Santa Park : un conte initiatique gothique pour mômes d’aujourd’hui
Ambre Kahan dont on avait aimé le baroque et intense Merlin ou La Terre dévastée a inventé pour les mômes un étonnant « spectacle d’horreur ».
Jouant des codes du cinéma d’horreur, elle a concocté un Santa Park sombre, drôle, farfelu, gore et tendre. Le parc d’attraction éponyme a des couleurs timburtonniennes, des cruautés de contes traditionnels… Dans ce Santa Park sympathise une étrange communauté. Gardien nous apprend en aparté qu’il est dans un lit d’hôpital, dans le coma. Sommes-nous à l’intérieur de son circuit neuronal, dans les grésillements qui agitent son cerveau hermétique ? Ou dans un no man’s land où se rejoindraient tous les êtres qui comme lui sont dans des limbes entre vie et mort ? Fruit de son imagination ou voisins de coma, deux gamins partagent le quotidien de Gardien, Arthur et Hécate. Hécate, déesse de la croisée des chemins, symbole de la mort ou de la renaissance, Arthur, roi de légende en quête d’une coupe qui donnerait accès à la vie éternelle… L’ont-ils accueilli, l’ont-ils attendu ? Peu importe, Arthur et Hécate sont ici deux enfants et avec Gardien, ils se sont fabriqué un quotidien, des jeux, des fêtes, des habitudes…

Lumières rougeoyantes, brouillard rampant et silhouettes errantes, éclairs et tonnerre… drôle d’ambiance ! Un brinquebalant portique d’entrée de parc d’attraction d’un côté, de l’autre une cabane de rondins de bois pleine de surprise, un sol tourbeux, des grincements et des grondements, frissons garantis !
On joue à 1-2-3 sommeil, à cacher le bras de tante Jeannette, Hécate aux tresses bondissantes déborde de vitalité et parle très vite, Arthur se laisse balader par sa cousine, toujours plus rapide que lui, et un brin plus taquine. La vie si l’on peut dire va son bonhomme de chemin, même si les deux enfants s’inquiètent des absences de Gardien, qui se multiplient. Emerge-t-il de son coma, fait-il quelques pas dans la mort ? Allez savoir, toujours est-il qu’il délaisse un peu le Santa Park, tergiverse et louvoie, s’en va et revient. Un Pépé tombé du ciel, de noir et d’ailes de chauve-souris vêtu, Charon affable, débarque avec pour mission secrète de le convaincre de sauter le pas et de partir en catimini…

L’univers de ce Santa Park est plein d’ombres et d’étrangetés, mais aussi de fantaisies qui amusent, et de moments magiques, beaux et doux, qui envoûtent. Les interprètes sont fantastiques, portés par un univers sonore et visuel particulièrement cohérent et fort. Lumières, costumes et décor sont oniriques, inventifs et beaux. Et même derrière des masques, dans l’improbable comme dans le familier, la justesse des comédiens touche.
Sous les habits gothiques de cette fable « d’horreur » se cache un conte initiatique, où les frissons laissent passer des interrogations profondes, sur la mort et le deuil, sur la difficulté d’accepter la séparation, d’inventer un après. Pas de réponse clef-en-main, simplement des questions, des images, des situations, à décrypter, à interpréter, à ressentir, pour nourrir l’imaginaire, pour apprendre à grandir.
À voir en famille, à partir de 8 ans.
Marie-Hélène Guérin
SANTA PARK
Au Théâtre de la Ville du 12 au 15 mars 2026
à guetter ensuite en tournée…
conception et mise en scène Ambre Kahan
avec Hicham Boutahar, George Cizeron, Élise Martin, Tristan Rothhut
Conception et mise en scène Ambre Kahan
Dramaturgie Tristan Rothhut
Assistant à la mise en scène Romain Tamisier
Collaboration visuelle Louise Digard
Création lumières Léa Maris
Création musicale et son Orane Duclos
Conception & construction du décor Jean-Luc Malavasi
Peinture Marine Antoine
Masques et marionnettes Louise Digard avec le soutien des ateliers costumes des Célestins
Diaporama Léa Thuong-Soo
Régie générale Jean-Luc Malavasi
Régie lumières Gaëlle Courcier et Anthony Lampin
Direction de production Nathalie Untersinger et Olivier Talpaert
Chargé de production Simon Gelin
Photos © Christophe Raynaud de Lage

avec la participation de l’équipe technique permanente des Célestins, Théâtre de Lyon et du Théâtre de la Croix-Rousse.
Production déléguée Compagnie Get Out.
Coproduction Les Célestins,Théâtre de Lyon – Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon – Théâtre de Nîmes, Scène Conventionnée d’intérêt national – art et création – Danse Contemporaine, – Théâtre de la Cité, CDN Toulouse-Occitanie.
Ambre Kahan / Compagnie Get Out est artiste associée aux Célestins, Théâtre de Lyon.
Avec le soutien de l’Adami – la région Auvergne-Rhône-Alpes – la ville de Lyon.
La compagnie Get Out est conventionnée par le ministère de la Culture – DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.
Accueilli en résidence de création au Théâtre de la Cité-CDN Toulouse-Occitanie, au Théâtre de la Croix-Rousse et au Théâtre des Célestins.
Création le 16 décembre 2025 aux Célestins, Théâtre de Lyon.

































