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EmilieIncertiFormentini

Interview d’Emilie Incerti Formentini et Guillaume Vincent

Interview d’Emilie Incerti Formentini, comédienne et de Guillaume Vincent, auteur metteur en scène et comédien – 29 avril 2016

Leur spectacle Rendez-vous gare de l’Est est à l’affiche du Théâtre du Rond-Point jusqu’au 26 juin 2016 puis en tournée (dates ici)

« Nous n’aurions pas pu faire ce spectacle il y a dix ans… Ce spectacle est possible parce que je connais Emilie et parce qu’elle me connait. » – Guillaume Vincent

Huit ans déjà que le projet « Rendez-vous gare de l’Est » a débuté. Point de départ : une série d’interviews réalisées par Guillaume Vincent auprès d’une malade atteinte de schizophrénie. D’une matière de près de 200 pages, il a eu envie de créer un spectacle.
Et plutôt que de parler de la maladie, il a décidé de tracer le portrait de cette femme. De raconter son histoire. De nous installer dans son quotidien. De raconter les à-côtés, les petits riens de son existence.

D’une collaboration artistique très étroite entre l’auteur et la comédienne Emilie Incerti Formentini est né un texte fort, percutant, saisissant, inoubliable. Le fruit inconscient de leur propre rencontre et de nombreuses années de travail en commun.

« Rendez-vous gare de l’Est, je n’aurais pas pu le faire avec quelqu’un d’autre que Guillaume. C’est quelque chose de très fort entre Guillaume et moi » déclare Emilie.

170 dates de tournée à ce jour pour un spectacle débuté « en catimini » avec une lecture aux Bouffes du Nord – histoire de « valider cette envie de projet ». Après la création à la Comédie de Reims, le Festival d’Avignon fut sans doute le déclencheur d’un formidable bouche à oreille qui les fit voyager du TNS à la Criée, de Montréal au Théâtre du Nord de Lille, en passant par des lieux plus intimistes comme la Maison d’arrêt de Fresnes ou la cafétéria de l’hôpital psychiatrique de Sainte-Geneviève des Bois.

Lors de la présentation de saison 2016-2017 du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes prévenait que la saison actuelle n’était pas terminée et que la rencontre avec Emilie Incerti Formentini était « un moment exceptionnel à ne pas rater ». Car cette comédienne incroyable de sensibilité nous trouble, nous émeut, nous fait peur, rire, douter, espérer. Elle nous embarque en se livrant totalement et superbement. Qui ne l’a pas vue sur scène ne sait pas encore tout à fait ce qu’est une grande comédienne…

On la retrouvera bientôt dans Songes et Métamorphoses, un spectacle qui sera créé à la Comédie de Reims avant de s’installer à l’Odéon Théâtre de l’Europe. Spectacle qui n’est autre que la dernière création d’un certain… Guillaume Vincent !

Molieres 2016 buste or

Revue de presse du 25 mai 2016 : Les Molières 2016, Anna Karénine, Chapitres de la Chute et Nous sommes repus mais pas repentis

 

1.  Retour sur l’indigeste cérémonie des Molières 2016, et sur son palmarès plutôt bien équilibré :

– « La soirée a été longue, trop longue, enchaînant les sketches insignifiants et pas drôles du tout. De Natalie Dessay chantant sur des sonneries de téléphone à Marie Gillain mangeant des peaux mortes, rien ne nous a été épargné. On ne voit pas comment les téléspectateurs auront envie d’aller au théâtre ensuite. Seul vraiment moment féerique, la très belle séquence de 20 000 lieues sous les mers de Christian Hecq et Valérie Lesort qui reçoivent d’ailleurs le Molière de la création visuelle. »  Scene Web

– « Le grand favori de cette édition 2016, Joël Pommerat (en tournée en Chine et donc absent lors de la cérémonie sur France 2), a reçu pas moins de quatre Molières, celui du théâtre public, du metteur en scène et de l’auteur francophone de l’année pour sa fresque aux Amandiers de Nanterre Ça ira (1). Fin de Louis, remarquable mise en abîme des premiers temps de la Révolution Française. Il a également reçu le Molière du Jeune public pour Pinocchio présenté l’Odéon. » Les Echos

– « Catherine Frot a emporté le Molière de la meilleure comédienne dans un spectacle privé pour son rôle dans Fleur de Cactus mis en scène par Michel Fau. Elle réalise ainsi un doublé inédit, après son César décroché la même année pour Marguerite. » – Le Huffington Post

– « La surprise est venue du spectacle privé : la petite pièce créée au Festival d’Avignon Les Cavaliers, d’après le roman de Joseph Kessel, remporte le prix devant le grand succès de la saison parisienne Fleur de cactus. Et Alain Françon, rompu aux planches du théâtre subventionné, brouille les frontières en décrochant le molière du metteur en scène de théâtre privé pour Qui a peur de Virginia Woolf ? » – Le Point

– « Beaucoup de numéros, donnés sur le plateau ou filmés. Quelques moments d’anthologie, comme celui des ouvreuses avec Muriel Robin et Lutz lui-même sous une longue perruque de jeune fille. Alex Lutz, qui a tous les talents s’est dépensé sans compter dans une cascade d’apparitions drolatiques ou belles, mais un peu trop, un tout petit peu trop. » – Le Figaro

