Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky, Théâtre de Poche-Montparnasse, revue de presse Pianopanier

Revue de presse 31 mai : Histoire du Soldat, L’Hôtel du libre échange et L’Ombre de Stella

Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky, Théâtre de Poche-Montparnasse, revue de presse Pianopanier

1. Sur la scène du Poche-Montparnasse, 8 musiciens, 3 comédiens et une danseuse donnent vie à l’Histoire du soldat de Ramuz et Stravinsky :

– « Histoire du soldat est une fable faustienne dans laquelle le jeune soldat qui rentre chez lui tombe sur le diable, qui lui soutire son petit violon en échange d’un livre magique qui apporte au jeune homme candide la fortune, mais pas le bonheur, et s’il rencontre la princesse, tout ne finit pas comme dans un conte. On est rarement aussi heureux au sortir d’un spectacle. Histoire du soldat, ainsi monté est interprété est «élitaire pour tous». Les plus jeunes comme les plus savants, y trouvent leur bonheur. Formidable ! » Le Figaro

– « On passe un moment charmant. Les musiciens ajoutent à leur élégant talent musical une retenue salutaire dans une salle si réduite. La mise en scène de Stéphane Druet est assez simple, un peu didactique, mais elle respecte l’esprit et la lettre de l’œuvre jouée. Une œuvre suffisamment peu montrée pour retenir notre curiosité. » SceneWeb

« T – Le parti pris des costumes rouge garance de 1914, dont tous sont affublés, la solide tenue musicale (Jean-Luc Tingaud et son orchestre-atelier Ostinato, formé de jeunes musiciens), le face-à-face du jeune acteur (Fabian Wolfrom, candide à souhait) et du récitant démiurge (Claude Aufaure, au verbe toujours aussi sonnant sous ses beaux cheveux blancs) sont des plus convaincants. » – Telerama

« Fort judicieusement, Stéphan Druet, qui en assure la mise en scène, n’a pas cédé à la tentation de la recontextualisation afin de conserver la poétique du fantastique attaché à l’ancestral conte russe dont l’oeuvre s’inspire et à sa conception originale de « petit théâtre ambulant » destiné à sillonner les villages. » Froggy’sDelight

« La musique accompagne des aventures qui voient le diable mener le héros par le bout du nez pour le faire toucher du doigt la félicité avant de faire s’effondrer le bel édifice. La pièce est autant divertissante que philosophique et la musique de Stravinsky accompagne idéalement la pièce en lui insufflant un souffle lyrique qui ne laisse pas de répit au spectateur. Emporté dans la douce folie de la pièce, il suit l’Histoire du Soldat avec des yeux d’enfant qui le font s’émerveiller et applaudir à tout rompre à la clôture du spectacle. » – Publik’Art

« L’exceptionnel Claude Aufaure est le narrateur, et ici il fait figure d’auteur en train de construire son histoire en même temps qu’elle se joue. Il dit le texte sur un rythme scandé comme une partition musicale, parfois accompagné du soldat qui le double, accentuant ainsi la musicalité du texte. Fabian Wolfrom incarne joliment l’innocence de la jeunesse et sa crédulité. En opposition, Licinio da Silva est le plus roublard des diables, inquiétant, comique et cabotin. » – WebTheatre

 

2. L’ultime nouvelle production de la saison 16-17 à la Comédie-Française est la mise en scène par Isabelle Nanty de L’Hôtel du libre échange de Feydeau :

« Forte de la virtuosité des comédiens-français, Isabelle Nanty parvient sans peine à tenir le tempo frénétique de la pièce. Avec Anne Kessler (Angélique Pinglet), transformée en hilarante poupée désarticulée, avec Christian Hecq (le cousin Mathieu), qui monte encore d’un cran dans le génie clownesque, elle cherche à tirer le spectacle vers un onirisme burlesque décalé. » – Les Echos

« Derrière ce verni de rire et de tendresse se cache une évidente gravité portée par des êtres qui savent leur monde en chute. Isabelle Nanty n’hésite pas à comparer Feydeau à Tchekhov et, bien que cela puisse être surprenant, sous sa baguette, on comprend pourquoi. » SceneWeb

« Isabelle Nanty signe là un petit bijou de mise en scène. Une mécanique de haute précision. Sans rien désamorcer de la charge au vitriol de Feydeau sur le couple mais en fouillant les personnages, leur donnant une sacré épaisseur, évitant de n’en faire que des pantins vides pris dans une mécanique qui les dépasse, devenue incontrôlable. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« Le décor signé pour la première fois par Christian Lacroix, qui a déjà créé pour la Comédie-Française de nombreux costumes, fait allusion à ce monde extérieur en pleine innovation, avec un vélocipède, mais garde aussi la pièce « dans son jus » avec ses costumes d’époque. » – Le Parisien

