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Une Ecole des femmes post-MeToo aussi éclairante que réjouissante !

Livrons nous à un petit exercice d’abstraction mentale. Une petite révolution temporelle. « L’Ecole des femmes », pièce géniale et emblématique de la littérature dramatique française, n’a pas été écrite en 1662 mais en 2026 et Molière n’est pas un auteur classique du XVIIe siècle mais une plume hyper talentueuse du microcosme théâtral de ce début du XXIe siècle. Franchir une telle faille spatiotemporelle et culturelle demande un petit effort d’imagination. Au théâtre Artistic Athévains, la metteuse en scène Frédérique Lazarini franchit ce pont et transforme cet exercice fantasmagorique en réalité bien concrète.

L’intrigue est connue, Arnolphe, homme mûr et installé craint par-dessus tout d’être cocu. Sa crainte le terrifie depuis si longtemps que pour se prémunir d’une éclosion de cornes du côté de son front, il recueille une enfant de 4 ans contre « bons soins » (entendez argent sonnante et trébuchante offerte à la mère, miséreuse), avec la promesse d’assurer son éducation. Aussitôt, il la cloître dans un couvent auquel ordre est donné de veiller à ce que la fillette soit rendu « idiote autant qu’il se pourrait », tant il est certain que seules les femmes d’esprit sont capables de trahison avers leur mari. La pièce démarre treize ans plus tard. Au moment où Agnès, devenue jeune femme, est sortie du couvent par notre homme afin, ni plus ni moins et sans autre forme de consentement, d’en faire son épouse. Durant les cinq actes qui vont suivre, rien ne se passera comme sur les plans du barbon. Agnès l’ingénue n’en est pas moins femme en devenir. Femme dans son entièreté. Femme de corps et d’esprit. Femme dans sa poésie, sa candeur, sa bonté mais aussi sa clairvoyance et sa détermination.

L’arrivée inattendue d’un jeune et beau chien fou, Horace, va bousculer les quilles pourtant bien ordonnées par Arnolphe. Avec lui, plus encore que l’amour, c’est l’extérieur, la jeunesse, la liberté, en un mot la vie, qui s’introduit dans les rouages de la belle machine à soumission imaginé par le maître des lieux. Dès lors, ni la vigilance des gardiens de la maison, ni la paranoïa despotique d’un Arnolphe dépassé, ni même les tenants d’une société conservatrice et rétrograde ne pourront plus contraindre Agnès à un destin qu’elle refuse.
« Barbon », « couvent », « valets », « cornes au front », « mariage forcé », tout cela sent bon son XVIIe siècle. Où est le saut temporel promis, là-dedans ? En enfermant Agnès, dans une cage de verre sous l’œil de caméras de surveillance contrôlées par un couple de vigiles aux ordres d’un patron implacable dans son costume trois pièces, le dispositif scénique, évocation orwellienne du contrôle total par les moyens technologiques, répond dès l’ouverture du rideau à cette interrogation. Non seulement c’est aussi surprenant que beau mais c’est avant tout limpide. A partir de cette minute, la première, il n’est pas de doute à opposer à la contemporanéité de l’action, pas de remise en cause possible du « ici et maintenant » dont la mise en scène prend résolument le parti. Point de vue qui se révèle d’une justesse glaciale au fur et à mesure de la narration. Plus que la peur panique du cocuage, qui en dit déjà long sur l’obsession éternelle d’une masculinité anxieuse, ce qui est mis en lumière ici est bel et bien l’emprise. Emprise psychique, morale, physique. Arnolphe devient un prédateur qui à travers les écrans observe sa proie et ne la lâche jamais. Agnès, chose due, cèdera de gré ou de force ! Le maître à décidé, il en sera ainsi fait ! Et comme, dans ce cas précis la proie est une toute jeune femme, dix-sept ans, et le prédateur un homme déjà vieux, il devient évident que le thème de la pédophilie fait partie des enjeux de l’entreprise. Difficile de faire plus actuel à l’heure de l’affaire Epstein, des attaques répétées contre les dénonciations Me Too et de la remise en cause affichée des droits des femmes.

