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Kvetch, ou comment gérer ses démons intérieurs

Franck et Donna sont mariés et s’ennuient dans leur vie étriquée de petits-bourgeois. Une fois par semaine ils reçoivent la mère de Donna à dîner. Ce soir-là, Franck invite également son collègue Hal qui vient de se séparer de sa femme. Voilà pour le « pitch » d’un début de pièce qui pourrait sembler fort banal. Ce serait sans compter les fameux « kvetchs« . Les « kvetchs » en yiddish sont ces vilaines pensées qui se terrent au fond du cerveau et qui ont vocation à y rester. Le sous-titre de la pièce – « Les mots à l’arrière de nos têtes » – dévoile l’intention de l’auteurCes apartés, ces dialogues intérieurs de chaque protagoniste vont totalement modifier les situations et les rapports.

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© Giovanni Cittadini Cesi

Et si l’on exprimait tout haut ce que l’on pense tout bas ? Si l’on se laissait un peu aller à dire tout ce qui ne se dit pas ? Quel serait le résultat ? Kvetch apporte une partie de la réponse…

Résultat, ils sont quatre au plateau, pour interpréter cinq personnages. Mais ils semblent tellement plus nombreux !… La mise en scène de Sophie Lecarpentier est très énergique, très fluide. Prenant le parti de réinventer les figures à mesure qu’elles expriment leurs « kvetchs ». Dans une sorte de chorégraphie, de langage corporel. Une danse amplifiée par les sons de l’alto qui procurent un vrai relief au spectacle.

Le principal risque lorsqu’on monte ce texte de Berkoff est de « tourner un peu en rond », une fois passée la découverte du procédé au premier acte. Pas de lassitude ici. Les comédiens parviennent à nous embarquer et nous retenir dans leurs histoires intérieures, leurs peurs, leurs phobies, leurs phantasmes… A tel point qu’en sortant, on se dit que cela ferait parfois du bien de libérer ses propres « kvetchs »…

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Profitez de la prolongation au Rond-Point jusqu’au 28 février pour découvrir ce que la metteure en scène définit comme « un vaudeville et une tragédie shakespearienne » :

1 – L’occasion de découvrir cette pièce montée d’une façon énergique, intelligente et hilarante.
2 – Les quatre comédiens font des prouesses, chacun d’eux est multiple. Mention spéciale pour Anne Cressent et Stéphane Brel.
3 – L’altiste Bertrand Causse joue les chefs d’orchestre des satanés « kvetchs » et c’est peut-être la vraie bonne idée du spectacle.

Kvetch – Spectacle vu le 23 février 2016
A l’affiche du Théâtre du Rond-Point jusqu’au 28 février 2016 puis en tournée (date ici)
Une pièce de Steven Berkoff
Mise en scène : Sophie Lecarpentier

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