– « L’humoriste Alex Lutz qui présentait la soirée et qui avait carte blanche n’a pas été très inspiré : trop de mauvais sketches interminables ont rendu la soirée indigeste, sauvée par deux moments d’émotion : le Molière d’honneur remis à Fabrice Luchini par Michel Bouquet, les deux comédiens ont été longuement ovationnés par la salle. »  France Info

– « Les Molières sont aussi l’occasion de distinguer de jeunes comédiens, et la pêche a été particulièrement bonne cette année. Andréa Bescond, qui traite du thème douloureux de la pédophilie avec un talent éblouissant dans Les Chatouilles a reçu le Molière du Seul en scène et a aussitôt dédié son prix aux victimes d’agressions sexuelles. »  La Croix

« Ceux qui ne connaissent le théâtre qu’à travers cette morne fête n’ont certainement qu’une envie : ne jamais y mettre les pieds. Mais qui aura eu la force d’assister jusqu’au bout à un spectacle aussi assommant ? »  L’Obs

 

Anna Karénine affiche

2. Au Théâtre de la Tempête, Golshifteh Farahani incarne une sublime Anna Karénine dans la mise en scène de Gaëtan Vassart :

– « Cette adaptation au théâtre d’Anna Karénine, l’un des chefs-d’œuvre de la littérature russe du XIXe siècle, par le metteur en scène Gaëtan Vassar  vulgarise dans toute sa littéralité les passions qui la traversent et “boulevards” ce drame amoureux. » – Les Inrocks

– « A l’évidence, Golshifteh est une navigatrice du genre libre, à la fois simple avec les autres et exigeante avec elle-même lorsqu’elle mène des projets parallèle ici au théâtre dans un rôle fort, parfois aussi en musique au gré d’humeurs plus légères (elle est joueuse de hang). Une chose reste sûre, son Anna Karénine apparaît comme un nouvel accomplissement que la jeune comédienne doit en grande partie aussi à Gaëtan Vassart, le metteur en scène, qui a adapté le roman de Tolstoï en lui apportant des touches de modernité et de trivialité plaisantes, jamais vaines ni caricaturales. » – Le JDD

– « Il y a de très beaux passages comme les morceaux au piano, et surtout la scène de bal : la Valse à mille temps de Brel est virevoltante, et l’on a plaisir à voir comment, de regards en frôlements, éclat la passion entre Anna et Alexis Kirillovitch. D’autres scènes sont moins réussies et on regrette ça et là quelques longueurs. » – Reg’Arts

– « Même si le spectacle perd parfois en dynamique ou s’il peine à se sortir de la langue romanesque, il dégage du caractère, un plaisir à porter le propos très actuel de Tolstoï, et de l’amour pour la lumière sur les visages. Anna Karénine elle-même n’aurait pas voulu faire autre chose. » – Un fauteuil pour l’orchestre

– « Gaëtan Vassart n’a pas choisi l’actrice iranienne par hasard: son adaptation est centrée sur la question de l’émancipation des femmes, dont Golshifteh est un symbole en Iran. L’héroïne de Tolstoï, mariée et mère d’un garçon de six ans, lutte d’abord contre son amour pour un jeune officier avant de braver les conventions sociales. » – Interview de Golshifteh Farahani pour Le Figaro

 

chapitres-de-la-chute

3. Reprise au Rond-Point de Chapitres de la chute – Saga des Lehman Brothers spectacle-phare de 2013 couronné du prix de l’Association de la Critique :

– « Sans manichéisme, Chapitres de la chute dit la folie des hommes par-delà le bien et le mal, la responsabilité de chacun dans ces crises à répétition qui font trembler le monde. Malgré quelques longueurs et envolées superflues, l’ensemble est impressionnant de maîtrise (chapeau aux six comédiens à l’aise dans leurs rôles multiples) et de lisibilité. » – Les Echos

– « Avec une précision d’orfèvre, Arnaud Meunier porte à la scène l’excellent roman de Stefano Massini. Sans jamais tomber dans la caricature ni pointer du doigt un système voué à s’écrouler comme un château de cartes, il décrit les mécanismes d’une faillite mondiale avec une fluidité dont ferait bien de s’inspirer bon nombre de journaux économiques. » – Les5pièces

– « Six comédiens prennent en charge ce récit concocté par Stefano Massini, jeune auteur italien, qui à la manière d’un Paravidino les tient à la frontière de la narration et du jeu, entre personnages et conteurs, entre hier et aujourd’hui, dans une scénographie aux teintes grisâtres  qui contribue à instaurer cette atmosphère de rêve/cauchemar éveillé. »  La Terrasse

– « Un auteur et un metteur en scène dont les talents se complètent pour faire de ce morceau d’histoire une vraie saga, haletante et étourdissante... »  Les trois coups

– « Dans un cadre ludique, les acteurs (tous formidables car eux aussi en perpétuelle transformation) assument l’épaisseur de personnages hantés par l’ombre des anciens. Capitaines d’industrie finalement broyés par l’implacable mécanique qu’ils n’ont pas su freiner. » – Telerama