Sous les traits d’un impeccable Cédric Colas, Arnolphe est d’autant plus dangereux que sa séduction est grande. L’acteur nous offre une vision neuve du personnage. Blessé d’amour autant que d’amour propre, bourreau des autres et victime de lui-même, attirant, sensible, drôle, terrifiant… redoutable. Son interprétation de chair et d’affres apporte une magnifique pierre à l’édifice construit par ses illustres prédécesseurs. Face à ce diable de tuteur il fallait une Agnès pétrie de finesse, du charme et d’esprit. Sara Montpetit dépasse cela. Son talent s’impose comme la force de l’évidence. Sa naïveté désarme et sa détermination rassure. Avec elle l’avenir devient possible. Illuminée par ce couple phare, le reste de la distribution est au cordeau. Hugo Givort est réjouissant d’enthousiasme et de douleur dans le rôle d’Horace. Jeune premier à la fois moderne et intemporel. Guillaume Veyre donne toute sa malice et sa lucidité à Chrysalde. Emmanuelle Galabru et Alain Cerrer, couple de comédie parfait et réinventé, sont irrésistibles dans les personnages de Georgette et Alain, vigiles trop vite dépassés, dont les gaffes et les gags enchantent.
Après l’incontestable réussite de son précédent spectacle « Le Voyage de Monsieur Perrichon », d’Eugène Labiche, Frédérique Lazarini, avec « L’Ecole de femmes » signe de nouveau une mise en scène de très haut vol. Créatrice inspirée, talentueuse, érudite, irrévérencieuse et pourtant si fidèlement honnête aux œuvres, elle porte les valeurs d’un théâtre exigent à la portée du plus grand nombre. Un théâtre éclairant !

L’ECOLE DES FEMMES (1662)
de Molière (1622-1673)
actuellement au théâtre Artistic Athévains
puis à retrouver en juillet à Avignon au Théâtre du Chêne Noir et en tournée la saison prochaine
Adaptation, dramaturgie et mise en scène Frédérique Lazarini assistée de Lydia Nicaud
Avec Cédric Colas / ARNOLPHE, dit « Monsieur de la Souche »
Sara Montpetit / AGNÈS, amoureuse d’Horace, nièce de Chrysalde
Hugo Givort / HORACE, amoureux d’Agnès, fils d’Oronte
Guillaume Veyre / CHRYSALDE, ami d’Arnolphe et oncle d’Agnès
Emmanuelle Galabru / GEORGETTE, paysanne, servante d’Arnolphe
Alain Cerrer / ALAIN, paysan, valet d’Arnolphe / ORONTE, père d’Horace et ami d’Arnolphe
et la voix de Michel Ouimet / Préceptes du Mariage
Scénographie et lumière François Cabanat assisté de Tom Peyrony et Grégory Lechat | costumes Dominique Bourde et Isabelle Pasquier | musique et son François Peyrony | vidéo Hugo Givort
photos © Marion Duhamel

L’Avare, version dynamite de Ludovic Lagarde

La peste soit de l’avarice, mais pas de cet Avare-là !

Harpagon est dans l’import-export et il a transformé sa maison en entrepôt pour garder sous les yeux sa marchandise : des dizaines de caisses, palettes, boîtes, s’amoncellent sur le plateau. Mais aujourd’hui, on lui a donné du « cash », qu’il a dû dissimuler dans son jardin. Angoisse insupportable, le jour où il doit annoncer son mariage avec la jeune Marianne…

C’est l’une des nombreuses grandes idées de Ludovic Lagarde, qui s’empare de ce classique en le transposant dans notre siècle actuel. Ce qui est toujours un défi : les exégètes ronchons s’interrogent souvent sur l’utilité de ce qui peut être perçu comme une coquetterie. Il n’est en rien ici !

Tout au long de ces 2 heures 40, on entend Molière sous un jour inédit, grâce aux efficaces trouvailles qui en soulignent le sens… Au point qu’on se demande souvent si le texte n’a pas été réécrit, tant il semble coller à ces partis-pris de mise en scène. C’est ici que la magie survient : pas une ligne n’a été modifiée (à l’exception de la toute fin, allégée), et tout fonctionne à merveille.

 

 

 

 

 

 

La troupe de comédiens réunie par Ludovic Lagarde a l’énergie communicative. Il faudrait tous les citer, mais on retiendra Alexandre Pallu, qui compose un hilarant Valère, lèche-bottes et manipulateur, Myrtille Bordier, qui campe une Elise à la limite de la bipolarité, et Louise Dupuis, formidable Maître Jacques, tenancière de food-truck, toute en irrévérence gouailleuse.

Et puis, bien sûr, il y a Laurent Poitrenaux. Il virevolte, il sautille. Il éructe, il minaude. Il s’agite, il s’étire. Il terrorise son petit monde, tout en souffrant au plus profond de son propre avarice. Il exploite au mieux la palette infinie de son jeu et de son corps élastique pour nous proposer un Harpagon halluciné, emprisonné dans sa folie violente, absurde sans être mortifère, presque flamboyante. L’hommage unanime du public, chaque soir, est payé comptant.

