Revue de presse 27 septembre : Au but, Indociles, Trahisons… et Le 13e Art

1. Dominique Valadié, impressionnante dans Au but, noire comédie de Thomas Berhnard, au Poche-Montparnasse :

« Une pièce aussi puissante que dérangeante. Dominique Valadié incarne d’une manière hallucinante toutes les nuances perpétuellement changeantes du «personnage». Valadié, c’est une comédienne absolue, unique, d’une finesse, d’une profondeur vertigineuse. Elle raconte à sa fille, Léna Bréban, qui, elle aussi, a une partition très difficile qu’elle suit avec une acuité remarquable. Christophe Perton dirige ses interprètes avec une grande rigueur. L’essentiel repose sur les épaules de Dominique Valadié. Sur sa voix, très mélodieuse, moirée, une voix qui porte l’âme de ce personnage effrayant et d’une humanité qui déchire. Le très grand art d’une comédienne exceptionnelle, au service d’un texte écrit par un écrivain musicien. » Figaro

« Si Dominique Valadié n’existait pas, il faudrait l’inventer. L’actrice est au théâtre français ce que la Jaguar est à la 2CV : une Rolls Royce. Aller voir la comédienne en scène, c’est être le témoin d’une performance exceptionnelle qui ne se laissera plus jamais oublier. Rappelons que le texte, infernal, est de Thomas Bernhard, auteur autrichien que son extrême lucidité rendait aussi méchant que drôle. » Télérama Sortir

« Une Dominique Valadié impressionnante qui est comme une lionne sortie de sa cage… Comme d’ordinaire chez l’auteur autrichien, le noir est la couleur de saison, quelle que soit la période de l’année… » Marianne

« Christophe Perton, confronté à l’étroitesse de la deuxième salle du Poche, en tire un admirable parti, en nous plaçant dans une double pièce étriquée où le monde extérieur, sa grandeur et sa plénitude, n’entreront qu’à la dernière seconde. L’interprétation très bernhardienne de Dominique Valadié mêle étonnamment l’intelligence et la mécanique, la lassitude et la passion, l’indifférence et l’implication. Léna Bréban joue avec délicatesse la dépendance, l’existence sous la soumission. Yannick Mozelle, qui interprète l’écrivain, le double de Thomas Bernhard, est convaincant, en auteur débutant et timide. Toute la soirée orchestrée par Perton est sur le fil du rasoir, affûtant « Au but » jusqu’à son tranchant le plus extrême. » Webtheatre

« Dans une litanie aussi corrosive que d’acides reflux gastriques, Thomas Bernhard ressasse à l’envi toutes ses récurrentes ratiocinations sur la vacuité et l’absurdité de la condition humaine, l’art et le théâtre, épinglant notamment le goût abêti du public et l’auteur dramatique qui se complait dans l’observation voire la dénonciation sans être un homme d’action. « Au but » constitue un opus qui ne serait qu’assommant, dans tous les sens du terme, n’était la maîtrise technique de Dominique Valadié, comédienne au sommet de son art, qui (dé)livre une prestation magistrale et donc, ravira les inconditionnels de Thomas Bernhard. » Froggy’s delight
 

2. Audrey Dana dresse un étonnant portrait d’Indociles aux Mathurins :

« On ne sait ce qui appartient consubstantiellement à sa vie, et ce que l’imagination des deux auteurs a ajouté. Peu importe, au fond. Indociles, c’est du théâtre. Un déploiement de toutes les facultés de cette femme entreprenante, décidée, mais qui doute sans cesse. Une acrobate à grande sensibilité, une chanteuse, une imitatrice, une interprète profonde et spirituelle. La mise en scène la fait s’agiter beaucoup. Un peu trop. Car ce qui est le plus touchant ici, c’est le mystère et le dévoilement, les confidences et les masques. C’est Audrey Dana dans sa complexité et sa simplicité. » Figaroscope