– « Cette pièce aborde l’histoire d’un empire économique sous l’angle humain, avec la sucess story d’une famille. » – Le coup de cœur de Christian Bauby sur France Inter

 

Nous sommes repus mais pas repentis affiche

4.  Metteure en scène, pianiste et comédienne, Séverine Chavrier porte à la scène l’écriture décapante de Thomas Bernhard avec Nous sommes repus mais pas repentis aux Ateliers Berthier :

– « Metteure en scène, pianiste et comédienne, Séverine Chavrier pratique un théâtre nourri des multiples facettes de sa personnalité : le corps, la musique, la vidéo, la parole. Toutes sont convoquées à ce Déjeuner chez Wittgenstein, ici librement agrémenté d’extraits d’autres œuvres : Le Naufragé, Maîtres anciens, Un Souffle, Mes Prix littéraires ou encore Des Arbres à abattre, dont elle a tiré ce qu’elle appelle plaisamment des monologues d’ontologie. » – Artistik Rezo

– « Ponctuée de projections de photographies et d’images d’archives, la mise en scène d’Hubert Colas est d’une justesse parfaite. Rigoureuse dans son minimalisme, délicate dans son épure. Dans l’espace intemporel et irréel du plateau, le texte résonne comme un chant profond. » – La Croix

– « A la frontière de l’illusion théâtrale et de la collision avec le réel, ce théâtre du ressassement peut s’avérer pénible par son outrance. Séverine Chavrier, Marie Bos (remarquable de finesse) et Laurent Papot (excellent !) impressionnent par leur engagement et la qualité de leur interprétation, qui interrogent la nature singulière de tout acte artistique dans notre monde. »  La Terrasse

– « Du désespoir, de l’humour, de la poésie – absurde – animent ce jeu de massacre familial… le tout baigné de musique romantique, dont certains morceaux joués en live au piano par Chavrier. On est tour à tour charmé, amusé, effrayé, agacé par ce spectacle hypnotique… Dommage que l’action ne soit pas plus resserrée et le « patchwork » textuel, davantage soigné. »  Les Echos

– « L’adaptation de Sévérine Chavrier est ambitieuse, sans doute trop. Poussant l’exagération à l’extrême, la soirée est saturée. Trop d’éclats, trop de bruits, le grotesque touche au sublime. »  Toute la Culture

– « On est chez l’Autrichien Thomas Bernhard, dont Séverine Chavrier maîtrise les fureurs et les mélancolies malgré quelques longueurs et excès dadaïstes. Une composition quasi musicale que ce spectacle en ombre et lumière flirtant avec les effrois du cinéma expressionniste. Il y a en effet de quoi avoir peur. » – Telerama

 

Revue de presse du 4 mai 2016 : La Dernière Bande, Pierre Ciseaux Papier et Pour que tu m’aimes encore

 

La dernière bande_affiche

 

1. Jacques Weber, sous la houlette de Peter Stein, délivre une Dernière Bande sombre et impressionnante. :

« La proposition qu’ont élaborée, à partir de La Dernière Bande, Peter Stein et Jacques Weber est de l’ordre d’un grand rendez-vous… la mise en scène de Peter Stein révèle l’essence même de l’œuvre de Samuel Beckett. Elle nous plonge dans un moment de théâtre bouleversant. » La Terrasse

« La tension constante qu’impose le metteur en scène – entre le présent et le passé, la voix vieille en live et la voix plus jeune enregistrée, la gestuelle burlesque de l’acteur et ses grognements de douleur – est remarquable. Jacques Weber est magistral, surhumain. » Les Echos

« Jacques Weber est impressionnant. Il puise profondément en lui-même les couleurs subtiles de cette tragédie minuscule où le grotesque le dispute aux inconsolables chagrins d’un vieil enfant. Superbe.. » Figaroscope

« Une Dernière Bande maximaliste. » Le Monde

« Jacques Weber incarne avec une force colossale les états d’âme, autant que les états de corps, de Krapp. La mise en scène de Peter Stein [est] très respectueuse des indications de Beckett. Au-delà de l’aridité inhérente à la pièce, cette version de « La Dernière Bande » est un impressionnant moment de théâtre. » Froggy’s delight

« La force du texte procède aussi de sa poésie. La mise en scène épurée ficelle le tout de façon redoutable. D’un grand texte seul un grand comédien peut restituer l’esprit. Jacques Weber dépasse cette proposition car il ne restitue pas seulement, il saisit, il ne joue pas la comédie, il est Krapp. » Toute la culture

« N’est pas métaphysicien qui veut. Pourquoi le grand metteur en scène Peter Stein a-t-il si peu, si mal dirigé Jacques Weber ? » Télérama

 

Pierre Ciseaux Papier-Affiche

2. Pierre Ciseaux Papier, de Clémence Weill, au Théâtre du Rond-Point étincèle ou irrite :

« Le texte de Clémence Weill est brillant, juste et percutant. Mais cet empilement de réflexions profondes est si dense qu’on est un peu frustré. il manque des espaces de respiration, de mise en situation… » Un fauteuil pour l’orchestre

