Le Testament de Marie, de Colm Toíbín, m.e.s. Deborah Warner, avec Dominique Blanc - Théâtre de l'Odéon-Europe - photo © Ruth Walz

Presse du 17 mai : Le Testament de Marie et Les Peintres au charbon

Le Testament de Marie, de Colm Toíbín, m.e.s. Deborah Warner, avec Dominique Blanc - Théâtre de l'Odéon-Europe - © Carole Bellaïche

1. Dominique Blanc irradie d’une “humanité bouleversante” dans un Testament de Marie diversement perçu :

« Dominique Blanc incarne Marie avec une sublime vérité et bouleverse le public. Sobriété, humanité, délicatesse : Deborah Warner a réussi le spectacle parfait. Dans un décor stylisé, Dominique Blanc porte toute la douleur de la mère qui a perdu son enfant et se retrouve dépossédée de son amour. Le regard triste, ardent, elle paraît si proche, si humaine, tout en assumant la dignité et la grâce de l’icône. Marie rendue à la terre, aux hommes et à l’effroi du monde : tel est le sens de ce spectacle fulgurant, qui ne cherche pas à choquer les croyants, mais rend simplement son humanité à la femme qui fut au coeur d’un des plus grands mystères de tous les temps. » Les Echos

« Loin de la Vierge iconique et dématérialisée, Dominique Blanc donne à ce corps « fait de souvenirs autant que de sang et d’os » une réalité concrète. Profonde et subtile, faisant passer tous les sentiments, émotions et blessures, dans sa variété de jeu, de la révolte à la douleur, elle interroge l’humanité. » Le Journal du dimanche

« On suit Marie dans son récit très personnel de l’engrenage fatal qui a mené son fils vers la mort. Dans sa bouche, tout est à la fois familier et très différent. Dominique Blanc fait de Marie un personnage infiniment vivant, proche de nous dans son indignation et son chagrin. Bien que profane, le texte de Colm Toibin n’attente nullement au sentiment religieux. Mais elle ouvre au public des strates vertigineuses de réflexion, sur la religion, la fabrication de l’Histoire, le rôle muet dévolu aux femmes, les soubresauts contemporains. Tout, de la mise en scène au jeu virtuose de Dominique Blanc, concourt à en faire une pièce rare. » Le Point

« Marie, c’est Dominique Blanc. Mater dolorosa profane, d’une profondeur, d’une humanité bouleversante. Un jeu d’une grande subtilité, d’une grande profondeur. Deborah Warner signe une mise en scène se jouant de l’iconographie traditionnelle qu’elle détourne avec humour. Elle désacralise sans état d’âme ce qui de loin ou de près participe de la fabrication de l’Histoire officielle, se concentre sur la parole de Marie. C’est cela qui est mis en scène avec un juste dépouillement qui n’est pas austérité. Et ça, cette fable, ce stabat mater, c’est aussi l’histoire contemporaine qui se rappelle à vous sans crier gare. » Un fauteuil pour l’orchestre

« Une mise en scène rythmée, sans effets spectaculaires, en prise directe avec le réel. Avec talent, Dominique Blanc porte ce monologue comme une partition, en délivrant les fractures palpables de cette mère déchirée avec vitalité, densité, et parfois des accents bouleversants. Une évocation de Marie, qui n’a pas pour but de stigmatiser les croyances, mais de faire entendre la profonde humanité d’une femme. » Webthéâtre

« Colm Toíbín a-t-il voulu associer dans ce monologue de 2011 l’image du Christ aux actuels terroristes ? Faire de Marie, leur mère symbolique à tous ? Si assimiler Jésus aux terroristes est absurde, la pièce provoque habilement. Deborah Warner en fait un show surdimensionné. Forcée à d’inutiles virtuosités, Dominique Blanc se défend. » Télérama Sortir

« La nouvelle dont est adaptée la pièce aurait fait scandale il y a cent ans. Aujourd’hui la subversion chatouille tout juste… Si le texte vaut, c’est plutôt pour ses accents terriens, son incarnation dans les détails du quotidien… Ce que la pièce décrit, c’est une rivalité de voix : celles des apôtres, qui souhaitent un récit d’évidences propre à enflammer la croyance, et celle d’une femme en colère, qui n’a vu dans la passion de son fils que «la pire espèce de catastrophe». Seule en scène du début à la fin, Dominique Blanc lui donne très charnellement corps, avec ses grands yeux interloqués et son pas décidé, occupant sans mal tout l’espace. Hélas, la mise en scène, très démonstrative décalque les tableaux connus jusqu’à tourner à vide. Deborah Warner fait très bien appel à l’émotion des spectateurs, mais sollicite un peu moins leur intelligence. » Libération

