Presse 13 décembre : Cap au pire, Maîtres anciens, Le Malade imaginaire

1. Denis Lavant, interprète inouï de Cap au pire, oeuvre exigeante de Samuel Beckett :

« Jacques Osinski fait de ce texte aride la matière d’une représentation qui relève de la performance, exécutée par un comédien et passeur de texte hors pair, Denis Lavant. L’écriture est aride, dense, au scalpel. L’exercice est radical, hypnotique, de haut vol. Sculpture habitée, vivante, le comédien s’enfonce dans cette caverne mystérieuse des mots, fait rebondir l’écriture de Beckett. L’aventure peut paraître ardue, il faut se laisser guider par la voix de Denis Lavant, suivre ce voyage intérieur. L’expérience est fascinante, unique. » Le Journal du dimanche

« De dialogues en monologues, de poèmes en pièces de théâtre, jamais Beckett n’était parvenu à un tel degré d’épure. Pour exploiter ce substrat complexe, Jacques Osinski opte pour un parti pris radical. Seul en scène, Denis Lavant porte tout le poids du théâtre beckettien sur ses épaules. Magnifié par les sublimes lumières discrètes de Catherine Verheyde qui voguent selon son tempo, lui seul est comptable des efforts de lâcher-prise, de concentration et de discrétion demandés aux spectateurs.
Grâce à son imperturbable présence et à la tension qu’il impose, il révèle l’immense musicalité du texte de Beckett, fait sonner les mots et résonner les sens. De fragment en fragment, de subtils traits d’humour peuvent même se faire jour, épiphénomènes incongrus qui jaillissent d’un texte sombre. C’est là aussi la marque des génies : faire naître la lumière de la pénombre la plus obscure.
 » Les Echos

« TT Autant prévenir : on ne ressort pas de ce parcours d’une heure en compagnie de Denis Lavant en sautillant. Il faut pourtant courir voir ça, pour vivre, grâce au théâtre, une expérience de vadrouille métaphysique. Sollicité par le metteur en scène Jacques Osinski, dont on connaît la sensibilité littéraire, l’acteur relève le pari : comment a-t-il appris ça ? Chapeau. Au bord de la scène, planté dans la pénombre, il est là, intensément. Les mots vivent dans sa voix comme des particules de matière brute. » Télérama Sortir

« Une performance sensorielle sculptée par les mots, dans une pénombre traversée de constellations. Denis Lavant relève le défi avec sobriété et maîtrise, évitant l’écueil de jouer de manière trop appuyée sur les effets de sa voix d’acteur si singulière. Ici, rien pour se raccrocher au réel, se raccrocher au temps, et exprimer l’obstination à vivre. Là est peut-être la principale difficulté de la mise en scène : il n’est pas aisé pour le spectateur d’atteindre malgré tout l’humanité fragile, de s’engager, au-delà de cet exercice si virtuose et si implacable de la profération. L’aventure est extrême, car les mots qui se découpent absorbent en eux-mêmes toute l’énergie, à l’écart de tout jeu. Les lumières de Catherine Verheyde sont absolument remarquables. L’aventure singulière est à tenter. » La Terrasse

« Cette performance est impressionnante. Le temps s’arrête et l’on ne sait plus très bien depuis quand on l’écoute. Dans l’écrin imaginé par Christophe Ouvrard, dans l’immobilité janséniste imposée par Jacques Osinski, Denis Lavant sert Samuel Beckett sans chercher à se servir lui-même. Il a la modestie d’interpréter ce texte quasi inconnu comme s’il n’était pas le premier à le dire sur scène. Alors, on signalera à sa place qu’il transforme un texte inconnu de Beckett en œuvre majeure. » Froggy’s delight

 

2. Thomas Bernhard et Nicolas Bouchaud, magistrale rencontre dans Maîtres anciens, au Théâtre de la Bastille :

« S’emparant de l’avant-dernier roman de l’auteur autrichien, l’acteur, prodigieux, en fait entendre toutes les résonances, les révoltes, les contradictions. L’humanité. Magnifique.
Nicolas Bouchaud s’impose plus que jamais en maître de la parole et du verbe. Jouant des mots sans jamais les surjouer. Le tragique fait place à la douleur inconsolable. Celle d’un homme aux prises avec le deuil impossible. Un homme qui n’est autre que Thomas Bernhard lui-même, et dans lequel se fond Nicolas Bouchaud, jusqu’au plus profond de sa vérité, de son humanité blessée. Magnifique. Au-delà de toute mesure.
 » La Croix

« Chez l’auteur autrichien, le rire a le son d’une kalachnikov qui n’aurait jamais besoin d’être rechargée, le bruit d’un tir en rafale qui n’épargne personne. Voilà donc Reger, alias Nicolas Bouchaud, dans ses œuvres de démolition sarcastique. Nul ne trouve grâce à ses yeux, du moins en apparence, car la chose est plus complexe qu’il n’y parait. Il tire sur tout ce qui bouge avec un systématisme qui sent le règlement de compte avec soi-même, jusqu’à ce moment final où Reger évoque la mort de sa femme avec des accents bouleversants d’émotion, portés par un Nicolas Bouchaud qui fait plus que se couler dans la peau du personnage. Impressionnant. » Marianne

