez et Xavier Boussiron depuis une quinzaine d’années officie au croisement du spectacle vivant et des arts plastiques. Sous des applaudissements mécaniques a lieu un déboulonnage en règle des vieilles lunes du théâtre contemporain, de Chéreau à Nordey, et d’un esprit de sérieux qui plombe parfois le répertoire comme l’institution. L’actualité récente l’a montré, notre besoin de caricature est inextinguible, tout comme la mise en perspective critique et le dynamitage. Une fois établi, ce constat ricanant et un peu vain signale peut-être pour la compagnie du Zerep l’épuisement d’un système, surtout quand la création collective menace à tout moment d’engloutir la verve des trois interprètes, inaudibles. » Libération

« Biopigs est conçu comme la succession de fin de spectacle que focalisent les saluts faussement improvisés et la réception des applaudissements. Le tout est estampillé de l’humour provocateur et référencé de Sophie Perez et Xavier Boussiron dans une énergie aussi furieuse que généreuse. A l’abri d’une esthétique baroque et outrancière qui renvoie à l’envers du décor, la compagnie du Zerep éprouve pour mieux s’en moquer mais aussi les revisiter, les formes de la représentation théâtrale. Un geste salutaire. » PublikArt

« Habituée du grand n’importe quoi, avec « Biopigs », la compagnie du Zerep ne déçoit pas : costumes kitsch à souhait, scènes trash et humour caustique, tous les ingrédients sont réunis pour concocter un cabaret déjanté dont seuls Sophie Perez et Xavier Boussiron ont le secret. Hommage, critique, parodie ou moquerie ? On hésite tant la compagnie se fait un malin plaisir à déjouer les codes du genre, à tordre le cou au bon goût… Nombreux sont, en effet, les moments hilarants dans Biopigs. Mais, s’il est bien connu que la culture c’est comme la confiture, l’étalage et l’accumulation de références a de quoi désorienter le spectateur… A la fin, toute en queue de poisson, les applaudissements du public – le vrai, cette fois-ci – paraissent bien timides comparés à ceux qui ont ponctué la représentation. Signe peut-être du sentiment de lassitude face à un tel zapping… » Toute la culture

 

Bajazet, Racine, m.e.s. Eric Ruf, Vieux Colombier, Comédie-Française

3. Au Vieux-Colombier, Eric Ruf présente Bajazet, de Racine :

« La situation politique est assez confuse, mais on ressent bien les forces, la fureur, la haine et l’amour qui lient les personnages. Dans sa mise en scène, Eric Ruf utilise des armoires de bois pour délimiter le cœur du sérail, lieu intime. L’ensemble est bien mené. Clotilde de Bayser (Roxane) et Denis Podalydès (Acomat) sont excellents. » Télérama Sortir

« Tout n’est que grâce, suggestion, fantasme, aveu arraché ou consenti. Les acteurs de cette tragédie sont portés par la fluidité de l’alexandrin racinien qui rajoute une touche de poésie dans une histoire où Atalide et Bajazet sont les seuls êtres mus par d’autres sentiments que la volonté de pouvoir. » Marianne

« La scénographie sert parfaitement la mise en scène minutieuse, propice à l’exposition d’une tragédie dont l’authenticité exotique sert de miroir à une Cour occidentale semée, elle aussi, de chausse-trapes. Où conduisent le pouvoir jaloux d’Amurat, l’ambition traitresse d’Acomat, l’amour contrarié de Bajazet, la jalousie morbide de Roxane et l’amour inconditionnel d’Atalide sinon à la destruction ? Leur état d’esprit, à son paroxysme dès le début, se déploie et s’enflamme, chaque acte ponctué par quelques mesures de musique. Pas le moindre ennui, pris que nous sommes par le déroulement des actes dévastateurs commis, et la tragique fatalité du dénouement. » Spectacles Sélection

« Comme à son habitude, Racine déploie ici la ferveur magnifique d’un texte qui déshabille les passions. Dans cette pièce rarement donnée, Clotilde de Bayser et Denis Podalydès sont éblouissants de maîtrise et de vérité scénique. Eric Ruf, qui signe ici la mise en scène et le décor, crée une atmosphère austère et douce à la fois, que les costumes de Renato Bianchi, longues robes souples et fuselées et costumes contemporains, rendent intemporelle. Entendre ce texte vibrant d’émotions réfrénées et explosives, c’est une expérience délibérément salutaire et réjouissante. » Artistik Rezo

« C’est pour remplacer « La Cruche cassée », déprogrammée après la défection du metteur en scène, que l’administrateur du Français a choisi de monter au débotté « Bajazet ». Avec la même distribution que celle prévue pour la pièce allemande. Les comédiens-français, habitués à l’alternance, se sont coulés dans le moule et le spectacle proposé apparaît abouti. Classique, élégant, il ne nous a pas fait vibrer pour autant. Dans sa scénographie, Eric Ruf a su rendre avec justesse l’atmosphère de « huis clos » du sérail. Les comédiens évoluent avec précaution dans ce précieux capharnaüm, magnifié par un saisissant clair-obscur. Denis Podalydès, fabuleux dompteur de texte, apprivoise et soumet les alexandrins… Mais faute d’une intensité réellement partagée, le spectacle ne parvient pas à captiver. De belles images et l’inspiration de Denis Podalydès ne suffisent pas à assurer le triomphe de « Bajazet ». » Les Echos

« La mise en scène d’Éric Ruf est alourdie d’une scénographie conceptuelle. Et la tragédie se perd dans les détails. » Le Figaro