« La jeune auteur Clémence Weill propose un univers original, patchwork d’inspirations puisées ça et là… elle a rencontré avec Laurent Brethome un metteur en scène finement complice. Dans une épuration élaborée, il sait traduire ce jeu complexe… » Artistik Rezo

« Vif, mordant, rapide, mais avec quelques longueurs de texte. Le jeu des comédiens est formidable… La mise en scène est originale et surprenante. » Culture Tops

« Un texte insipide. Brethome commet la lourde et incompréhensible erreur de faire semblant d’une mise en scène où régnerait l’épure… » Toute la culture

« Un spectacle qui se veut brillant ? Laurent Brethome tente bien d’éclairer le propos, notamment en insistant sur les accessoires, clés de l’énigme, mais peine à sauver cette pièce bavarde, à la construction peu convaincante. Trop de pistes ! Heureusement, les interprètes, chevronnés, gardent le cap, soutiennent le rythme vif et enlevé d’une partition réglée au cordeau. » Les Trois Coups

 

Affiche Pour que tu m'aimes encore

3. Seule en scène dans Pour que tu m’aimes encore Elise Noiraud offre sourires et nostalgie avec son (auto-)portrait d’ado :

« La Vie aime : passionnément. Grâce à ses dialogues qui font mouche et son aisance remarquable à interpréter tous les personnages, l’actrice signe un spectacle universel où chacun pourra se reconnaître. » La Vie

« Charmant et drôle. Elle donne vie à une dizaine de protagonistes. Elle les croque d’un trait sûr. Avec esprit, malice et beaucoup de sincérité. » Figaro

« Coup de cœur : une pêche et une justesse réjouissantes. » Le Pélerin

« Étonnante et terrifiante relation mère-fille qu’Elise Noiraud croque avec une énergie dévastatrice et une folie douce… Forte et tellement blessée. » Télérama

« Avec énergie, humour et sensibilité, un plongeon jubilatoire dans l’adolescence. » Figaroscope

« Un récit presque documentaire qui ne manque pas d’humour, [qui] parle du sujet avec intelligence, sans jamais sombrer dans le girly ou l’humour potache. » Time Out

« Un seul en scène sensible et tendre. C’est une réussite. Le public de tout âge rit et s’enthousiasme . » Toute la culture


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Revue de presse du 27 avril 2016 : Sur les cendres en avant, Bovary et Valentina-Tchernobyl

 

 

1. Sur les cendres en avant, la dernière création de Pierre Notte au Théâtre du Rond-Point est une comédie (en)chantée :

« La musique, signée également de l’auteur, est bonne, avec ses leitmotivs à la Michel Legrand, mâtinés de Kurt Weill et d’Astor Piazzolla. Le chant s’avère juste et vibrant, la mise en scène, astucieuse. » Les Echos

« Quand le texte est travaillé avec jeux de sonorités, de mots et d’esprit, il « prend », et c’est un bonheur. » Télérama

« Une heure trente durant, les quatre comédiennes chantent. Chantent sans s’arrêter, respirant avec un naturel de grandes pros! » LeFigaro

« Pierre Notte au sommet de sa forme, avec son talent de dialoguiste hors-pair et son humour décalé, a poli des perles de répliques, s’amusant de toutes les situations et faisant dire à ses personnages des phrases improbables et parfois même surréalistes. » Froggy’sDelight

« Elles ont des vies de merde qu’elles subliment en les chantant. Les airs sonnent « comme un truc de Michel Legrand ». On a la sensation de tous les connaitre et pourtant ce n’est pas le cas. » Toute la culture

« Avec ses personnages populaires, on pourrait se croire chez Jacques Demy et Michel Legrand, mais si on y chante, le ton et l’univers sont ceux de Pierre Notte, un peu fourre-tout, déjanté(…) » JDD ***

– Interview de Pierre Notte pour La Terrasse

 

2. Jusqu’au 26 mai, le génie portugais Tiago Rodrigues occupe le Théâtre de la Bastille avec son spectacle Bovary :

– « Tiago Rodrigues signe « Bovary », hymne magnifique à une femme libre qui a failli valoir la censure à Flaubert. » Marianne

– « Rodrigues maîtrise avec naturel et fluidité ce chassé-croisé entre histoire, littérature et théâtre. » – Les Echos

– « Dans des lumières superbes de Nuno Meira, le plateau nu du théâtre se recouvre progressivement des feuilles arrachées au roman par les comédiens, placés devant ou derrières de grosses lentilles à effet loupe sur lesquelles viennent danser la lumière. » – Artistik Rezo

– « On n’a pas envie d’en dire plus : ce travail est ennuyeux, tourne à vide, loin du doute et du tremblement que devraient susciter  les questions soulevées, le sens se dilue, la pertinence se perd, le théâtre s’absente. » –  LeblogduFigaro

– « Comment rendre compte au théâtre du procès, de ces allers-retours incandescents avec le roman jusqu’à en effacer les frontières ? Tiago Rodrigues est un magicien et tout ce qu’il touche se transforme en or. » – L’Humanité

