Interview de Cesare Capitani

Interview de Cesare Capitani – 25 janvier 2017
Au sujet de son spectacle Moi, Caravage au Lucernaire

« Le Caravage a eu une vie tellement romanesque ! D’ailleurs il y a eu un roman, et même plusieurs ! » – Cesare Capitani, auteur, comédien et metteur en scène

Diplômé de l’École de Théâtre « Paolo Grassi » de Milan (anciennement École du Piccolo Teatro) Cesare Capitani est tombé follement amoureux de Paris lors d’une tournée et a décidé de s’y installer sur un coup de tête.
Il est l’auteur de Rhapsodie, pièce de théâtre, ainsi que d’une adaptation théâtrale du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose, et d’une série de nouvelles primées en Italie.

Suite au succès de son spectacle « Moi Caravage » autour de la vie du célèbre peintre italien, Cesare a créé un Seul en scène sur le personnage de Galilée. Face à l’accueil très enthousiaste du public, une tournée de ces deux spectacles le mènera prochainement sur les routes de France, et… d’Italie !

En parallèle, il travaille à sa prochaine création « Promenade… in Italia », une sorte de parcours poétique, musical, théâtral, littéraire… Une immersion dans la culture et les traditions de nos « chers voisins », un zoom sur les différences entre Italiens et Français, un clin d’oeil aux clichés concernant ces deux cultures. Car Cesare est définitivement italien ET français !

Interview de David Nathanson

Interview de David Nathanson – 17 janvier 2017
Au sujet de ses deux spectacles : D’autres vies que la mienne au Théâtre de la Reine Blanche et L’Ecorce des rêves à la Manufacture des Abbesses

« Cette histoire me touche beaucoup, c’est l’humanité qui me touche, l’humanité de ces gens-là . » – David Nathanson, auteur, comédien et metteur en scène

Le récit d’Emmanuel Carrère « D’autres vies que la mienne » touche tous les gens qui le lisent parce qu’il fait forcément écho à des choses personnelles. David Nathanson ne pense pas être plus impliqué que d’autres lecteurs mais « il se trouve qu’il est comédien et qu’il a eu envie de porter cette histoire sur scène. »

Pour cela, il a fait appel à Tatiana Werner qui l’avait déjà mis en scène dans son adaptation du roman d’Edgar Hilsenrath Le Nazi et le Barbier. Après deux belles exploitations au Festival d’Avignon, le voici sur la scène du Théâtre de la Reine Blanche dont la programmation exigeante d’Elisabeth Bouchaud devrait attirer toujours plus de monde.

En parallèle, David Nathanson met en scène un spectacle « tout public à partir de 5 ans », sa première pièce en tant qu’auteur. L’Ecorce des rêves a été créé à Paris à la Manufacture des Abbesses et sera repris à Avignon en 2017 au Théâtre du Centre. Un coup d’essai dont il peut être fier et qui lui a donné envie de poursuivre ce travail d’écriture et de création dans le cadre de sa Compagnie Les Ailes de Clarence. Bonne nouvelle : nous continuerons de suivre son travail…

Interview d’Hélène Degy et Elodie Menant

Interview d’Hélène Degy et Elodie Menant – 13 novembre 2016
Au sujet du spectacle La Peur prolongé au Théâtre Michel  jusqu’au 26 février 2017, succès oblige…

« Pour le rôle d’Irène, j’avais en tête l’image de Grâce Kelly, le côté, très féminin,  très femme. La rencontre avec Hélène fut une évidence… » – Elodie Menant, comédienne et metteure en scène

Elodie Menant qui s’était déjà emparé d’un roman de Stefan Zweig (La Pitié dangereuse) a adapté et mis en scène La Peur, en la transposant dans les années cinquante et dans une mise en scène très cinématographique. Aux côtés d’Hélène Degy qui interprète le rôle principal, Ophélie Marsaud et Aliocha Itovich forment un trio infernal.

Après avoir beaucoup tourné, le spectacle s’est installé au Théâtre Michel où il a reçu un accueil très enthousiaste qui lui a valu d’être prolongé jusqu’à fin février 2017.

« Admirable et haletant », « mise en scène qui relève du génie », « une jolie réussite » : une presse assez unanime qui remplit de joie Elodie et Hélène. Entretien croisé avec deux sacrées personnalités bourrées de talent…

Interview d’Anthony Magnier et Mikael Taieb – Compagnie VIVA

Interview d’Anthony Magnier et Mikael Taieb (Compagnie VIVA) – 24 novembre 2016
La Compagnie présente actuellement au Théâtre 14 une ébouriffante mise en scène du Fil à la Patte

« L’idée était de reprendre ce grand texte de Feydeau et de le ramener à sa quintessence : le jeu des comédiens… »

Anthony Magnier a créé la Compagnie VIVA en 2002. Cela fait donc 15 ans qu’il explore la modernité des grands textes du répertoire, au rythme effréné d’une création par an. La Compagnie emploie cinq personnes et fait travailler une trentaine de comédiens, comme Mikael Taieb qui interprète le fameux Bouzin du Fil à la Patte. Déjà plus de 200 représentations pour cette mise en scène décalée, dépoussiérée, ultra-moderne et irrésistible de la pièce de Feydeau.

