Des gens bien, avec Miou-Miou

Des gens bien : le prototype même du spectacle « sympatoche »

Spectacle vu au Théâtre Hébertot le 22 avril 2015
A l’affiche jusqu’au 31 mai 2015 à Paris, puis en tournée 
Adaptation française par Gérald Aubert de « Good People », la pièce de David Lindsay-Abaire
Mise en scène : Anne Bourgeois

Une distribution sans faute, une Miou-Miou que l’on a plaisir à retrouver sur scène, une pièce plus qu’honorable : pas de quoi bouder son plaisir. 

J’avais lu beaucoup de très bonnes critiques sur ce spectacle à l’affiche du théâtre Hébertot depuis trois mois. Cela me semblait même un peu « suspect » : se serait-on risquer à « descendre en flèche » le retour de Miou-Miou au théâtre ?… Alors je suis allée me faire mon idée.

Nous sommes dans la banlieue de Boston – celle des gens bien dont parle la pièce : ils y habitent depuis leur naissance. Ces gens bien : ce sont Margie incarnée par Miou-Miou et ses amies d’enfance. Sans compagnon, sans boulot, sans argent, elles se serrent les coudes et tentent de survivre.

Et puis un jour, Margie croise la route d’un ancien amoureux. Lui aussi habitait les quartiers pauvres, lui aussi a connu une enfance difficile. Mais il est devenu médecin, a épousé une diplômée de Harvard et s’est installé dans une superbe maison des quartiers chics de la ville. Que va-t-il ressortir de ces retrouvailles ?

Miou-Miou est touchante dans ce rôle de « mère courage », tellement crédible qu’on a envie de la serrer dans ses bras. Ses partenaires sont très justes également. Mention spéciale à Brigitte Catillon, irrésistible en grande gueule sans concession. La mise en scène d’Anne Bourgeois n’est pas révolutionnaire mais très efficace.
Malgré quelques longueurs, voici donc un spectacle « sympatoche ». Selon l’expression favorite de Pierre Murat au Masque et la Plume. Sympatoche n’est pas péjoratif. Sympatoche comme un spectacle tout à fait honorable. Sympatoche pour signifier : qui ne se prend pas au sérieux. Sympatoche comme un succès qui continue d’attirer les foules, et c’est tant mieux !

Il vous reste un petit mois pour aller applaudir Miou-Miou et ses partenaires au Théâtre Hébertot. Et pour les provinciaux, la tournée se prépare…

1 – La pièce qui fut un gros succès à Broadway offre une réflexion cynique sur la condition humaine.
2 – Brigitte Catillon est tellement drôle : chacune de ses apparitions est un bonheur pour le spectateur.
3 – Miou-Miou est une comédienne qu’on a plaisir à retrouver dans ce rôle d’une « fille bien » : je lui prédis le Molière de la meilleure comédienne demain soir !…

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Orlando ou l’impatience

A la manière d’un conte pour enfants

Spectacle vu à sa création au Festival d’Avignon en juillet 2014
Actuellement en tournée, du 8 au 18 avril au Théâtre de la Ville
Auteur et metteur en scène : Olivier Py

© Christophe Raynaud de Lage

Dans cette nouvelle création d’Olivier Py, on s’amuse à chercher les différentes clés et on retrouve son âme d’enfant…

D’Olivier Py, je n’avais vu que ses pièces pour enfants inspirées des Frères Grimm. Notamment « La Vraie Fiancée » ou « La Jeune fille, le Diable et le Moulin ». J’avais été emballée, mes enfants aussi. L’été dernier j’ai découvert à la FabricA sa toute dernière création, « Orlando ou l’impatience », création dont la tournée passe actuellement par le Théâtre de la Ville.

Que me reste-t-il de ce spectacle, 9 mois plus tard ? Le « pitch » d’abord, assez simple, comme le sont les contes pour enfants. La mère d’Orlando lui donne des pistes pour trouver son père. Autant de pistes que de pères possibles. Une piste par acte. Chacune de ces pistes, chacun de ces pères possibles est aussi un théâtre et une philosophie de vie. Il me reste de cette quête de 3h30 des souvenirs épars et plutôt agréables.

Je me souviens des décors impressionnants sur l’immense plateau de ce nouveau lieu d’Avignon qu’est la FabricA.
Je me souviens d’un Jean-Damien Barbin irrésistible dans tous ses personnages : professeur de diction fou, directeur de cabinet fou, apnéiste fou, 
ostéopathe fou, affirmatologue fou, troueur fou, milliardaire fou et théâtreux fou.
Je me souviens de quelques scènes graveleuses, car il y en a toujours chez Olivier Py.
Je me souviens d’une Mireille Herbstmeyer magistrale dans le rôle de la grande actrice qu’est la mère d’Orlando.