L'Avare, mise en scène Ludovic Lagarde, Théâtre de l'Odeon, coup de coeur PIanopanier

Cet Avare a été créé en octobre 2014 à la Comédie de Reims et a beaucoup tourné avant d’arriver à Paris…

1 – Les trouvailles de Ludovic Lagarde et de ses comédiens ne sont jamais gratuites et on entend le texte de Molière comme rarement.
2 – Laurent Poitrenaux, hallucinant Harpagon, chef d’entreprise et de famille, mène une troupe épatante à l’énergie communicative.
3 – Cet Avare-là est de la pure dynamite – on en sort à la fois joyeux…et triste de voir que le texte de Jean-Baptiste Poquelin sur la folie de l’argent sonne aussi juste 350 ans après sa création.

 Stéphane Aznar

À l’affiche de l’Odéon-Théâtre de l’Europe du 2 au 30 juin 2018 (mardi au samedi 20h, dimanche 15h)
Mise en scène : Ludovic Lagarde
Avec : Laurent Poitrenaux, Christèle Tual, Julien Storini, Tom Politano, Myrtille Bordier, Alexandre Pallu, Marion Barché, Louise Dupuis

©Pascal Gély

L’Avare, version dynamite de Ludovic Lagarde

L’Avare – spectacle vu le 23 avril 2016 à la Comédie de Reims.
Voir les dates de tournée ici
Mise en scène : Ludovic Lagarde
Avec : Laurent Poitrenaux, Christèle Tual, Julien Storini, Tom Politano, Myrtille Bordier, Alexandre Pallu, Marion Barché, Louise Dupuis

La peste soit de l’avarice, mais pas de cet Avare-là !

Harpagon est dans l’import-export et il a transformé sa maison en entrepôt pour garder sous les yeux sa marchandise : des dizaines de caisses, palettes, boîtes, s’amoncellent sur le plateau. Mais aujourd’hui, on lui a donné du « cash », qu’il a dû dissimuler dans son jardin. Angoisse insupportable, le jour où il doit annoncer son mariage avec la jeune Marianne…

C’est l’une des nombreuses grandes idées de Ludovic Lagarde, qui s’empare de ce classique en le transposant dans notre siècle actuel. Ce qui est toujours un défi : les exégètes ronchons s’interrogent souvent sur l’utilité de ce qui peut être perçu comme une coquetterie. Il n’est en rien ici !

Tout au long de ces 2 heures 40, on entend Molière sous un jour inédit, grâce aux efficaces trouvailles qui en soulignent le sens… Au point qu’on se demande souvent si le texte n’a pas été réécrit, tant il semble coller à ces partis-pris de mise en scène. C’est ici que la magie survient : pas une ligne n’a été modifiée (à l’exception de la toute fin, allégée), et tout fonctionne à merveille.

 

L'Avare_Ludovic_Lagarde_1
©Pascal Gély

La troupe de comédiens réunie par Ludovic Lagarde a l’énergie communicative. Il faudrait tous les citer, mais on retiendra Alexandre Pallu, qui compose un hilarant Valère, lèche-bottes et manipulateur, Myrtille Bordier, qui campe une Elise à la limite de la bipolarité, et Louise Dupuis, formidable Maître Jacques, tenancière de food-truck, toute en irrévérence gouailleuse.

Et puis, bien sûr, il y a Laurent Poitrenaux. Il virevolte, il sautille. Il éructe, il minaude. Il s’agite, il s’étire. Il terrorise son petit monde, tout en souffrant au plus profond de son propre avarice. Il exploite au mieux la palette infinie de son jeu et de son corps élastique pour nous proposer un Harpagon halluciné, emprisonné dans sa folie violente, absurde sans être mortifère, presque flamboyante. Ce soir-là, à la Comédie de Reims, les 700 spectateurs se sont levés d’un seul homme pour une longue ovation. Et cet hommage unanime, rare sur une scène nationale, était payé comptant.

Cet Avare a été créé en octobre 2014 à la Comédie de Reims et a beaucoup tourné depuis : la centième n’est pas loin, d’autres dates sont à venir en Province et c’est tant mieux !

1 – Les trouvailles de Ludovic Lagarde et de ses comédiens ne sont jamais gratuites et on entend le texte de Molière comme rarement.
2 – Laurent Poitrenaux, hallucinant Harpagon, chef d’entreprise et de famille, mène une troupe à l’énergie communicative.
3 – Il est réellement incompréhensible qu’aucune scène nationale parisienne n’ait encore programmé cet Avare…il est encore permis d’espérer.