Ils sont à Paris  jusqu’au 31 décembre 2016 et c’est plutôt rare : ils ont plutôt l’habitude de sillonner les routes de France. Si vous êtes parisien et que vous ne connaissez pas encore leur travail, courez au Théâtre 14. Si vous êtes en province guettez les dates de leurs prochaines tournées près de chez vous, vous ne le regretterez pas !

Interview de Véronique Vella

Interview de Véronique Vella du 25 novembre 2016
Elle met en scène Le Cerf et le Chien – création novembre 2016 au Studio-Théâtre de la Comédie-Française

« Depuis toutes ces années, je ne l’ai vue changer qu’en bien, la Comédie-Française ! »

Lorsqu’on regarde le trombinoscope de la troupe de la Comédie-Française et qu’on la découvre tout en haut, quatrième plus ancienne sociétaire actuelle, on a un peu du mal à y croire… De même qu’on a du mal à croire qu’elle fêtera bientôt ses trente ans dans l’illustre maison. Car ce qui frappe lorsqu’on rencontre Véronique Vella, c’est d’abord son allure juvénile. Son air d’adolescente, voire de petite fille, à l’image de « sa » Delphine du conte de Marcel Aymé qu’elle met en scène au Studio-Théâtre.

Et cependant, il aura bien fallu ces quasi trente années bien remplies pour enchainer tous ces rôles et réaliser toutes ces rencontres : Françoise Seignier, Michel Vitez, Marc Paquien, Daniel Mesguich, Laurent Pelly, Valère Novarina, Marcel Bozonnet, Alfredo Arias… La liste de ceux qu’elle appelle « ses petits cailloux blancs » est impressionnante et ne demande qu’à être enrichie ; to be continued…

 

Interview de Catherine Sauval

Interview de Catherine Sauval du 21 novembre 2016
Au sujet de son spectacle Jules Renard, l’homme qui voulait être un arbre – création novembre 2016 au Théâtre de Poche-Montparnasse

« Je serais ravie de passer un an ou deux à sillonner la France avec ce spectacle, aller porter cette bonne parole… »

Le spectacle que Catherine Sauval a adapté à partir du Journal de Jules Renard et qu’elle interprète actuellement au Théâtre de Poche-Montparnasse est touchant, plein de finesse et d’intelligence. « Par les temps qui courent, l’intelligence de Jules Renard fait tellement de bien », déclare-t-elle.

Pour celle qui a passé plus de trente ans à la Comédie-Française, la petite salle du Poche est une forme de « sas d’acclimatation entre le Français et l’air libre ». Cette liberté lui donne des envies de tournée – son spectacle sur Jules Renard ne devrait pas se limiter à Paris- et des désirs de tournage -pour le cinéma, pourquoi pas ?… Rencontre avec une comédienne d’une immense sensibilité.

Interview de Léonie Simaga

Interview de Léonie Simaga du 18 novembre 2016
Au sujet de sa mise en scène de Pour un oui ou pour un non – création novembre 2016 au Théâtre de Poche-Montparnasse

« En devenant comédienne à la Comédie-Française j’ai réalisé un rêve que je n’avais même pas osé faire… Parallèlement il y a des rêves que j’ai faits et que je n’ai pas réalisés… Pas encore ! »

Elle est belle, lumineuse, solaire. Elle est intelligente, spirituelle, brillante. Et tellement pleine d’humilité. Aussi abordable qu’adorable. Aujourd’hui, à 38 ans, elle réalise qu’elle a du temps devant elle, pour la première fois de sa vie elle. Pas d’autre échéance que la première de Pour un oui ou pour un non qui a eu lieu le 18 novembre au Poche-Montparnasse. Pas de prestigieux concours à préparer (Normale Sup, Sciences Po, le Conservatoire). Pas de pièce dans laquelle jouer ou mettre en scène pour la Comédie-Française (elle y a fut la 520ème sociétaire et y passa dix années de sa vie).

Aujourd’hui, Léonie dispose donc de ce temps si précieux, pour réfléchir à ce que sera la seconde partie de sa vie… Gageons que cette parenthèse nous réserve de belles surprises !

