Revue de presse 7 mars : Poussière, Art, Macbeth

1. À la Comédie-Française, la nouvelle création de Lars Noren, Poussière, symphonie funèbre et envoûtante :

« Le dramaturge suédois revient en force avec cette pièce chorale envoûtante, admirablement interprétée par la troupe du Français, où les souvenirs, l’absence et la présence s’entremêlent. » Télérama

« Cette pièce est remarquable (sans emphase), à plus d’un titre. Magistralement interprétée. Tout est d’une grande délicatesse. » Le Monde

« Une majestueuse chorégraphie macabre.
La poussière, c’est celle qui nous attend, celle que nous allons devenir… On assiste, médusé, à une danse verbale au bord d’un volcan. Chacun écrit sa partition à la diable, comme un cri de désespoir lancé à la face du monde. Les corps bougent à peine, les phrases sont brèves, les formules ciselées ou assénées, c’est selon. Grâce à une scénographie réglée jusque dans le moindre détail, Poussière devient une chorégraphie d’un noir absolu en même temps qu’un hymne à la vie, celle qui fuit entre les doigts, tel le sable de la plage, si proche de la poussière finale.
 » Marianne

« Une musique de mort désenchantée, magnifiquement interprétée par la troupe de la Comédie-Française. La lumière vient de la splendide troupe de la Comédie-Française qui joue cette partition difficile, écrite pour eux par le dramaturge suédois, en totale communion. Sans jamais se mettre en avant, chaque membre de la troupe réussit à exprimer sa singularité, donnant plus que jamais du sens à la devise de la Comédie-Française : simul et singulis (être ensemble et être soi-même). » La Terrasse

« La mise en scène pointilliste met en évidence l’excellence des acteurs. Avec une brochette de sociétaires et de pensionnaires pas de prime jeunesse, certes, mais de haute volée. La mise en place est un peu laborieuse mais un mouvement choral finit par s’enclencher et, à mesure que la pièce avance, une sorte de fascination s’installe pour ce cortège expressionniste de figures tragi-comiques. » Rue du théâtre

 

2. Le retour d’Art, dans la mise en scène d’origine : le plaisir est toujours à l’affiche, avec trois comédiens formidables :

« Un formidable trio pour servir la pièce de Yasmina Reza. Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager ne sont pas seulement tous les trois formidables : ils jouent ensemble comme on le voit rarement au théâtre, formant un trio qui recadre la pièce de manière plus subtile et complexe qu’à sa création. Alors, bien qu’elle soit comme à l’origine mise en scène par Patrice Kerbrat, on la redécouvre, cette pièce, qui est l’œuvre dramatique française contemporaine la plus jouée dans le monde : moins spectaculaire, plus humaine, avec sa mélancolie qui affleure sous le masque du théâtre de boulevard. » Le Monde

« Avec une infinie élégance, Yasmina Reza arrime l’essentiel au futile… Quelle étrange chose que le théâtre. Alors que tout est là pour que le public passe une soirée parfaite, le spectacle peine à atteindre les sommets auxquels il se destine. Trop de sérieux, encore, dans le jeu des acteurs, qui, bien qu’excellents, n’ont pas encore franchi ce seuil, infime, où l’humain, et lui seul, fait la loi sur la scène. » Télérama Sortir

« On retourne avec une immense curiosité et un peu d’appréhension voir cette pièce, qui avec Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck nous avait tant séduits. Patrice Kerbrat a repris sa mise en scène de l’époque, précise et élégante, en la faisant à peine évoluer. Il ne faut pas bien longtemps pour confirmer notre souvenir. Vingt-quatre ans après, cette histoire d’amitié brisée par l’achat d’un tableau « Blanc » fait toujours autant d’effet. On se retrouve de nouveau suspendu à ce trio, à cette crise existentielle aussi drôle que mélancolique. Et le talent des trois nouveaux acteurs de 2018 y est pour beaucoup. » CultureBox