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Reprise du Tartuffe de Luc Bondy à l’Odéon Théâtre de l’Europe

Le plateau des Ateliers Berthier façon échiquier géant nous invite à une partie où tous les coups sont permis. Que d’énergie dans ce spectacle, de plaisir, de sensations, de beauté, de subtilité, d’intelligence, d’efficacité, de trouvailles. Ce qui passionnait Luc Bondy dans Tartuffe, c’est l’histoire de famille que raconte la pièce – « parce qu’elle fournit un modèle de toute une société ». Et quelle famille que celle d’Orgon ! À commencer par lui, ce maître de maison qui ne l’est plus du tout, un être influençable, malléable, manipulable. En adoration totale devant celui qui l’a « tartuffié ».

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© Thierry Depagne

Les histoires de famille finissent mal en général, mais pas toujours…

Autour d’un formidable Samuel Labarthe, tous semblent en souffrance. Son épouse Elmire – flamboyante Audrey Fleurot qui reprend le rôle créé par Clotilde Hesme – délaissée, négligée, abandonnée… Sa fille Marianne – la prometteuse Victoire du Bois qui fut une magnifique Sacha, dans l’Ivanov de Luc Bondy – introvertie, timide, gauche, mal dans sa peau, éperdue d’amour et promise à un autre. Son fils Damis, – irrésistible Pierre Yvon – impétueux et prêt à en découdre avec la monstruosité, l’ignominie qui rôdent dans la demeure. Son frère, peut-être le plus raisonnable de tous, et sa mère, encore plus entichée de Tartuffe représentent les deux extrêmes de cette cellule familiale moribonde.

Pour faire éclater ce noyau familial, pour en dénouer les liens un à un, Luc Bondy avait eu cette idée géniale de faire appel à Micha Lescot. Longiligne en dépit d’une fausse bedaine, dégingandé, svelte et voûté, agile et souple, il apparaît brusquement, il est là sans qu’on l’ait vu arriver. Malsain à souhait, obséquieux, inquiétant, dérangeant, louche, menaçant, terrifiant. Evoquant une sorte de créature mi-insecte, mi-lombric. Toutes ses scènes sont glaçantes, même si certaines nous font rire, comme celle où il s’en prend à Damis. Pas de doute, Luc Bondy nous a légué ici une mise en scène mémorable, et pleine de vie…

Tartuffe_Luc_Bondy_1

Jean Giraudoux déclarait que « la plupart des pièces que nous considérons comme des chefs d’oeuvre tragiques ne sont que des débats et des querelles de famille » :

1 – C’est bien sous cet angle que Luc Bondy avait abordé l’une des plus belles pièces de Molière.
2 – La distribution qui n’est pas celle d’origine est encore plus percutante, notamment grâce au talent de Samuel Labarthe.
3 – Sur le plateau, on assiste à une histoire parallèle : celle d’une troupe de comédiens devenus orphelins, qui chaque soir rend hommage à un immense artiste.

Tartuffe – Spectacle vu le 28 janvier 2016 aux Ateliers Berthier
A l’affiche de l’Odéon-Théâtre de l’Europe jusqu’au 25 mars 2016
Mise en scène : Luc Bondy

 

Revue de presse du 13 janvier 2016 : Victor F, la Fugue, les Femmes Savantes et les Molière de Vitez

 

1. Laurent Gutmann présente au Théâtre de l’Aquarium Victor F. tiré du «Frankenstein» de Mary Shelley :

– « Des acteurs savoureux, une scénographie surprenante, un curieux spectacle qui ouvre un large spectre de réflexions sur les avancées de notre civilisation et son ensauvagement, sur les bienfaits des progrès de la science et la défiance à l’égard du projet transhumaniste. » – Un Fauteuil pour l’orchestre

– « L’excès de second degré tue à la longue l’intérêt du propos. » – Les Echos

– « La mise en scène et la scénographie sont au rendez-vous du propos. La pièce est belle. Le spectacle est un ravissement. » – Toute la Culture

– « Alliant grotesque et profondeur, il nous gagne immédiatement à la cause de son univers. » – La Terrasse

– « Laurent Gutmann créé une version moderne du mythe de Frankenstein dans laquelle on retrouve la question du transhumanisme mais aussi celle de la responsabilité du créateur. » – Theatral Magazine

 

2. La reprise aux Bouffes du Nord de Fugue de Samuel Achache, l’une des bonnes surprises du in avignonnais 2015 :

– « Sous forme d’une orchestration à plusieurs voix successives, les comédiens, qui sont également musiciens, accompagnent le texte d’airs joués au violoncelle, piano ou clarinette. » – Libération

– « Un spectacle où s’entremêlent la musique et le texte… à l’autre bout du monde : en Antarctique, sur une drôle de base scientifique internationale. » – Arte