– « Même si Rodrigues et ses interprètes maitrisent habilement l’interaction et les allers et retours entre la littérature, le mythe d’Emma, Flaubert, son procès, on ne retrouve pas dans Bovary, pas toujours bien équilibré, au jeu parfois complaisant, la lumineuse simplicité de son précédent spectacle ni de Antoine et Cléopâtre, présenté au dernier Festival d’Avignon. » – JDD **

– « C’est une exploration multidimensionnelle passionnante que nous proposent ici Tiago Rodrigues et ses interprètes. » – La Terrasse

 

3. Pièce librement inspirée de « La Supplication » de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature 2015, Valentina-Tchernobyl est à découvrir à la Manufacture des Abbesses :

– « Sur la petite scène de la Manufacture, pas de décor : une lumière solaire baigne l’actrice en rouge et noir, qui délivre la parole incandescente de Valentina Timofeïevna Panassevitch. Le théâtre et la littérature confondus en une voix, pour abolir l’oubli et dire la victoire de l’amour. » – Les Echos

– « Le génie de ce spectacle est d’avoir su contrebalancer les visions effroyables des conséquences des radiations nucléaires sur un être humain par une dévotion amoureuse sans limite. » – Reg’Arts

– « Sans aucun pathos, avec une émotion retenue et lumineuse, la comédienne distille les informations réalistes sur la mort lente et horrible tout en faisant sans cesse entendre l’amour qui l’habite. » –  Telerama

– « Le récit mémoriel clair et limpide, mais extrêmement violent et bouleversant par cela-même, est porté avec sobriété et justesse par Coralie Emilion-Languille sous la direction de Laure Roussel. » – Froggy’sDelight

 

SurLesCendresEnAvant Pierre Notte

Sur les cendres en avant : la grande fête macabre de Pierre Notte

Sur les cendres en avant – Spectacle vu le 20 avril 2016
A l’affiche du Théâtre du Rond-Point jusqu’au 14 mai 2016
Texte, musique et mise en scène : Pierre Notte
Avec : Juliette Coulon, Blanche Leleu, Chloé Olivères, Elsa Rozenknop
Au piano : Donia Berriri

« Une grande fête macabre et joyeuse sur la question du voisinage »C’est en ces termes que Pierre Notte résume son dernier spectacle.

En cette fin avril 2016, à l’heure où Paris est gris, triste et froid, il est un endroit où se ressourcer et reprendre espoir. Oublier ses tracas le temps d’une parenthèse (en)-chantée… Rendez-vous au Théâtre du Rond-Point, salle Jean Tardieu. Ne soyez pas effrayé par les gravats et décombres qui jonchent la partie droite de la scène. De ces débris, de ces ruines, de ces cendres naîtront des trésors.

Pour raconter un drame de voisinage, Pierre Notte convie sur scène quatre femmes plus ou moins cabossées par la vie. D’abord, il y a Mademoiselle Rose, celle qui reste assise au milieu de ses meubles calcinés. Celle qui n’a que ses jumeaux à la bouche, mais de jumeaux point de trace. Celle qui feint d’ignorer que la cloison a brûlé. Parce qu’elle serait contrainte d’adresser la parole à sa prostituée de voisine. Il y a donc aussi Macha, la putain, qui n’a trouvé d’autre moyen pour subvenir aux besoins de sa sœur Nina. Nina, l’adolescente rebelle en mal de figure paternelle. Nina qui cherche de façon quasi obsessionnelle son épluche-légumes. Nina qui veut de jolies jambes fines de danseuse.
Et puis, surgie sans crier gare et armée jusqu’aux dents, il y a cette femme trompée, jalouse, prête à tout pour sauver son honneur et récupérer son homme.

 

Sur les cendres en avant_2
© Giovanni Cittadini Cesi

Comment ces quatre destins brisés, désespérés parviendront-ils à former un quatuor aussi harmonieux ?
Simplement, l’air de rien, sur des airs spontanés et faciles.
En chansons, en ritournelles, en rengaines et leïtmotivs.
Naturellement, grâce à la poésie instinctive de Pierre Notte qui a su créer cet objet théâtral drôle, tendre, grinçant, léger, pétillant et joliment optimiste.

Au Rond-Point, jusqu’au 14 mai ce ne sont pas les cendres qui vous réchaufferont le coeur, mais les airs d’une truculente comédie de voisinage :

1 – Pierre Notte souhaitait contrebalancer l’aspect très simple et quotidien de l’écriture par la musique et la chanson : pari gagné !
2 – Les quatre comédiennes sont toujours justes, le chant n’altérant pas leur jeu : challenge relevé !
3 – Au final, on sort léger, optimiste, joyeux et réchauffé : soirée gagnée !

 

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Interview de Pierre Notte

Interview de Pierre Notte, auteur, compositeur, metteur en scène et comédien – 15 avril 2016
Au sujet de son spectacle Sur les cendres en avant à l’affiche du Théâtre du Rond-Point jusqu’au 14 mai 2016, puis en tournée

 

« Je crois que j’ai commencé à écrire précisément le jour où j’ai compris que j’avais des difficultés terribles à lire… »

Actuellement à l’affiche du Théâtre du Rond-Point avec sa dernière création, Sur les cendres en avant, un spectacle qu’il a écrit, mis en scène et pour lequel il a composé musiques et chansons, Pierre Notte est un « artiste complet ».