« Reprise au Théâtre Antoine, dans la mise en scène initiale de Patrice Kerbrat avec un trio d’acteurs qui n’a rien à envier à celui de la création. Yasmina Reza use de l’achat d’un tableau pour épingler la complexité des relations humaines, mettre le doigt là où ça craque. Elle le fait sans juger et choisit de nous en faire rire. Labiche écrivait « des cauchemars burlesques », Yasmina Reza cisèle « des tragédies drôles » qui sont également de magnifiques terrains de jeu pour les acteurs ainsi que l’attestent avec brio les trois comédiens réunis sur le plateau du Théâtre Antoine. » Webtheatre

« Le plus intéressant, dans Art, c’est la façon dont une conversation de salon nous ramène soudain à des choses qui nous dépassent. Qui sont Yvan, Serge et Marc les uns pour les autres ? La mise en scène parvient tout à fait à donner leurs parts du lion aux trois comédiens, très performants et investis. Ils jouent cette partition réaliste avec ce qu’il faut de fantaisie, et l’on apprécie notamment que le rythme des scènes soient rapides et sans temps mort. » Un fauteuil pour l’orchestre

 

3. Avec sa mise en scène de Macbeth Braunsweig peine à convaincre :

« Cette version resserrée et spectaculaire remet intelligemment la pièce au goût du jour sans la révolutionner pour autant. Le spectacle n’est pas sans faiblesses : si le couple vedette convainc, les dix autres acteurs paraissent encore un peu au large dans leurs costumes. La mise en scène, ingénieuse, manque sans doute de folie… Malgré ces réserves, ce  » Macbeth  » sur carreaux blancs atteint son but : représenter l’inépuisable violence du monde, laissant à la fin de la représentation un goût de sang insidieux. » Les Echos

« La pièce ne porte pas chance à Stéphane Braunschweig : le directeur du Théâtre de l’Odéon signe un spectacle fade et sans relief, sans grande imagination. Il est bien difficile de comprendre pourquoi Braunschweig, qui est pourtant toujours un lecteur profond et subtil des textes dramatiques, a voulu s’attaquer à Macbeth, et quel est son regard sur la pièce et ses personnages-monstres. » Le Monde

« Un « Macbeth » limpide dans une nouvelle traduction mais dépourvu du « bruit et de la fureur » de la tragédie que propose au Théâtre de l’Odéon son directeur Stéphane Braunschweig.
Stéphane Braunschweig a relu la pièce à l’aune de la psychanalyse. Si la lecture est pertinente, elle n’en enlève pas moins à la pièce une grande partie de son intensité : en devenant presque « normaux », les époux Macbeth ne nous épouvantent plus, et leurs crimes semblent davantage une succession d’erreurs qu’un engrenage fatal où perce la folie.
 » Le Point

« On est d’abord étonné que Stéphane Braunschweig, d’habitude brillant scénographe, se lance depuis quelques spectacles dans si laids décors. Ce spectacle plat rend médiocrement compte d’une tragédie tortueuse et perverse. L’interprétation ici donnée est sans surprise ; le jeu des comédiens, élémentaire. Mais on est heureux de réentendre ce texte possédé par démons et sorcières. » Télérama Sortir

« Points forts : La scénographie : Tout se joue entre deux décors qui se superposent et se succèdent. Le premier, tout carrelé de blanc, et un autre : le salon du pouvoir ou la salle à manger royale. Tout y est feutré et caché, à quelques mètres des carrelages souillés de sang. Tout Hamlet est là, vacillant d’un monde à l’autre, d’un décor à l’autre. Chloé Réjon en Lady Hamlet est habitée. Séductrice, sournoise, destructrice, affamée, elle hante la pièce d’une présence envoûtante.
Point faible : Macbeth est une tempête. A l’Odéon, on ne sent pas le vent. Comme si les acteurs – à l’exception des rôles titres -, terrorisés, restaient sur leur réserve de peur de s’exposer. Comme si la dualité du décor interdisait au vent de la folie de s’engouffrer…
 » Culture Top

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