Je me souviens de cet éternel recommencement, à chaque début d’acte.
Je me souviens d’avoir eu l’impression de plonger dans une sorte de conte pour enfants.
A la manière de Hansel et Gretel qui partent à la recherche de leurs parents.
A la manière de Peau d’Ane dont les robes changent de couleur, tout comme les costumes de la mère d’Orlando.
A la manière, surtout, des histoires les plus magiques : celles qui vous marquent, celles que vous gardez en mémoire, comme les légendes de votre enfance.

Amateurs d’Olivier Py, vous serez sans doute touchés par sa nouvelle création 

1 – Vous y retrouverez une partie de sa tribu de comédiens, notamment les excellents Mireille Herbstermeyer  et Jean-Damien Barbin.
2 – Vous ne pourrez vous empêcher de chercher les multiples clés et références glissées dans ce spectacle.
3 – Vous y retrouverez votre âme d’enfant, car Olivier Py a fabriqué ici son propre conte.

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Toujours la Tempête

Des origines de Peter Handke…

Vu le 2 avril 2015 aux Ateliers Berthier – Odéon Théâtre de l’Europe
Actuellement en tournée, jusqu’au 26 septembre 2015
Mise en scène : Alain Françon

© Michel Cobra

Dans ce spectacle hypnotique, il est question de langue, de pays de naissance, de mémoire collective et finalement de la place de chacun sur Terre…

Qui est Peter Handke ? D’où vient-il ? Quelle est son histoire ? Son spectacle « Toujours la Tempête » écrit en 2012 répond en partie à ces questions. A travers l’histoire de son héros, qui n’est autre que Peter Handke lui-même. Le personnage incarné par un Laurent Stocker éblouissant ne s’appelle-t-il pas « Moi »?… Moi est né Slovène. Il est né à l’aube de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire de ce pays. Celle de la seconde guerre mondiale, qui vit des milliers de Slovènes de Carinthie encerclés par l’Allemagne ennemie. C’est en grande partie de cela qu’il est question dans ce spectacle : de l’appartenance à une patrie. On y parle beaucoup de langue commune, de place, de territoire, de références, de mémoire collective… Comment ne pas entendre la résonance de ce texte avec l’actualité qui nous entoure ?

Laurent Stocker est prodigieux, magistral de retenue, définitivement un immense comédien. Alain Françon lui a offert une famille exceptionnelle : Pierre-Félix Gravière et Stanislas Stanic sont ses frères, Nada Strancar et Wladimir Yordanoff ses grands-parents, Dominique Valadié sa tante « Snezena » et Gilles Privat son oncle « Jonathan ». Et puis, surtout, il y a Dominique Reymond qui interprète sa mère. Cette comédienne est tellement douée que j’ai ressenti une légère frustration de ne pas la voir réapparaître dans la seconde partie du spectacle!

Ce sentiment de frustration, je l’ai éprouvé aussi au moment des saluts. Tous les spectateurs l’ont éprouvé, lorsque la lumière s’est rallumée, donnant le signal de vider les lieux. Eh oui, nous étions frustrés! Frustrés dans notre élan d’applaudissements, frustrés de n’avoir pas assez remercié les comédiens et le metteur en scène de cette incroyable mise en abyme.

Trois raisons de guetter le passage près de chez vous de la tournée de Toujours la Tempête 

1 – Pour le texte de Peter Handke, foisonnant, riche, dense, philosophique, et tellement contemporain.
2 – Pour la mise en scène tout en délicatesse d’Alain Françon, l’un des « maestro » français.
3 – Pour Laurent Stocker – l’un de mes chouchous du Français!… – qui tient la scène de la première à la dernière note.

 

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Les larmes amères de Petra Von Kant

Beaucoup d’hystérie, très peu d’émotion…

Vu le 12 mars 2015
Actuellement au Théâtre de l’Oeuvre
Mise en scène : Thierry de Perretti

 

Copyright : Huma Rosentalski

 

Comment réduire une pièce sur une passion dévorante et destructrice à une banale histoire de sexe ? Thierry de Peretti y parvient à merveille, laissant le spectateur sur sa faim.