Première casquette – celle qui « coiffe » elle-même toutes les autres : Pierre Notte est auteur. Auteur par nécessité, « auteur parce qu’il ne pourrait pas vivre autrement » , auteur parce que « tout est de l’ordre de l’écriture, toujours » . Un auteur qui écrit partout, tout le temps, n’importe où… Mais pas n’importe quoi !

Ses autres casquettes découlent nécessairement et naturellement de l’écriture. La mise en scène, la composition musicale, l’organisation de l’espace sur un plateau, le travail scénique avec les comédiens et les équipes techniques ne sont que des outils. Des outils qu’il manie non sans un certain talent. Des outils aiguisés et affûtés par d’autres qualités, telles que justesse, précision, bienveillance, humilité, poésie, hauteur de vue et… amour des artistes.

Si ses textes tournent autour de certaines thématiques qui l’obnubilent (l’isolement, la place de l’individu au sein de la collectivité, le vivre-ensemble, la question de la monstruosité) Pierre Notte se renouvelle sans cesse dans la forme : de duos en pièces chorales, de contes en pièces chantées, il évoque un roman en préparation…

Ce qu’il préfère faire dans la vie : mettre en scène un texte qui n’est pas un des siens (comme récemment La Noce de Jean-Luc Lagarde). « Je monte mes textes parce que je veux qu’ils existent ». Et cependant de nombreux metteurs en scène, français ou étrangers se sont emparés de ses œuvres. Permettant ainsi des rencontres assez exceptionnelles. Brice Hillairet (qui va monter Ma folle otarie à Avignon cet été), Anne-Laure Liégeois, Jean-Claude Cotillard, Noémie Rozenblat, Valéry Warnotte… ils sont de plus en plus nombreux à être touchés par son univers. Et nous avec.


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Revue de presse du 30 mars 2016 : La Musica-la Musica deuxième, Le syndrome de Cassandre et Le portrait de Dorian Gray

 

 

1. La Musica, la Musica deuxième, les deux pièces de Marguerite Duras réunies sur la scène du Vieux-Colombier :

– « Anatoli Vassiliev a choisi de présenter les deux textes à la suite, en un exercice étourdissant pour les comédiens mais parfois fastidieux pour le spectateur. » – Le JDD

– « Le couple est composé de deux comédiens magnifiques : Thierry Hancisse, séducteur brisé au pouvoir intact, troublant, pervers, face à une Florence Viala sublime de féminité, de force et de jeu, jetant sa gangue comme une robe d’une autre heure. » – Froggy’s Delight

– « Les acteurs – Thierry Hancisse et Florence Viala – et se débrouillent comme ils peuvent pour donner vie à l’ultime création désincarnée du prétentieux gourou de la scène moscovite. » – Telerama

– « Les acteurs magnétiques, touchés par la grâce, désossent cet éternel retour de l’amour, sans hostilité, ni rivalité, mais comme s’ils tâchaient de se consoler. » Un fauteuil pour l’orchestre

– « La prouesse des comédiens, immenses Florence Viala toute en légèreté facétieuse et Thierry Hancisse, totalement écorché, tient dans ces changements abrupts de registres et dans la manière incroyable qu’ils ont de bouger, bousculer constamment les lignes. » – Toute la Culture

– « La critique sera, est déjà, divisée. Mais il ne fait aucun doute que ce spectacle sans pareil entrera dans la légende du Vieux-Colombier. » – Mediapart

– Interview d’Anatoli Vassiliev pour La Terrasse

 

2. La magiclown Yann Frisch est actuellement sur la scène du Rond-Point avec la tournée de son spectacle Le syndrome de Cassandre :

– « De la magie et de l’art du clown, Yann Frisch propose une synthèse inédite et subversive qui, derrière son comique keatonien nous renvoie à de vraies interrogations. » – France TV Info

– « Le Syndrome de Cassandre est un spectacle fou, et vraiment, l’une des plus belles et drôles choses qu’on puisse voir. » – Un fauteuil pour l’orchestre

– « Il manipule les objets, leur fait dire des histoires – à ne pas mettre entre toutes les oreilles. » – La Terrasse

– « Au-delà de la démonstration de talent, c’est un véritable travail d’auteur qui sous-tend cette création. En effet, l’artiste revient sur la condition du clown dont l’existence n’a d’épaisseur que dans le regard de cet autre, le public. » – Les trois coups

– « Quand la personne a un bras plus grand que l’autre, forcément elle peut pas applaudir. » – Les 5 pièces

 

3. Encore quelques jours pour aller applaudir Arnaud Denis dans  Le portrait de Dorian Gray au Lucernaire… avant la reprise à la Comédie des Champs-Elysées :

– « Thomas Le Douarec est depuis des années fasciné par ce livre, par cette histoire, par ce personnage. C’est la cinquième fois qu’il propose une version scénique du Portrait de Dorian Gray. » – Le Figaro