– « Les six interprètes ont composé chacun leur partition dans ce travail très collectif, et qui sonne juste, en dépit de longueurs dans la narration par moments. » – Le Parisien

– Interview de Samuel Achache pour La Terrasse

 

3. Après Les Femmes savantes vues par Macha Makaïef, voici celles vues par Elisabeth Chailloux au Théâtre des Quartiers d’Ivry :

– « Elisabeth Chailloux indique procéder à une mise en résonance avec le féminisme des années 1960, parallèle non pertinent dès lors que ses revendications concernent la remise en cause des rôles familiaux traditionnels et la liberté sexuelle. » – Froggy’s Delight

– « Hélas, il y a beaucoup de contresens dans cette transposition interprétée sans homogénéité. » – Le Figaro

– « Elisabeth Chailloux revisite ici la pièce de Molière en l’inscrivant dans une ambiance de fin des années 1960. »–  Le Parisien

– Interview d’Elisabeth Chailloux pour La Terrasse

 

4. Pour rester chez Molière, le pari fou de Gwenaël Morin de remonter ceux deVitez aux Amandiers :

– « Pour jouer L’École des femmes, Tartuffe, Dom Juan et Le Misanthrope, Morin a travaillé avec des élèves acteurs du Conservatoire de Lyon. » – Le Figaro

– « C’est Molière en lâcher prise que nous offrent le directeur du Point du Jour et sa jeune troupe – du théâtre vibrant, fiévreux, intemporel, qui semble inventé à même le grand plateau. » – Les Echos

– « La distribution s’est faite au hasard, par tirage au sort, sans tenir compte des rôles d’hommes ou de femmes, des personnages principaux ou secondaires. » – France Inter

– « Le texte, rien que le texte, mais tout le texte joué hors de toute tentation psychologique, sous le regard du metteur en scène Gwénaël Morin. » – Le Progrès

 

 

Dom Juan ou le Festin de Pierre

Deux représentations valent mieux qu’une

Vu le 23 novembre 2014
Comédie Française – Salle Richelieu
Mise en scène : Jean-Pierre Vincent

 

Copyright : Brigitte Enguérand

« Rarement duo de comédiens m’aura autant enchantée : Dom Juan/Loïc Corbery et Sganarelle/Serge Bagdassarian communiquent au spectateur le plaisir qu’ils prennent à jouer l’une des plus belles pièces de Molière »

Ce qui est chouette avec le spectacle vivant, contrairement au cinéma, c’est que vous pouvez assister cinq fois à la même pièce, et voir cinq représentations différentes.
Les comédiens de théâtre ne sont pas prisonniers d’une pellicule. Chaque soir ils remettent le couvert, chaque soir le plat est différent.

Plusieurs fois, j’ai fait cette expérience de retourner voir un spectacle.
Dernier en date : Dom Juan – l’une de mes pièces favorites de Molière – à la Comédie Française.
J’avais découvert cette mise en scène de Jean-Pierre Vincent lors de sa création en 2012. Très bon souvenir.
J’y retourne donc fin 2014…pour constater que le spectacle s’est bonifié avec le temps!

D’après Serge Bagdassarian – immense comédien du Français et parrain de ce blog- un spectacle d’une telle ampleur n’est pas totalement rôdé lorsqu’il débute.
La seconde fois, j’ai perçu le lien qui s’était tissé au fil des représentations entre Serge Bagdassarian / Sganarelle et Loïc Corbery/ Dom Juan.
Certaines scènes sont devenues d’anthologie, comme celle entre les deux paysannes -acte 2 ou celle du souper -acte 4.

La mise en scène est percutante. Ce Dom Juan d’un cynisme affolant nous fait vibrer en même temps qu’il nous dérange. Loïc Corbery, inflexible et insolent est parfait dans ce registre.
Il devrait vous donner, comme à moi, une envie d’y revenir…

3 raisons de courir voir (ou revoir) ce Dom Juan à la Comédie Française

1 – Si vous ne connaissez pas cette pièce de Molière, ne ratez pas l’occasion de la découvrir avec des comédiens du Français au top de leur forme.
2 – Si vous avez déjà vu cette pièce, retournez-y car la mise en scène de Jean-Pierre Vincent lui donne un coup de jeune – et ce jusqu’à la toute dernière scène…
3 – Si vous avez déjà assisté à ce spectacle lors de sa création en 2012, retournez-y également! Promis : c’est encore mieux la seconde fois!!!

INTERVIEW

Serge Bagdassarian, Sociétaire à la Comédie Française [ vendredi 30 janvier 2015 ]