Innocence de Dea Loher au Français

Une mise en scène pas si innocente que cela…

Spectacle vu à la Comédie-Française le 23 avril 2015
A l’affiche de la Salle Richelieu jusqu’au 1er juillet 2015 
Une pièce de Dea Loher
Mise en scène par Denis Marleau

© Christophe Raynaud de Lage

Le metteur en scène Denis Marleau n’a pas facilité la tâche des comédiens du Français…ni celle des spectateurs !…

 

Fidèle de la Comédie-Française depuis des années et des années, je suis toujours curieuse des nouvelles entrées au répertoire. Car s’il est vrai que la vocation de ce lieu est de revisiter nos auteurs classiques, il nous fait parfois découvrir des auteurs contemporains.
Ce texte, Innocence de Dea Loher accueilli avec un énorme enthousiasme par le Bureau des Lecteurs l’avait consacrée première auteure de langue allemande à entrer de son vivant au répertoire de la Comédie-Française.

Jeudi dernier, je m’installe donc dans une salle Richelieu seulement aux trois-quarts pleine – fait assez rare pour être souligné. La pièce qui se joue depuis fin mars est loin de faire l’unanimité, on peut même parler de semi-échec, malgré quelques critiques bienveillantes. Armelle Héliot évoque notamment une pièce « qui exige beaucoup du spectateur ». Elle n’a pas tort. Il faut « s’accrocher pour accrocher ». Pour ne pas décrocher, et se retrouver totalement perdu…

Plutôt en forme ce soir-là, je me suis donc accrochée et j’ai trouvé le texte intéressant. Le but de l’auteur est de nous faire réfléchir à la responsabilité individuelle et collective. Au travers d’une douzaine de personnages qui composent une vingtaine de tableaux successifs. On y croise deux immigrés clandestins, une femme errante, des parents bouleversés par l’assassinat de leur fille, une jeune femme aveugle, une ancienne communiste diabétique, sa fille et son gendre, un jeune médecin, un candidat au suicide, une philosophe…

Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ? Pourquoi n’ai-je été à aucun moment émue par ce spectacle ? Pourquoi ai-je le sentiment qu’il ne m’en restera pas grand-chose dans quelques semaines ? La faute à qui ?
Sans doute pas à l’auteure : j’ai plutôt envie de relire le texte à tête reposée. Certainement pas aux comédiens : toujours aussi talentueux, ils sont formidables, on ne le dira jamais assez. Au metteur en scène, évidemment ! Quelle idée d’avoir emprisonné les douze personnages sur le plateau du début à la fin. D’avoir « cassé » le rythme de cet enchaînement de tableaux pour proposer une immense fresque incompréhensible. Pauvres comédiens ! On a mal pour eux, on sent qu’ils ne prennent aucun plaisir à jouer, et ce malaise est communicatif.

Si vous souhaitez découvrir un nouvel auteur, prenez-vos places à la Comédie-Française : peu de chance que la pièce y soit reprise la saison prochaine !

 

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