Je n’aurais probablement pas eu l’idée d’aller voir « Les larmes amères de Petra Von Kant » si je ne l’avais pas montée l’année dernière dans le cadre de mes activités « extra-professionnelles »…
Je la connais bien cette histoire entre Petra, créatrice de mode mondialement connue, et Karine, la jeune fille qu’elle décide de prendre sous son aile par amour. Un amour né d’un véritable coup de foudre. Un seul regard de Petra sur Karine suffit à la rendre totalement esclave de cette dernière. Je pense que c’est ce qu’a voulu raconter Fassbinder. C’est d’ailleurs ce que l’on voyait dans son film sorti en 1972.

De cette période seventies, Peretti a reproduit un décor et des costumes mi-kitsch, mi-hippies.
Mais du texte il n’a pas su tirer la « substantifique moelle ». Il est passé totalement à côté de ce coup de foudre dont je parlais. A côté de ce premier regard, celui qui vous fait battre le cœur, de la tête jusque dans l’estomac. Ce regard qui vous embarque dans une histoire d’amour à mort.
Le metteur en scène a préféré mettre le paquet sur quelques scènes sulfureuses entre Petra et Karine. Poussant le vice jusqu’à inclure Marlène dans une sorte de ménage à trois. Quelle erreur d’interprétation de la pièce! Car Marlène est aussi folle d’amour pour Petra que Petra est folle d’amour pour Karine.
Mais comme aucune émotion ne se dégage jamais, on ne croit ni à l’une ni à l’autre de ces deux histoires d’amour. Et cette fois-ci c’est nous, spectateurs, qui passons à côté…

Valéria Bruni Tedeschi campe une Petra totalement hystérique qui devient lassante à force de hurler durant les deux heures que dure la pièce. Aucune nuance dans son jeu -sans doute la faute du metteur en scène, une fois encore. Il la réduit à une quadra fumant, embrassant goulûment Karine, hurlant, vidant verre sur verre et bouteille sur bouteille… Elle se saoûle,  et le public avec…

Pour une fois, j’aurais du mal à vous donner trois raisons d’aller voir cette très mauvaise mise en scène  

 

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André

Dans la peau d’André Agassi

Vu pour la première fois à Avignon en juillet 2013
Au Rond-Point / Carreau du Temple jusqu’au 20 mars 2015
Un projet de Marie Rémond

 

 

« Quand une talentueuse auteure, metteuse en scène et interprète se glisse dans la peau de l’un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps… »

Petit conseil à mes amis lecteurs qui n’auraient pas encore vu André et qui ne connaîtraient rien au sujet de la pièce : vous en avez déjà trop lu!
Courez voir ce spectacle au Carreau du Temple à Paris, ou en tournée, avant de reprendre votre lecture…
Car si « l’effet de surprise » est plus ou moins marquant selon les spectacles, il est ici presque essentiel.

J’espère donc m’adresser à vous, lecteurs qui avez eu comme moi la chance d’assister à ce projet assez hors du commun. Un projet né dans la tête de Marie Remond. Marie Remond qui en plus d’être une formidable comédienne a une très jolie plume. Elle a aussi deux camarades de promotion du Théâtre National de Strasbourg : Sébastien Pouderoux (désormais pensionnaire à la Comédie-Française) et Clément Bresson. Sur une idée de Marie, tous trois ont travaillé « au plateau » pour créer « leur propre « André », empreint de leurs sensibilités, de leur humour, de leurs interrogations ».

Qui est ce fameux André? André Agassi, surnommé « le Kid de Las Vegas » l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération. Vous le connaissez tous, vous gardez sans doute en mémoire ses coups droits, son revers à deux mains, sa coupe de cheveux, ses shorts bariolés, son mariage ultra-médiatisé avec Brook Shields…

André, c’est aussi… Marie Rémond. Elle est juste… dingue! Du haut de son mètre soixante, elle parvient à se glisser dans le costume et sous la perruque d’Agassi avec une aisance inouïe. Et surtout : elle nous communique le mal-être de ce champion mondial de tennis qui détestait par-dessus tout…le tennis.

Pour donner la réplique à Marie et incarner aussi bien le père, le frère, le coach, la fiancée, la femme d’Agassi : deux comédiens ont remplacé les camarades de promo de Marie Rémond. Jamais simple de reprendre un rôle qui a été créé « sur mesure ». Christophe Garcia et Laurent Ménoret s’en sortent à merveille.

