Blasted - 4,48 Psychosis, Sarah Kane, m.e.s. Benedetti - Théâtre d'Alfortville - © Simon Annand

Revue de presse du 7 février : La Tragédie du roi Christophe, Un air de famille & Cuisine et dépendances, Blasted / 4.48 Psychosis

La Tragédie du roi Christophe, Aimé Césaire, m.e.s. Schiaretti, TNP Villeurbanne-Lyon La Tragédie du roi Christophe @ Romain Lafabrègue

1. Schiaretti s’empare de La Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire, épopée flamboyante mais parfois perçue par certains comme didactique :

« Sans renoncer à faire entendre la poésie de la langue de Césaire – portée avec bonheur par la diversité des accents de la francophonie… – Christian Schiaretti choisit la pédagogie contre l’ellipse et la métaphore. On saisit entièrement les enjeux politiques de la pièce, les personnages sont clairement identifiés et le texte est parfaitement compréhensible. Reste un spectacle qui doit continuer sa route, ne serait-ce que pour rappeler à l’inquiétant aujourd’hui que les rêves de l’égalité et de la liberté sont aussi difficiles à construire que la citadelle Laferrière, rêvée par Christophe et devenue patrimoine de l’humanité… » La Terrasse

« Césaire en majesté. On est ému de retrouver sur scène une troupe intense de 18 comédiens, 14 figurants, 4 musiciens, mis en scène avec sobriété et tranchant par Christian Schiaretti. Si, par moments, le spectacle paraît un peu didactique et figé, on est emporté par la force de la langue, l’énergie et la beauté des comédiens. » Les Echos

 » Un puissant acte de résistance créatrice. Le comédien Marc Zinga excellait dans le rôle du héros congolais ; il brille tout autant en despote haïtien, entouré de son très formel secrétaire Vastey (Marcel Mankita) et de son bouffon Hugonin (Emmanuel Rotoundam Mbaide). Dans la scénographie minimaliste de Christian Schiaretti, lui et ses trente-six compagnons de plateau d’origines diverses sont à eux seuls le pays de convulsions où se déroule la fresque de Césaire. » Time Out

« Le verbe de Césaire traverse le vaste plateau, habité par l’agitation, les combats politiques, les rêves et les ambitions de Christophe. La pièce a du souffle, la mise en scène en donne à voir la dimension humaine et historique et fait entendre la pensée du poète. La scénographie, les costumes, la musique interprétée par les musiciens installés sur une estrade en fond de scène, les chants, l’interprétation, notamment de Marc Zinga (Lumumba dans « Une saison au Congo »), dans le rôle du roi Christophe, de Emmanuel Rotoubam Mbaide, dans celui d’Hugonin, tous portent haut et clair la parole de Césaire. » Le Journal du dimanche

« Une épopée surprenante par sa lucidité politique sans concession et écrite dans une langue somptueuse. C’est à Marc Zinga que revient le rôle-titre. Il incarne ce roi devenu tyran par aveuglement, ce monarque au destin brisé, et il le fait avec énormément de nuances et de finesse, beaucoup d’émotion aussi. Cependant, la mise en scène dans son ensemble, et malgré la belle vitalité que montre cette troupe burkinabé, reste assez froide et statique… Il est vrai que la parole est parfois couverte par les instruments et rend donc peu compréhensible un texte qui oscille entre discours politiques relativement subtils et poésie très imagée. Ce spectacle demande encore à être rodé pour prendre véritablement sa juste mesure. Il en porte les promesses… » Les Trois Coups
Un air de famille, de Jaoui et Bacri, Théâtre de la Porte Saint-Martin photo © Pascal Victor Un air de famille @ Pascal Victor

2. Le retour des cultissimes Un air de famille et Cuisine et Dépendances, mis en scène par Jaoui, portés par une troupe applaudie !

« Les pièces d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri sont des pièces d’époque. Elles sont dans leur jus. Mis à part les accessoires, le reste n’a pas pris une ride. Agnès Jaoui a réuni des acteurs de haut vol. Le talent des Jouai-Bacri est de ne pas figer les personnages, de ne pas les condamner. Chacun, ou presque, est sauvé d’une manière ou d’une autre. » Figaroscope

« Le pari est gagné. Plus de vingt ans après leur création, ces pièces n’ont pas pris une ride, résonnent avec la même justesse et suscitent toujours autant de rire et d’empathie. Rien n’a été actualisé : décors, costumes, nous sommes toujours dans les années 1990 avec le téléphone fixe et le lourd annuaire des pages jaunes. Et c’est tant mieux. » Le Monde

« Après les succès des films, il était difficile de relever la gageure de l’incarnation de leurs personnages, tant l’accent et les mimiques des comédiens qui les créèrent demeurent dans la mémoire des spectateurs. Il faut donc saluer le talent de ces interprètes qui parviennent à habiter leurs rôles avec talent, sans que la comparaison ne joue en leur défaveur. Aujourd’hui – peut-être parce que les valeurs décriées ont uniformément gagné les esprits – le débat paraît dépassé, et les deux pièces un peu datées. D’autres comiques, plus insolents encore, ont envahi les scènes et les écrans, et la critique sociale de ces deux textes semble rétrospectivement assez sage. On rit évidemment, mais l’insolence initiale s’est affadie avec le temps. » La Terrasse