– « Arnaud Denis incarne Dorian. Le comédien qu’on avait déjà pu voir dans un autre texte d’Oscar Wilde (« L’importance d’être sérieux ») est ici un fabuleux Dorian Gray, effectuant un remarquable parcours pour ce rôle, de la débauche à la rédemption. » – Froggy’s Delight

– « Interprété par un Arnaud Denis velléitaire et parfaitement candide, ce Dorian Gray intrigue et séduit. » – Publik’Art

– « Thomas Le Douarec et sa belle équipe signent là un spectacle aussi séduisant que l’était Dorian Gray pour ceux qu’il rencontrait. » – Marianne

– « Thomas Le Douarec a réussi une adaptation absolument parfaite, avec un choix de répliques brillantes, drôles et bien enlevées. » – Reg’Arts

– « On rit beaucoup. Le Douarec épouse dans un personnage haut en couleurs, magnifiquement élégant et so british la joyeuse misogynie, l’insensibilité païenne et le réjouissant libertinage de Harry/Wilde. » – Toute la Culture

 


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Revue de presse du 23 mars 2016 : Splendid’s, Par-delà les marronniers et Phèdre(s)

 

 

1. Arthur Nauzyciel présente au Théâtre de la Colline Splendid’s, la pièce de Jean Genêt qu’il avait créée au CDN d’Orléans en janvier 2014 :

– « Un spectacle splendide, d’une beauté vénéneuse et rêveuse, qui ouvre les chambres les plus secrètes de l’auteur du Journal du voleur. » – Le Monde

– « Un coup de poker où Arthur Nauzyciel ramasse la mise en montant la pièce en anglais pour qu’on la découvre avec des surtitres comme un thriller visionné en VO. » – Les Inrocks

– « Les comédiens flottent, dansent, évoluent parfois au ralenti -telles des statues animées. » – Les Echos

– « Majoritairement dite en langue anglaise, la pièce acquiert de ce fait une dimension plus vaste. Sa vraie dimension, sans doute. » – L’Express

– « En projetant en ouverture de sa mise en scène de Splendid’s le court-métrage de Genet, Un chant d’amour, Arthur Nauzyciel installe la pièce dans le flottement délibérément indécis du fantasme. » – Libération

– « Une étonnante douceur (prolongée par les lentes mélodies de jazz sirupeux et la voix archimusicale de Jeanne Moreau diffusée à la radio), un flottement lunaire, une intimité feutrée, une distance rêveuse font la particularité du beau et délicat geste artistique d’Arthur Nauzyciel. » – Toute la Culture

– Interview d’Arthur Nauzyciel pour La Terrasse

 

2. La nouvelle création de Jean-Michel Ribes est à découvrir au Théâtre du Rond-Point, sous le titre énigmatique Par-delà les marronniers :

– « Ce spectacle haut en couleurs propose de redécouvrir trois écrivains fous, portés par les talentueux Maxime d’Aboville, Michel Fau et Hervé Laissïnce . » – France TV Info

– « Sur le papier, il y a de quoi se réjouir. Les trois dandys fracassés dont il est question ici sont un sujet en or. » – Le Monde

– « La revue est une bonne idée, car elle met du sucre glace et du glamour sur l’amer et la mort, mais elle noie un peu le poisson. » – L’Express

– « Ribes veut faire résonner un rire de résistance. La résistance est bien présente, mais le rire est trop rare. » – Les Echos

– « Dans de superbes costumes et amusants décors, Par-delà les marronniers est une baudelairienne autant que dadaïste invitation au voyage. » – Telerama

– Interview de Jean-Michel Ribes pour La Terrasse

 

3. Isabelle Huppert brûle de nouveau les planches du Théâtre de l’Odéon dans Phèdre(s) de Krzysztof Warlikowski :

– « Krzysztof Warlikowski a tenu sa folle promesse. Son Phèdre(s) à l’affiche de l’Odéon est un bien, un voyage épique, rock et provoc’. » – Les Echos

« Avouons-le, à moins de se plonger pendant quelques jours dans des textes, des explications, des analyses, on est bien incapable de comprendre ce que veut nous dire Warlikowski. » – Le Figaro

– « Qui peut, dans la même soirée, impressionner avec Wajdi Mouawad, déchirer avec Sarah Kane, appeler des larmes avec Racine, et faire rire avec J. M. Coetzee ? Isabelle Huppert. » – Le Monde

– « C’est pour Isabelle Huppert, exceptionnelle, phénoménale, qu’il faut aller voir ce très long spectacle compliqué, sophistiqué et prétentieux sur le désir, les interdits du désir, ses abîmes, ses fureurs, ses douleurs. » – Telerama

– « We may know more about Huppert’s range as an actress than we do about Phaedra by the end, but it’s a worthwhile journey. » – Financial Times

– « Isabelle Huppert magnétise son auditoire par un talent hors norme, d’une sobriété et d’une fluidité confondantes. » – Artistik Rezo

– Interview d’Isabelle Huppert pour Europe 1

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Le syndrome de Cassandre par le clown magi-chien

Le Syndrome de Cassandre – Spectacle vu le 17 mars 2016
A l’affiche du Théâtre de Rond-Point jusqu’au 10 avril 2016
Un spectacle de et avec Yann Frisch
Coécriture Raphaël Navarro

Quand un clown prisonnier d’une cage invisible nous appelle au secours…

Il nous accueille une banane à la bouche. Mais lui ne l’a pas, la banane. Il est plutôt maussade, bougon, sombre et mélancolique.
On a l’impression de le déranger. Le sentiment d’être au zoo, stoppés net devant la cage d’une créature évoquant un homme à tête de chien. Une cage d’exception pour un être d’exception. Qui est-il ? Mi-clown mi-magicien, il est surtout extrêmement seul, bien qu’habitué aux visites comme la nôtre. Alors il se moque de nous, contrefait nos rires. Et plus il raille, plus on rigole.