« Dans ce roman, plus encore que dans les autres, Bernhard mène à son paroxysme la diatribe obsessionnelle et destructrice, mêle des réflexions sur l’art, Heidegger, la famille ou le deuil. Les pensées s’enchaînent sans transition, quitte à se heurter radicalement. C’est drôle et tragique, grotesque et sublime. La vertu de l’adaptation est d’avoir gardé la structure en spirale et l’entrelacs de voix, tout en resserrant le texte sur la figure de Reger. Nicolas Bouchaud, impressionnant, ne joue pas un personnage mais donne à entendre une écriture, un souffle. C’est un spectacle sur l’écoute, le fil fragile et privilégié qui se tisse entre l’acteur et le spectateur, sur la transmission d’une œuvre, libérée des discours et des préjugés culturels. Enthousiasmant. » L’Humanité

« Un spectacle d’une grande liberté et d’une facture rigoureuse, avec une bonne dose d’humour à la clé de la mise en scène et du jeu de l’acteur. Eric Didry et Nicolas Bouchaud ont bien capté ce mélange de cynisme et d’humour.
La mise en scène traduit avec humour les excès et les contradictions de Bernhard. Nicolas Bouchaud, mine de rien, exprime la force et la vulnérabilité de Reger, fait rire et nous touche tout ensemble, toujours attentif au public qu’il embarque à ses côtés, sans aucune complaisance, il introduit son grain de sel çà et là avec une distance amusée.
 » Webthéâtre

« Nicolas Bouchaud relève toute l’énergie et la drôlerie de la virulente diatribe de l’auteur autrichien contre les monstres sacrés qui composent notre héritage culturel. Très émouvants, des passages autobiographiques semblent échappés d’un douloureux journal de deuil. Sous-titré « comédie », le monologue corrosif se déroule sur le mode très rythmé de la dénonciation virulente de l’héritage culturel de tout un chacun. » Rue du théâtre

 

3. Une joyeuse pépite dans l’écrin du Déjazet : Le Malade imaginaire, mis en scène par Michel Didym :

« Marcon possède au naturel une densité enveloppée de silence. Il peut se faire inquiétant et dans sa manière d’être le «Malade», entre l’excitation, l’impatience, l’abattement que Molière prête au personnage, André Marcon glisse quelque chose de froid, de raisonneur et de fou à la fois.
La pièce est un chef-d’œuvre et l’on rit beaucoup, même si Didym tient à la noirceur d’une comédie farcesque qui est pourtant d’essence tragique. La musique tient une grande place dans la représentation et les scènes comiques sont irrésistibles. La mise en scène est allègre et les comédiens réunis ont chacun une belle personnalité.
 » Figaro

« Pour Michel Didym, « Le Malade imaginaire », c’est tout Molière comme dans « Hamlet », il y a tout Shakespeare. L’enjeu est donc de taille… La carte maîtresse de Didym est sa magnifique distribution. Si le traitement des décors et des costumes reste de facture classique, avec juste parfois quelques fantaisies anachroniques, mais sans chercher à transposer la pièce au XXIe siècle, c’est surtout par le jeu des acteurs que Didym en fait passer la modernité et réinvente la farce. » L’Humanité

« Une mise en scène joyeuse et grave, légère et profonde de l’ultime comédie de Molière. Si la facture demeure un tantinet classique, elle joue gaillardement des contrastes, ménageant des instants d’ébouriffants délires : danse égyptienne digne d’Astérix et Cléopâtre ; ballet final d’intronisation d’Argan, le « malade » élevé au rang de médecin… Ce dernier est interprété par André Marcon, comédien magnifique. » La Croix

« Une intrique rocambolesque où le comique verbal et gestuel règne en maître. Trois siècles plus tard, la force comique n’en a pas pris une ride. Surtout lorsque la mise en scène est d’une irrésistible drôlerie. Des costumes intemporels, des couleurs criardes qui accentuent le burlesque des praticiens. La troupe au grand complet est réjouissante, on gesticule, on se répand dans la mort simulée, on danse exotique, on jargonne latin. Pour le plus grand rire de tous, comédiens et spectateurs. Et sûrement aussi celui de Molière qui rit sous cape derrière les rideaux des coulisses. » Spectacles Sélection

« Michel Didym privilégie la bouffonnerie et, optant pour une mise en scène de « bon faiseur », il présente donc un spectacle de divertissement populaire et familial du genre de la « matinée classique » avec le jeu appuyé des officiants. Dans le rôle-titre, André Marcon négocie parfaitement sa partition et délivre notamment deux scènes magistrales. » Froggy’s delignt

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