« Retour réussi des pièces cultes de Jaoui-Bacri sur les boulevards ! » Les Echos

« La production est très soignée, avec deux grands décors d’Alban Ho Van, des costumes malins de Nathalie Raoul qui indiquent l’époque, mais si discrètement que l’on n’oublie que l’on n’est pas aujourd’hui et maintenant. Les dialogues sont brillantissimes, avec cette ironie, cette amertume sans férocité excessive et ces scènes cocasses… Le secret de la réussite de cette double reprise tient évidemment en grande partie à l’équipe de six comédiens excellents réunis. On rit beaucoup, on est ému. On admire ! » Figaro

« Cette fois Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri ne font pas partie de la distribution, mais 23 ans après, leur sens de l’observation et leur talent d’écriture font toujours mouche. On citera le magnifique travail du décorateur, Alban Ho Van. Ce café des années 1950, on pourrait passer tout le temps de la pièce à le détailler tellement il sonne vrai. Agnès Jaoui, oubliant la mise en scène de la création, réorchestre avec habileté et humour et sans chercher à la rendre contemporaine, cette pièce qui a vraiment fait connaître son couple et qui n’a pas pris une ride. » Culture Box
Blasted - 4,48 Psychosis, Sarah Kane, m.e.s. Benedetti - Théâtre d'Alfortville - © Simon Annand Blasted @ Simon Annand

3. Blasted/4.48 Psychosis, première et dernière pièces de Sarah Kane, montées par Benedetti – peut-être un “grand écart”, de toutes façons des spectacles intenses :

« Avec « 4.48 Psychosis », le directeur-metteur en scène nous plonge dans un espace abstrait, où seule compte la comédienne convoquant l’esprit de Sarah Kane. Hélène Viviès joue sa partition sans pathos, avec maîtrise, une implacable ironie, des flashs de colère, de la douceur parfois. Dirigée au cordeau, elle exprime toute la poésie noire et les enjeux du texte. Las, « Blasted » paraît aujourd’hui bien démonstrative. Et le choix d’une mise en scène brute, sans filtre, n’arrange rien. En voulant tout montrer pleins feux, il rend la pièce trop réaliste, la violence désespérée du propos se noie dans le trash et l’hémoglobine. Ce retour à Sarah Kane s’avère donc un peu bancal. Il mérite toutefois le détour. Pour la lecture lumineuse que nous offrent Christian Benedetti et Hélène Viviès de « 4.48 Psychosis ». » Les Echos

« Descente aux enfers. L’intimité âpre et rustique du Théâtre-studio d’Alfortville fraîchement rénové devient écrin sanglant, antichambre de mort et de cauchemar comme dans un conte d’Edgar Poe. Christian Benedetti ose le réalisme et ne fait pas dans la litote. Mais la brutalité de sa mise en scène, au ras du texte, en exorcise bizarrement, et sans complaisance, l’épouvante… La beauté suffocante des mots, du rythme en plus. Monter ce diptyque est un geste magnifique qu’a eu Christian Benedetti. Il traque et célèbre à la fois une œuvre qui écorche, blesse, coupe le souffle mais fait mieux voir aussi et comprendre — et aimer ? — le désordre atroce du monde. » Télérama

« Le texte est riche, exigeant et terrible. La mise en scène enveloppante et minimaliste cache un travail admirable sur les lumières et la scénographie. C’est épatant. » Toute la culture

« Dans « Blasted » s’emmêlent aussi bien les cruautés shakespeariennes que [d’autres] plus insoutenables encore. Autant d’horreurs que Christian Benedetti met en scène à cru, sans effet de manches et sans fioritures. Prenant l’écriture au mot, il hisse la pièce au-delà de la banale provocation et derrière ces trois humains perdus et éperdus, ce sont les échos de nos actuels désastres et tragédies qu’il nous fait entendre. Dans « 4.48 Psychosis », où s’entrecroisent poésie, cri de rage, et compte rendu clinique, c’est un déchirant appel à l’amour, au partage, à la vie. Hélène Viviès irradie littéralement cette sombre et éprouvante partition aux rives des enfers. En mettant à l’affiche en alternance ces deux pièces, Christian Benedetti met en regard les fractures intimes et la folie du monde. « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil » écrivait René Char, c’est exactement cela, qu’à travers Sarah Kane, nous dit Christian Benedetti et son excellente troupe de comédiens. » WebThéâtre

« Scéniquement Benedetti fait le grand écart ! Sa mise en scène démonstrative de « Blasted » appuie jusqu’à l’écœurement. Le texte de Sarah Kane passe au deuxième plan dans cette mise en espace dont on ne retient que les images gores et sanguinolentes. C’est très différent dans « 4.48 Psychosis ». On retrouve le Christian Benedetti que l’on aime, radical. Hélène Viviès est statique, droite comme un I. Son visage se transforme en fonction des éclairages sculptés de Dominique Fortin, tantôt enfantin, tantôt féminin, tantôt masculin. Elle est remarquable, tout comme le travail tout en minutie de Christian Benedetti, qui a choisi de faire le grand écart en ce début d’année 2017 pour continuer de nous surprendre, encore et toujours. » Sceneweb

« Entretien : « Cette parole unique est tellement forte qu’elle concrétise l’ambition ultime de Sarah Kane : faire en sorte que le fond et la forme parviennent à se rejoindre, à se confondre. » Christian Benedetti » La Terrasse

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