« TT -Pourquoi bouder son plaisir ? Dans les ravissants décors et costumes d’époque du styliste Christian Lacroix, les comédiens du Français s’en donnent à cœur joie pour incarner ce vaudeville survolté et sans amour, composé en 1894, où ne règnent que l’obsession de l’argent, le mensonge, la trahison, le goût de la vengeance et l’envie d’adultère… » Telerama

« Michel Vuillermoz est exceptionnel de virtuosité dans le rôle de Pinglet qui le confronte à la déroute de son stratagème.  Anne Kessler et Florence Viala sont des conjointes étonnantes de candeur et de folie tandis que Laurent Lafitte incarne un Bastien aussi ambigu que maléfique. Quant à Christian Hecq, il est abracadabrantesque de drôlerie dans le rôle de Mathieu, l’ami bègue et crédule flanqué de ses quatre filles. » – Artistik Rezo

« La scénographie est belle, harmonieuse et dynamique, joyeuse, rythmée, d’une claire lisibilité, parfaitement accordée à la mise en scène. Les comédiens sont excellents, jamais dans la caricature, au plus près de l’humanité de leurs personnages, pathétiques et risibles dans leurs efforts désespérés pour survivre. Une belle entrée au répertoire pour cette pièce qui connut un succès immédiat en 1894. » WebTheatre

« Toute la société passe dans l’Hôtel du Libre-Échange. Ici, les gens échappent à un statut social dans lequel ils ont été enfermés très jeune. Alors, pour certain, c’est un dernier appel pour ne pas passer à côté de leur vie. » – Isabelle Nanty pour SceneWeb

L'ombre de Stella, Pierre Barillet, Thierry Harcourt, Denis d'Archangelo, Pianopanier, Rond-Point

3. Au Théâtre du Rond-Point, Thierry Harcourt met en scène Denis d’Arcangelo dans L’Ombre de Stella, un monologue de Pierre Barillet :

« Familier des rôles de travesti – créateur notamment du personnage de chanteuse de cabaret Madame Raymonde – Denis D’Arcangelo montre ici l’étendue de son talent. Le comédien se réinvente totalement en Mylène, personnage haut en couleur, certes, mais avant tout femme brisée. Evitant la caricature, il parvient en même temps à faire rire et à émouvoir, transcende les genres, pour incarner un monstre de nostalgie et de désespoir. » Les Echos

« Denis d’Arcangelo, connu pour être « Madame Raymonde » dans les récitals du même nom incarne l’unique rôle de la pièce. Il est une dame d’un certain âge, fidèle « à la vie à la mort » à son amie. Le langage est brut sans être vulgaire, Mylène a la gouaille et ses mots sont fleuris, l’accent titi n’est pas loin et son cœur est immense. » Sceneweb

« Mylène, Denis d’Arcangelo donc. Impérial de gouaille comme toujours. Et ce qui est bien avec Denis d’Arcangelo, formidable et sensible comédien, grande gueule et franc du collier qui masque si peu sa délicatesse sous des atours faubouriens, c’est qu’il n’est jamais travesti. Il reste lui-même, acteur de composition. Acteur avec un grand A. » Un Fauteuil pour l’orchestre

« T – Le portrait ici dessiné en creux de la capricieuse Stella est un hommage noir, grinçant, plutôt subtil, à toutes ces starlettes oubliées qui ont battu les planches sous l’oeil des nazis et des collabos, d’Alice Cocéa à Corinne Luchaire en passant par Michèle Alfa. Pour laver ce linge plus ou moins propre dont on parle très peu dans la famille théâtrale, D’Arcangelo a tout l’abattage requis. Même s’il n’est ni Jacqueline Maillan ni Sophie Desmarets ! » –Telerama

« Le texte est nerveux, rieur. Il vire parfois trop au récit (Barillet est, avant tout, un dialoguiste) mais la mise en scène de Thierry Harcourt veille au rythme et accélère les émotions et le déroulement de la confidence. Denis d’Arcangelo, qui joue en travesti (c’est sa marque de fabrique depuis Madame Raymonde mais il en a d’autres), évite précisément les pièges du travestissement de music-hall. Il cultive l’ambiguïté du sexe et des sentiments. Il fait rire, il émeut, il est parfait. » – WebTheatre

« Denis D’Archangelo parvient à transcender un texte qui s’avère un modèle du genre en terme de compilation de poncifs et de clichés attachés à certaines actrices, descendantes des danseuses et courtisanes de la Belle Epoque et aieules des starlettes des années 1960, pratiquant le « coucher utile » pour échapper à la mouise à laquelle les vouait leur origine plébéienne. » – Froggy’sDelight

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