« A cocher avec méthode les cases où se logent les drames de la vie, Indociles crée le malaise. Trop de pathos tue l’émotion, c’est certain. Et dommage, car l’actrice Audrey Dana se jette avec panache dans ce solo rythmé en live par une batterie. A son actif, quatorze personnages, qu’elle incarne avec conviction. Elle est l’héroïne, les parents de l’héroïne, les amis de l’héroïne, les amis des parents, etc. Une performance, c’est vrai, mais qui a tout d’un rouleau compresseur, aveugle à ce qui pourtant semblait être le propos fondateur du spectacle : la rage d’exister. » Télérama Sortir

« Ces indociles nous font parfois rire. D’autres nous dégoûtent, comme le photographe vicieux. Et même si certains personnages manquent parfois d’épaisseur, l’émotion n’est jamais bien loin. Créations et/ou souvenirs de Murielle Magellan, d’Audrey Dana ou des deux à la fois, les personnages qui défilent sous nos yeux nous touchent et nous transportent d’une émotion à l’autre. Il faut dire aussi que la batterie de Lucie Antunes accompagne superbement l’intégralité du spectacle et semble encourager et porter l’actrice. Audrey Dana et Lucie Antunes réussissent une belle performance, originale, violente et touchante. » Reg’Arts
 

3. Suaves Trahisons au Lucernaire :

« Conçue comme un flash-back venant piocher dans des scènes du passé, Trahisons est une pièce diaboliquement construite, qui ménage le suspense jusqu’à sa conclusion. Il faut pour la porter des acteurs souples comme des chats, qui se faufilent de gravité en légèreté. Les interprètes que met en scène Christophe Gand mènent leur partition en sourdine. Un choix de violence rentrée qui colle à l’exiguïté d’un plateau intimiste, mais enlève au spectacle des reliefs qu’on aurait aimés parfois plus mouvementés. » Télérama Sortir

« La mise en scène guide subtilement les trois comédiens. Gaëlle Billaut-Danno, Emma en quête d’un bonheur inaccessible, a pris tous les risques. Yannick Laurent, Jerry, lui aussi marié et père de deux enfants, dont l’épouse reste en retrait, n’a obtenu que l’accomplissement fugace d’un coup de foudre. François Feroleto fait parfaitement évoluer les états d’âme plus complexes de son personnage. Devenu cynique et indifférent avec le temps, Robert a manipulé les deux amants qui ont poignardé son amour. L’attention portée aux costumes et aux éclairages est une contribution non négligeable à la réussite totale de cette représentation. » Spectacles sélection

« Avec Pinter souvent, on fait ce qu’on veut, on met les couleurs qu’on veut. Ici, Christophe Gand préfère la position de l’entomologiste social. Il ne privilégie aucun animal de ce zoo humain. Le spectacle bénéficie d’une scénographie très mobile de Goury – une scénographie de Goury, c’est toujours d’une ingéniosité folle. Elle permet là de transformer l’espace comme on joue avec des cubes. La pièce de Pinter est en elle-même un jeu, qu’on peut prendre comme un cri, une satire ou une dissection. La mise en scène de Christophe Gand ne choisit pas entre le déchirant et le diabolique, nous plaçant à la fois devant et derrière une vitre. Voilà bien longtemps que l’on n’avait vu une si belle vision et une si belle interprétation de Trahisons. » Webtheatre

« Souvent ce classique du théâtre contemporain n’est que l’occasion d’adaptations tièdes ou convenues. Au Lucernaire la bonne surprise est plurielle. Les trois acteurs sont justes et respectueux avec leur personnage et avec le texte. Il y a un vrai plaisir à voir jouer ce trio. La tragédie est devant nous et à chaque étape un drapeau est planté avec douleur.
Le trio est attrapé par la tragédie première de chacun, au-delà de la demande d’amour, de fortune ou de plaisir, au-delà des égoïsmes et des quant à soi, le temps se replie sur chacun d’eux et sur leur solitude. Ils sont sur terre et c’est sans remède dirait Beckett.
 » Toute la culture

 


Et aussi, à saluer : la naissance d’un nouveau lieu de culture : Le 13e Art place d’Italie, Paris XIII Télérama
 
 

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