Revue de presse du 9 novembre : The Foutainhead, M’man, Jankelevitch… et la future Cité du théâtre

1. À l’Odéon-salle Berthier, The Foutainhead : Ivo von Ove en grand architecte quasi incontesté de l’art théâtral et de la direction d’acteur !

« Un savoir-faire et des comédiens éblouissants, et, parfois, une dimension spectaculaire qui phagocyte la représentation.
La confrontation enfiévrée et exacerbée semble parfois manquer de nuances, comme si elle était prisonnière de sa dimension spectaculaire, très frontale et radicale. Peut-être parce que la dimension technique, certes impeccablement maîtrisée, est trop envahissante. Certaines scènes – celles où Roark (Ramsey Nasr) dessine et celle où il détruit des logements sociaux qui ne lui conviennent pas – sont vraiment très belles, et les comédiens comme à l’accoutumée dans cette troupe d’excellence sont tous éblouissants.
 » La Terrasse

« Ivo van Hove ne prend pas parti, laisse le spectateur se faire sa propre morale.
Au fond, des musiciens s’agitent autour de leurs instruments et consoles. La fièvre créatrice, au centre du roman, a gagné toute la scène. L’architecture devient spectacle : croquis dessinés sous nos yeux et projetés en vidéo. Même les scènes d’amour, filmées en vue plongeante, ont un côté arty. Mais au-delà des images, c’est l’intensité du jeu, le naturel des comédiens, qui fascine et bouleverse… Ivo van Hove nous convainc presque que le théâtre en dit plus long que le cinéma. Avec « Fountainhead » il démontre à ceux qui l’ignoraient encore qu’il est un grand des scènes d’Europe.
 » Les Echos

« En adaptant « The Fountainhead », de la philosophe et romancière américaine Ayn Rand, le Flamand Ivo van Hove pose de façon éblouissante la question de la création, et des choix possibles de l’artiste.
La mise en scène très cinématographe de van Hove est à la fois simple et spectaculaire… Il a aussi cet art du rythme et de la rupture. On garde littéralement les yeux rivés sur la scène durant les quatre heures que durent le spectacle, en néerlandais surtitré ! Mais on ne s’ennuie pas une seule seconde, tenu par cette histoire à rebondissements multiples comme une bonne série télé, grâce aussi à la limpidité et à l’intensité du jeu des acteurs.
 » Culture Box

« Ivo Van Hove architecte d’un grand spectacle.
Un théâtre absolument passionnant servi par de très grands acteurs excellemment dirigés. Une adaptation magistrale du roman controversé d’Ayn Rand qui ose questionner sans concession le statut de l’artiste dans son époque et l’essence même de l’acte de créer.
La mise en scène propose une forme grandiose qui cependant n’anéantit pas le jeu inouï des acteurs.
 » Toute la culture

« Chez Ivo van Hove, tout part toujours du texte, c’est le moteur de sa puissance scénique, laquelle nous emmène très loin… Au bout de trois heures, la fatigue de lire des sous-titres se fait sentir mais, oublions cela, c’est une soirée d’une très grande richesse, excitante au possible. Comme toujours dans les spectacles d’Ivo Van Hove, les acteurs sont de premier ordre. » Théâtre et Balagan / Obs

« Un interminable feuilleton scénique de 3h45… Pourquoi faire court quand on peut faire long, si long ? Dans la manière du brillant patron du Toneelgroep d’Amsterdam de s’installer si impérialement dans l’espace et le temps, se ressent souvent comme une volonté de pouvoir sur le public. Et en plus, il y a cette frime si agaçante sur le plateau. Passe l’usage, bien contrôlé et intéressant des écrans vidéo, mais ces machines qui ne servent à rien, ces techniciens derrière écran, comme derrière une tour de contrôle !… » Télérama

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2. Au Petit Saint-Martin, Fabrice Melquiot offre un duo troublant : M’man, porté par deux acteurs en état de grâce :

« Magistralement interprétée par Cristiana Reali et Robin Causse, la tragi-comédie de Fabrice Melquiot émeut et fait rire. Fabrice Melquiot, 40 et quelques années, écrit depuis longtemps et dans des formats et registres très différents. Il est fin, sensible, il a acquis du métier sans jamais perdre l’élan et la sensibilité… » Le Figaro

« Le rôle de M’man est taillé sur mesure pour Cristiana Reali [qui] déploie avec brio toute la palette du personnage. Robin Causse incarne avec sobriété le fils étouffé/désespéré. Charles Templon met en scène avec élégance ce duo théâtral troublant.  » Les Echos