André : après le Carreau du Temple, une dernière mini tournée et puis c’est fini? Quel dommage!…

1 – Si vous ne savez pas encore à quel point André Agassi a souffert d’être l’un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps…
2 – Marie Remond est une artiste accomplie, aussi douée de sa plume que sur une scène de théâtre.
3 – Parce que « les gens qui doutent » sont toujours plus fascinants, émouvants, attachants…

 

INTERVIEW


Cliquer pour consulter l’interview de Marie Rémond par Nelson Monfort

 

 

Mangez-le si vous voulez…

Inspiré de faits réels

Vu pour la première fois à Avignon en 2013
Mise en scène : Clotilde Morgièvre et Jean-Christophe Dollé – Compagnie Fouic Théâtre

 

Copyright : Gérard Flandrin

« Quand la talentueuse compagnie des “Fouic” met en scène le roman de Jean Teulé, cela donne un spectacle ultra rock à déguster sans modération… »

Mieux vaut prévenir : ce spectacle est de ceux qui dérangent, qui mettent mal à l’aise.
De ceux qui questionnent sur l’humanité. Ou plutôt sur la part d’inhumanité qui sommeille en chacun de nous…

En juillet 2013, je découvre “Mangez-le…” à Avignon, dans une salle minuscule qui affiche très vite complet, bouche-à-oreille oblige…
Je suis “scotchée”, tous mes sens en émoi. A la fois écoeurée et ravie de voir ces comédiens repousser les limites de l’ignominie.

Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de ce spectacle, malgré le buzz de l’année dernière, petite séance de rattrapage…
Le titre de la pièce “Mangez-le si vous voulez” est la réplique qui fait tout basculer. Car “le” n’est ni un steack, ni un éclair au chocolat.
“Le”, c’est “lui” : Alain de Moneÿs, aristocrate d’une trentaine d’années dont la seule erreur fut de se trouver sur une foire de paysans un jour de 1870.

La pièce est tirée du roman de Jean Teulé, lui-même inspiré du fait divers de Hautefaye.
Fait divers, drame criminel, “affaire” : autant de termes qui recouvrent une réalité. Celle d’un notable de province que ses voisins et amis ont lynché, torturé, immolé par le feu…pour finalement le dévorer.

Comment mettre en scène un tel supplice? Rendre compte de la bêtise humaine ? Raconter en une heure trente cette folle journée de 1870?
Les Fouic ont relevé le défi. Ils n’ont pas lésiné sur les effets de mise en scène. Offrant notamment un rôle en or à une cuisine en formica très « fifties » ainsi qu’à deux musiciens électro.

Pascal Guillaume -de la société de production Ki m’aime me suive – avait repéré cette pépite à Avignon. Il lui a offert “une seconde vie” dans son théâtre parisien, le Tristan Bernard, entre janvier et avril 2014.
Ce qui a contribué à lancer la tournée actuelle et m’a accessoirement permis d’en reprendre une bouchée!…

Trois raisons de ne pas louper le spectacle « Mangez-le si vous voulez » lorsque la tournée passera près de chez vous

1 – Pour le talent de mise en scène et d‘interprétation de Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgièvre. Pour leur audace, surtout – ils osent repousser les limites jusqu’à l’insoutenable …
2 – Pour les deux musiciens à qui l’on doit le côté “rock&drôle” de ce spectacle-réalité.
3 –Pour réfléchir sur notre propre part de folie, car le “drame de Hautefaye” n’est hélas qu’une illustration de cette “bascule” qui peut s’opérer en chacun de nous.

INTERVIEW

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La Réunification des deux Corées

Histoires de couples par le magicien Pommerat

Vu le 19 décembre 2014 – Ateliers Berthier- Théâtre de l’Europe
Actuellement en tournée
Mise en scène : Joël Pommerat

 

Copyright : Elizabeth Carecchio

« Quand Joël Pommerat, l’un des auteurs-metteurs en scène les plus doués du moment s’intéresse à nos histoires de couples… »

Si vous ne connaissez pas encore Joël Pommerat, si vous n’avez pas encore assisté à l’une de ses mises en scène, je vous envie : il vous reste à découvrir un véritable magicien.

Jeudi 19 décembre – Ateliers Berthier.
Un plateau bifrontal.
Une place au centre du premier rang de cette salle transfigurée par Joël Pommerat.

Une succession de scènes de vie quotidienne – scènes de ménage, scènes de famille.
Souvent émouvantes, parfois drôles, toujours justes.
C’est précisément l’enchaînement qui est dingue chez Pommerat…
En trois secondes de noir le spectateur quitte le cortège d’un mariage pour se retrouver en pleine fête foraine. Avec de vraies auto-tamponneuses.
Trois autres secondes pour atterrir dans un asile psychiatrique. Et les auto-tamponneuses ont disparu : si ce n’est pas de la magie, ça!
Magie aussi les comédiens qui, surgis de nulle part, donnent vie à des êtres tellement différents d’une scène à l’autre.