Interview de Johanna Nizard

Interview de Johanna Nizard du 7 octobre 2016
Au sujet de son Seule en scène Une légère blessure – création novembre 2016 au Théâtre du Rond-Point

« Quand on se retrouve seule avec des mots de Laurent Mauvignier, il vaut mieux être un super sportif. Et ne pas avoir peur… »

Johanna Nizard qui a débuté la saison salle Renaud-Barrault du Rond-Point dans Fumiers, mis en scène par Thomas Blanchard fait un grand écart : elle revient dans la petite salle Topor, avec un Seule en scène que Laurent Mauvignier a écrit pour elle. Un texte sorti d’un trait, en une heure et demie, « comme un jet ». Il raconte qu’il  entendait la voix de Johanna pendant qu’il écrivait – cette voix repérable entre toutes, si singulière, incomparable, inoubliable…

Travailler avec des auteurs vivants est au cœur du choix de Johanna de faire ce métier-là : Rémi de Vos (Sextett, Projection privée, Trois ruptures), Marion Aubert (Saga des habitants du Val de Moldavie, Dans le ventre du loup), aujourd’hui Laurent Mauvignier…
Johanna est également associée à des projets au cinéma ou à la télévision. Elle-même a d’ailleurs réalisé, en 2001, un court-métrage intitulé Loin d’eux, d’après le premier roman d’un certain… Laurent Mauvignier.

Interview d’Alexandre Haslé

Interview du 18 octobre 2016
Au sujet de son spectacle La Pluie – recréation octobre 2016 au Lucernaire

« Ce n’est pas un hasard si j’ai décidé de reprendre ce spectacle aujourd’hui. On vit dans un monde où l’humain perd tous ses repères et s’enfonce dans le néant. »

Alexandre Haslé, comédien, metteur en scène, plasticien et marionnettiste revient quinze ans après avoir créé son bouleversant spectacle La Pluie, d’après le texte de Daniel Keene. Un spectacle de marionnettes, de grandes marionnettes auxquelles il donne une partie de son corps et qui deviennent ses partenaires de scène. Le texte de Keene, très court – 9 pages écrites sans aucune ponctuation, ce qui laisse une grande liberté d’interprétation – est une sorte de monologue intérieur : celui d’Hanna, une vieille femme qui fut témoin de la Shoah et qui, à l’aube de sa propre mort réalise « qu’elle ne peut plus rien faire d’autre que se souvenir ». Un texte poétique, simple, magnifique, évident, sans pathos, porté par les précieuses marionnettes d’Alexandre. Ce spectacle créé il y a quinze ans avait eu un énorme succès en tournée, et l’artiste avait eu plusieurs propositions de reprises auxquelles il s’était refusé, ne sachant pas trop ce qu’il pourrait y ajouter. Jusqu’à être rattrapé par une actualité qui résonne terriblement avec la pièce : « aujourd’hui, alors que l’humain est perdu dans un monde qui lui est devenu étranger, qu’il est de plus en plus attiré par le néant, cette re-création est un travail qui me semble avoir du sens, de l’importance ».

Interview de Serge Bagdassarian

Interview du 5 octobre 2016
Au sujet de son Interlope (cabaret) – création septembre 2016 au Studio-Théâtre de la Comédie-Française

« Je suis toujours interpellé par le travestissement. Quelle aventure, quel voyage que d’aller d’un sexe à l’autre, d’un pôle de l’humanité à l’autre. »

Serge Bagdassarian, 521è sociétaire de la Comédie-Française n’en est pas à son premier cabaret au sein de la maison de Molière.
L’une des plus belles voix de la troupe débute cette aventure musicale l’année même de son entrée (2007) avec les cabarets Comédie-Française qui s’installent au Studio-Théâtre. D’autres suivront : les cabarets mis en scène par Philippe Meyer (Chansons des jours avec et chansons des jours sans, Chansons déconseillées) ou par d’autres sociétaires (le cabaret Georges Brassens de Thierry Hancisse, le cabaret Léo Ferré de Claude Mathieu). En 2013, Serge Bagdassarian met lui-même en scène un fantastique cabaret Boris Vian… Pour lancer la saison 2016/2017 du Studio-Théâtre, Eric Ruf lui a demandé de monter un spectacle autour des cabarets transformistes de l’entre-deux guerres. Serge a choisi ses interprètes par rapport à l’histoire qu’il voulait raconter. Ses excellents partenaires – Véronique Vella, Michel Favory et Benjamin Lavernhe – et lui-même représentent quatre univers, quatre générations, quatre histoires auxquelles on s’attache forcément.
Et finalement, plus que d’homosexualité, plus que de transformisme, Serge Bagdassarian nous parle… d’amour !