« Les deux comédiens réunis sont magnifiques, et Charles Templon, qui les dirige, peut compter sur ces deux fortes natures. Cristiana Reali est vive, profonde, sait passer d’une humeur à l’autre aussi vite que Brunella. Robin Causse est beau, touchant, fin, singulier. Ils parviennent à éviter toute équivoque, car ils sont sincères et aiment leurs personnages. On rit beaucoup mais on a le cœur serré. » Figaroscope

« Cinq conversations jalonnent les rapports d’une mère et de son fils durant une dizaine d’années. Leurs liens sont fusionnels, c’est-à-dire à la fois aimants et totalement agressifs. La pièce de Fabrice Melquiot analyse ces rapports avec précision : la fusion maladive, la solitude féminine, l’absence du père. Robin Causse fait un fils excédé mais juste et sobre. » Télérama Sortir

« Les mères abusives hantent les familles et les théâtres. La louve aime l’agneau en le déchirant à petits coups de dent.
Grand écrivain moderne que Melquiot ! Jusqu’à maintenant il n’avait pas eu trop de chance avec les théâtres privés parisiens. Cette fois, à la Porte Saint-Martin, l’accord est trouvé. Charles Templon met en scène « M’man » comme autant de rounds où l’amour se casse les dents à force d’être envahissant. Templon place les deux personnages dans un rapprochement confiné avec une drôlerie toujours terrible. Cristiana Reali compose un mère toujours infernale et toujours tendre : c’est l’un de ses grands rôles, elle va au plus profond d’une vérité humaine. Robin Causse est avec délicatesse l’enfant qui a grandi sans qu’on lui donne le droit à l’âge adulte : l’acteur a beaucoup de charme, de douceur et de fragilité…
 » WebThéâtre

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3. Vladimir Jankélévitch, la vie est une géniale improvisation : au Lucernaire, Bruno Abraham-Kremer donne vie à une pensée !

« TT Qu’il parle de musique, de l’instant, de la mort, de l’intuition ou de l’amour, le propos est constamment passionnant et accessible aux néophytes. Bruno Abraham-Kremer nous offre une heure et demie d’intelligence et de joie. » Télérama Sortir

« Le titre, déjà, donne envie de l’aimer, ce spectacle : La vie est une géniale improvisation. A peine lu, l’esprit part en vadrouille… Si le spectacle de Bruno Abraham-Kremer est si vivant, si humain, c’est d’abord que la forme de la correspondance le permet : c’est un Jankélévitch plus accessible, plus intime que dans les écrits théoriques qui s’exprime ici. Si tout ce qui se dit ici est aussi vivant, aussi saisissant, c’est d’abord grâce au talent d’acteur de Bruno Abraham-Kremer. Il n’incarne pas Jankélévitch lui-même, mais le mouvement de la pensée qui, chez le philosophe, était inséparable de celui de la vie. Et c’est bouleversant. » Le Monde

« Un hommage éblouissant à un libre penseur. Un moment de théâtre truculent et pénétrant !
Le conteur inspiré fait vivre les écrits, se mettant à la place des deux rédacteurs dans des pantomimes habitées. Les dernières minutes révèlent la grande sagesse d’un homme hanté par les souvenirs de la barbarie. Pour une émotion à couper le souffle.
La pièce se conclut par une légitime et méritée salve d’applaudissements. Nul besoin d’être féru de philosophie pour apprécier ce moment de théâtre entier et habité. La salle était comble, n’hésitez pas à réserver votre place pour admirer les talents de conteur du comédien hors pair et la philosophie si cruellement actuelle de cet esprit libre.
 » PublikArt

« Abraham-Kremer et Corine Juresco (co-auteur dont il convient d’applaudir le choix difficile de collecte et de sélection) nous donnent à voir un Jankélévitch toujours malicieux et souriant à la vie, une sorte de Nietzsche sans la névrose… » Toute la culture

lacitedutheatre-maquette

4. À noter aussi : on parle de la future Cité du théâtre :

« Un grand projet réjouissant… Côté Berthier, c’est la révolution. La Comédie-Française, l’Odéon et le Conservatoire vont occuper les 20 000 mètres carrés du site, dont l’architecture autorise tous les rêves. » Le Monde

« Cette Cité du théâtre « est un projet qui vient de loin », rappelle la ministre de la culture, Audrey Azoulay… Le financement de l’étude est déjà assuré mais le projet devra survivre aux prochaines échéances électorales… » La Croix

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