Il semble n’avoir jamais connu d’autre univers que ce cube transparent, cette prison de verre qui abrite objets de compagnie et fantasmes les plus fous. Aux côtés d’un pantin désarticulé qu’il nous présente comme sa mère se côtoient une chaise invisible, une scie musicale, un tiroir façon jukebox, un cochon en plastique patriote, une échelle d’accès à un nuage, et tout un tas d’accessoires dignes des plus grands illusionnistes.

 

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©Sylvain Frappat

Philosophe résigné, poète désabusé, artiste incompris, le « magi-chien » se plie de plus ou moins bonne grâce à nos desiderata. Quitte à friser le ridicule, à sombrer davantage dans la dépression. A plusieurs reprises, il tente de nous faire passer notre chemin. Alternant la conjuration, les injonctions, osant jusqu’aux injures. On a beau se sentir un peu cruel, on ne peut cependant s’empêcher de demeurer. D’épier chacun de ses gestes, à l’affût de nouveaux tours et de bons mots. N’est-on pas venu pour rire à ses dépens, pour rire envers et contre tout, pour rire du meilleur et du pire ? Car le pire est toujours à venir… C’est ce que notre clown tente de nous faire entendre, à l’image de la Cassandre des tragédies grecques. Il n’y parviendra qu’à l’ultime fin du spectacle – et quelle fin !

Sacré champion du monde de magie close-up en 2012, Yann Frisch se dévoile ici davantage clown que magicien :

1 – Yann Frisch est circassien, magicien, clown, poète, comédien, et surtout bourré de talents.
2 – Lorsqu’il prend à partie le public, c’est toujours de façon subtile et percutante : notre Cassandre, c’est lui !
3 – Rarement fin de spectacle nous aura autant sidérés : le clou du spectacle.

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Kvetch, ou comment gérer ses démons intérieurs

Franck et Donna sont mariés et s’ennuient dans leur vie étriquée de petits-bourgeois. Une fois par semaine ils reçoivent la mère de Donna à dîner. Ce soir-là, Franck invite également son collègue Hal qui vient de se séparer de sa femme. Voilà pour le « pitch » d’un début de pièce qui pourrait sembler fort banal. Ce serait sans compter les fameux « kvetchs« . Les « kvetchs » en yiddish sont ces vilaines pensées qui se terrent au fond du cerveau et qui ont vocation à y rester. Le sous-titre de la pièce – « Les mots à l’arrière de nos têtes » – dévoile l’intention de l’auteurCes apartés, ces dialogues intérieurs de chaque protagoniste vont totalement modifier les situations et les rapports.

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© Giovanni Cittadini Cesi

Et si l’on exprimait tout haut ce que l’on pense tout bas ? Si l’on se laissait un peu aller à dire tout ce qui ne se dit pas ? Quel serait le résultat ? Kvetch apporte une partie de la réponse…

Résultat, ils sont quatre au plateau, pour interpréter cinq personnages. Mais ils semblent tellement plus nombreux !… La mise en scène de Sophie Lecarpentier est très énergique, très fluide. Prenant le parti de réinventer les figures à mesure qu’elles expriment leurs « kvetchs ». Dans une sorte de chorégraphie, de langage corporel. Une danse amplifiée par les sons de l’alto qui procurent un vrai relief au spectacle.

Le principal risque lorsqu’on monte ce texte de Berkoff est de « tourner un peu en rond », une fois passée la découverte du procédé au premier acte. Pas de lassitude ici. Les comédiens parviennent à nous embarquer et nous retenir dans leurs histoires intérieures, leurs peurs, leurs phobies, leurs phantasmes… A tel point qu’en sortant, on se dit que cela ferait parfois du bien de libérer ses propres « kvetchs »…

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Profitez de la prolongation au Rond-Point jusqu’au 28 février pour découvrir ce que la metteure en scène définit comme « un vaudeville et une tragédie shakespearienne » :

1 – L’occasion de découvrir cette pièce montée d’une façon énergique, intelligente et hilarante.
2 – Les quatre comédiens font des prouesses, chacun d’eux est multiple. Mention spéciale pour Anne Cressent et Stéphane Brel.
3 – L’altiste Bertrand Causse joue les chefs d’orchestre des satanés « kvetchs » et c’est peut-être la vraie bonne idée du spectacle.

Kvetch – Spectacle vu le 23 février 2016
A l’affiche du Théâtre du Rond-Point jusqu’au 28 février 2016 puis en tournée (date ici)
Une pièce de Steven Berkoff
Mise en scène : Sophie Lecarpentier