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Focu Meu : une envoûtante et énigmatique célébration

Dans le cadre du festival JUNE EVENTS, le Carreau du Temple accueille la nouvelle création de Benjamin Kahn.

Après une trilogie de solo remarqués, qui questionnait « les projections sur les corps, le regard, le lien entre l’intime et le collectif », il lance sur le plateau un geste collectif, confiant à 5 danseur.euses de faire corps et choeur dans une envoûtante pièce à l’écriture chorégraphique d’une construction rigoureuse et complexe.

Sur fond d’obscurité et de silence, une, seule d’abord, toute de lents mouvements, semble chercher un point d’équilibre; l’air se charge de fredons, les autres la rejoignent, la nuit se fait plus profonde, les voix montent. Mystère et opacité, comme une Leçon de ténèbres sans église.
Des cris percent, les corps restent invisibles, bientôt d’un éclair, d’une sonorité de tremblement de terre, surgira, à peine, un corps, dansant en lisière de lumière.
Trépignements, demi-pointes, poings levés, lentes circambulations, les danseur.euses font bloc, se déplaçant comme une entité dense, effective, d’un poids qui déplace l’air, dont parfois s’échappe un solo impérieux, fougueux.

Pas de folklore caucasien et tarentelle, ondulations de bassin et grand-plié, les danses traditionnelles et le vocabulaire classique se télescopent dans cette proposition contemporaine radicale, nocturne et fiévreuse, à la verticalité obstinée.
La création sonore et musicale juxtapose une électro exigeante et très sensorielle – avalanche de roches, grondement d’orage, infrabasses vibrantes -, aux voix humaines, aux percussions corporelles, alternant silences profonds, minimalisme et passages extrêmement texturés, d’une matière riche et complexe – de même la chorégraphie alterne immobilités, mouvements à peine esquissés ou tout juste entrevus dans la pénombre et passages où les danseur.euses, seul.es, parfois dispersé.es ou en groupe compact imposent leur présence intense, leur engagement physique, leur gestuelle d’une grande précision – de même la création lumière alterne noirs impénétrables, clairs-obscurs et clarté vive.
Benjamin Kahn avec ce Focu Meu nous invite à une cérémonie secrète et sibylline, où voix et corps résonnent pour inventer un langage mystérieux et universel, où l’intime rejoint le politique pour incarner la puissance de l’ « ensemble ».

Marie-Hélène Guérin

 

FOCU MEU
Au Carreau du Temple les 3 et 4 juin 2026
Conception, chorégraphie, texte, costume : Benjamin Kahn
Interprètes : Théo Aucremanne, Orane Bernard, Louis Clément Da Costa, Manon Kanjinga Janssen, Nonoka Kato
Création musique : Raphaël Hénard
| Création lumière : Fudetani Ryoya
| Costumes : Clarisse Brillouet
| Regard extérieur : Cherish Menzo
| Régisseur général et lumière : Neills Doucet
| Régisseur son : Sammy Bichon

Production, administration : Benjamin Kahn
Diffusion, développement : Sandrine Barrasso
Suivi administratif : Wouter Bouchez
Coproduction : Charleroi Danse, Les Brigittines, Studio Thor, Le Carreau du Temple, One Dance Festival (Plovdiv), Gouvernement Flamand (bourse de recherche), Kunstencentrum Viernulvier, December Dance, Atelier de Paris/CDCN, IRA Institute, CCN-Ballet national de Marseille
Résidences : Charleroi Danse, Les Brigittines, Studio Thor, Le Carreau du Temple, One Dance Festival (Plovdiv), Viernulvier, Atelier de Paris/CDCN, IRA Residencies program, Centre national de la danse
Avec le soutien de : KLAP Maison pour la danse à Marseille, Actoral Marseille, Wallonie-Bruxelles International

André

Dans la peau d’André Agassi

Vu pour la première fois à Avignon en juillet 2013
Au Rond-Point / Carreau du Temple jusqu’au 20 mars 2015
Un projet de Marie Rémond

 

 

« Quand une talentueuse auteure, metteuse en scène et interprète se glisse dans la peau de l’un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps… »

Petit conseil à mes amis lecteurs qui n’auraient pas encore vu André et qui ne connaîtraient rien au sujet de la pièce : vous en avez déjà trop lu!
Courez voir ce spectacle au Carreau du Temple à Paris, ou en tournée, avant de reprendre votre lecture…
Car si « l’effet de surprise » est plus ou moins marquant selon les spectacles, il est ici presque essentiel.

J’espère donc m’adresser à vous, lecteurs qui avez eu comme moi la chance d’assister à ce projet assez hors du commun. Un projet né dans la tête de Marie Remond. Marie Remond qui en plus d’être une formidable comédienne a une très jolie plume. Elle a aussi deux camarades de promotion du Théâtre National de Strasbourg : Sébastien Pouderoux (désormais pensionnaire à la Comédie-Française) et Clément Bresson. Sur une idée de Marie, tous trois ont travaillé « au plateau » pour créer « leur propre « André », empreint de leurs sensibilités, de leur humour, de leurs interrogations ».

Qui est ce fameux André? André Agassi, surnommé « le Kid de Las Vegas » l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération. Vous le connaissez tous, vous gardez sans doute en mémoire ses coups droits, son revers à deux mains, sa coupe de cheveux, ses shorts bariolés, son mariage ultra-médiatisé avec Brook Shields…

André, c’est aussi… Marie Rémond. Elle est juste… dingue! Du haut de son mètre soixante, elle parvient à se glisser dans le costume et sous la perruque d’Agassi avec une aisance inouïe. Et surtout : elle nous communique le mal-être de ce champion mondial de tennis qui détestait par-dessus tout…le tennis.

Pour donner la réplique à Marie et incarner aussi bien le père, le frère, le coach, la fiancée, la femme d’Agassi : deux comédiens ont remplacé les camarades de promo de Marie Rémond. Jamais simple de reprendre un rôle qui a été créé « sur mesure ». Christophe Garcia et Laurent Ménoret s’en sortent à merveille.

André : après le Carreau du Temple, une dernière mini tournée et puis c’est fini? Quel dommage!…

1 – Si vous ne savez pas encore à quel point André Agassi a souffert d’être l’un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps…
2 – Marie Remond est une artiste accomplie, aussi douée de sa plume que sur une scène de théâtre.
3 – Parce que « les gens qui doutent » sont toujours plus fascinants, émouvants, attachants…

 

INTERVIEW


Cliquer pour consulter l’interview de Marie Rémond par Nelson Monfort