« Pas de quoi troubler. Encore moins choquer. A priori ce monologue de Colm Toibin a de quoi séduire. Détaché des discours officiels, il invite à un autre regard… Las. Le charme s’épuise vite sous l’effet de trop de lourdeurs et raccourcis faciles. Privé d’un minimum de hauteur et de distance, le texte vire à l’anecdote. Un sentiment renforcé par les effets appuyés de la mise en scène et de la direction d’acteur. Loin d’un jeu en épure qu’elle maîtrise à la perfection, Dominique Blanc s’agite, s’exténuant et exténuant le spectateur dans une vaine course au quotidien. Sans doute, laisse-t-elle, par instants, affleurer une humanité vraie. Trop peu pour convaincre. » La Croix

« Dans une scénographie somptueuse, Dominique Blanc, débit précis et clair, restitue chaque seconde [de cette histoire mythique], avec le calme et la gravité qui lui sont propres. Marie, simple femme qui n’a rien compris à cette révolution mystique, nous interpelle frontalement par le témoignage de sa propre histoire. On peut être très touché par ce texte iconoclaste, qui pulvérise le mythe de Marie et de Jésus par une relecture terriblement actuelle. On peut aussi s’interroger sur l’intérêt de cette narration qui revisite les moments clés de la crucifixion, sans susciter pour autant chez nous plus de surprise ni d’émotion. Sauf à admirer une grande comédienne. » Artistik Rezo

 

Les Peintres au charbon, de Lee Hall, m.e.s Marc Delva, avec le collectif La Cantine - Théâtre 13 - © Suzanne Rault-Balet

1. Au Théâtre 13, Les Peintres au charbon, un conte humaniste mis en scène et interprété avec une belle énergie :

« Un beau conte populaire à la Ken Loach. Dommage que la traduction de Fabrice Melquiot soit si littéraire : on aurait aimé ressentir mieux et plus fort le verbe des mineurs. Reste la mise en scène inventive du jeune Marc Delva — espace bifrontal, tableau-vidéo, toiles transparentes ou blanches… Il place le public au coeur de ce beau conte populaire que les acteurs incarnent avec fièvre. » Télérama

« Une scénographie certes contraignante mais efficace, qui renforce encore l’aspect humaniste du propos. La pièce sait jouer habilement de la corde humoristique sans jamais tomber dans l’outrance ou la caricature. La longue marche vers l’appropriation du geste artistique est nullement décrite comme un chemin bordé de roses. On perçoit au contraire toute la difficulté de la chose, les retours en arrière durables ou non, les frustrations possibles. Mais on voit surtout l’immense ressource créatrice dissimulée au sein de chaque homme pour des raisons tenant plus à la réalité sociale qu’à l’héritage génétique. Le spectacle est bien mené, sans faiblesse ni relâchement. À la fin du spectacle, les mineurs chanteront Working class hero, de John Lennon, hymne de circonstance saluant une épopée humaine qui fait chaud au cœur. » Marianne

« Dans une mise en scène dynamique de Marc Delva, en un temps resserré qui nous embarque sur la dizaine d’années qui vit émerger le mouvement pictural du Ashington Group – groupe de mineurs artistes du milieu du XXe siècle -, les Peintres au charbon réveille le spectateur en lui rappelant que, au-delà de l’accès à l’Art avec un grand A, la colère et l’injustice doivent servir d’outil. Car c’est bien la colère qui pousse ces mineurs à peindre, à s’exprimer, à témoigner. Un moment plus qu’à propos, tenu par une jeune équipe prometteuse. » La Vie

« Le sujet, toujours d’actualité, est intéressant, mais la pièce est longue. Les acteurs surjouent inutilement pour interpréter le prolo d’époque. Le spectacle est plaisant, mais demanderait à être resserré sur les rapports entre les mineurs et l’art. » Télérama Sortir

« C’est une équipe jeune qui s’attaque à cette formidable pièce de l’auteur de « Face de cuillère » ou « La Cuisine d’Elvis ». La plupart n’ont pas l’âge des rôles mais qu’importe. Ils sont tous absolument crédibles en quelques minutes. On retient donc de ce spectacle le bel engagement et l’esprit « fraternel » qui y règne. Malgré des redondances dans le texte un poil bavard de Lee Hall (et c’est là son unique défaut), on ne lâche pas ces attachants comédiens qui défendent avec fougue et talent sur plus de deux heures le destin extraordinaire de ces mineurs anglais dans ce portrait social et engagé. Une bien belle réussite. » Froggy’s delight

« Avec le spectacle du collectif La Cantine, l’on est au cœur de la mine : le sas d’entrée embaume la fumée ou le charbon. L’important est de donner à chaque personnage son caractère, sa différence. Les acteurs savent trouver la rudesse, le sens de l’affirmation, l’émotion sous la carapace, tandis que, dans le rôle du prof, Paul Emile Pêtre exprime à la fois le décalage culturel et la complicité. Les rôles de femmes sont particulièrement bien tenus. La troupe est jeune, manque parfois un peu de technique, mais elle porte l’oeuvre dans la sincérité et la vérité, avec pas mal d’imagination. L’implication de cette troupe a quelque chose de l’engagement dans lequel les mineurs d’Ahington se sont impliqués. D’où un fort sentiment d’authenticité, et une nervosité qui rend la soirée passionnante comme un feuilleton. » Webthéâtre

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