La plupart des comédiens choisis par Joël Pommerat travaillent avec lui depuis les débuts de sa Compagnie Louis Brouillard. Ils ne sont pas lisses, pas beaux, pas « propres sur eux ». Ils sont décharnés, cassés, crayeux.
Ils ont des voix dissonantes, d’outre-tombe, hypnotiques. On les entend crier, hurler, beugler. Mais aussi murmurer, chuchoter, cajoler.  L’un des partis pris de Pommerat est de sonoriser ses acteurs, ce qui leur permet de faire passer autant d’émotions.

Forcément, dans ce type de pièces qui consistent à enchaîner une vingtaine de saynettes, certaines paraissent plus « faibles » que d’autres et le résultat peut sembler inégal. Mais lorsque l’une d’elles vous « cueille » comme m’a cueillie la scène d’Alzeimer, vous ne regrettez pas le déplacement. Et ces quelques scènes qui vous ont marqué, vous y repensez bien longtemps après avoir quitté la salle.
Puis vous avez envie de découvrir un autre Pommerat, puis un autre, et encore un autre. Car Pommerat n’est pas seulement un magicien : il est une drogue dont je vous recommande d’user sans modération!…

3 raisons de découvrir ou redécouvrir Pommerat avec ce spectacle « La réunification des deux Corées »

1 – Pour la scénographie rythmée par les noirs – le noir étant la marque de fabrique de Joël Pommerat. Une scénographie qui nous donne le sentiment de rêver éveillé.
2 – Pour quelques scènes de couples d’anthologie, dérangeantes et drôles, qui vous hanteront longtemps après le spectacle.
3 – Pour les comédiens de la Compagnie Louis Brouillard indissociables de la magie Pommerat.

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Les Coquelicots des tranchées

La « Der des der » comme si vous y étiez…

Vu au Théâtre 14 le 12 décembre 2014
Actuellement en tournée
Mise en scène : Xavier Lemaire

 

Copyright : PhotoLot

« Spectacle ambitieux sur la grande guerre, mise en scène cinématographique pour une fresque… les Coquelicots des Tranchée sacré prix du public fut l’un de mes coups de cœur d’Avignon 2014 »

Mention particulière pour ce spectacle que j’ai eu la chance de voir quasiment naître.
Quelques explications…
Il y a deux ans, j’ai eu l’occasion d’effectuer un stage au sein de la société de production et de diffusion Atelier Théâtre Actuel. Merci à toute l’équipe qui m’a accueillie et fait découvrir de fabuleux spectacles, notamment les Chatouilles, Mangez-le si vous voulez…

J’arrive donc en février 2012 chez ATA et j’assiste à la lecture des Coquelicots des Tranchées, un texte de Georges-Marie Jolidon et Xavier Lemaire.
Une lecture, c’est un peu particulier…c’est comme visiter un appartement sur plan : on ne se rend pas forcément compte de ce que donnera le spectacle.
Ce jour-là, je sors enthousiasmée du Théâtre 14 : je flaire la pépite ; j’imagine un spectacle intelligent, fort, émouvant…
Les mois passent, le projet mûrit, grandit au fil des répétitions orchestrées par Xavier Lemaire.

Arrive Avignon 2014, et un truc dingue : “Les Coquelicots”, une pièce de 2h30, mettant en scène 12 comédiens pour 60 personnages se joue tous les matins sur la petite scène de la Luna!…
Pour moi c’est le choc! J’ai tellement parlé de cette pièce à mon chéri que j’ai peur qu’il soit déçu… mais non, le choc pour lui aussi! Le choc pour tous les spectateurs.
Standing ovation à la fin de chaque représentation, un bouche-à-oreille qui se met très vite en place, une salle comble tous les jours, le prix du Public…l’aventure vient de démarrer.

Alors, cher lecteur, imaginez mon degré d’excitation à la veille de retourner voir ce spectacle…au Théâtre 14! La boucle est bouclée pour moi, mais j’espère sincèrement que l’aventure des coquelicots de ne s’arrêtera pas là et qu’une reprise parisienne les fera fleurir de nouveau.

3 raisons de guetter la tournée du spectacle les Coquelicots des tranchées

1 – Formidable moyen de célébrer le centenaire de la grande guerre, cette saga nous fait vivre au rythme d’une famille qui traverse l’une des périodes les plus sombres et les plus inspirantes de notre histoire.
2 – Les comédiens sont très justes, chacun d’eux trouvant une partition à la hauteur de son talent et parvenant à enchaîner 3 ou 4 rôles différents.
3 – La mise en scène est percutante, ultra-dynamique, quasi cinématographique. Merci, cher Xavier Lemaire, d’avoir su nous transmettre votre passion pour cette sale guerre.

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